Interview Nathalie Issachar Clarins
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Chez Clarins, la formule gagnante c’est vous !  – L’interview de Nathalie Issachar

La science vous ouvre plus de portes que vous ne l’imaginez ! Chimie, biologie, data, IA, management… Chez Clarins, les expertises se croisent pour inventer la beauté de demain. Nathalie Issachar (Université Paris Cité 97), Research & Development Director, en est une belle illustration. Elle encourage les jeunes diplômés à sortir des sentiers battus pour imaginer les actifs beauté de demain.

La cosmétique, vous l’avez dans la peau…

Interview Nathalie Issachar Clarins
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Depuis toute petite ! Je traînais mes parents dans les parfumeries, j’adorais les crèmes et les parfums. Je voulais devenir nez, mais pour eux, il fallait choisir un métier « sérieux ». J’ai opté pour la pharmacie, puis j’ai fait un DEA et un doctorat en biologie de la peau. Mes stages chez Yves Rocher, L’Oréal puis Pierre Fabre m’ont plongée dans cet univers. J’ai commencé ma carrière chez Johnson & Johnson, puis j’ai rejoint Clarins où j’ai tout d’abord piloté le développement marketing, la communication scientifique et la formation de la marque Clarins. Deux ans plus tard, j’ai pris la direction de la R&D. Les carrières ne sont pas toujours celles qu’on avait imaginées, ce qui en fait leur richesse.

Que représente la R&D de Clarins ?

Je dirige 150 personnes et une multitude d’expertises : chimistes, biologistes, pharmaciens, botanistes, microbiologistes, toxicologues, experts réglementaires, ingénieurs informatiques et spécialistes de l’imagerie. Cette diversité est indispensable. Un produit cosmétique est complexe. Il doit être efficace, bien toléré, sensoriel et répondre à une réglementation contraignante. Pour y parvenir, il faut croiser les regards et combiner les expertises.

Comment stimulez-vous la créativité de vos équipes ?

Je les ai structurées de façon à distinguer le R et le D avec des personnes qui travaillent sur la recherche en amont et d’autres concentrées sur le développement, afin de ne pas mobiliser toutes nos forces sur les mêmes sujets. Nous travaillons sur une cinquantaine de nouveaux produits par an. Pendant que nous finalisons certains dossiers pour des lancements en 2027 ou 2028, nous commençons déjà à réfléchir aux produits de 2029-2030. Nous avons un centre de recherche à Pontoise et un autre à Shanghai, ouvert en 2020.

Quels seront les game changers de la beauté de demain ?

La naturalité et le sourcing durable sont des tendances de fond. Clarins a toujours eu une forte expertise végétale avec un portefeuille d’environ 180 plantes. Nous disposons de notre laboratoire de phytochimie pour développer nos actifs. Nous avons aussi intégré une grande partie de la chaîne de valeur, « du champ au pot », avec un domaine dans les Alpes et un second dans le Sud de la France où nous cultivons nos propres plantes. Cela garantit la traçabilité et la qualité de nos ingrédients. Enfin, la génomique, la protéomique, la métabolomique nous permettent d’identifier plus rapidement les actifs intéressants. Notre ambition : sortir du one size fits all. Une peau n’est pas la même selon les individus et les environnements et a donc des besoins différents. Nous travaillons par ailleurs avec des startups, des équipes de recherche publique, des universitaires… Cette open innovation nourrit également la créativité.

De quelles compétences avez-vous besoin pour faire naître ces innovations justement ?

La cosmétique ne se résume pas au marketing ou à la formulation. Nous recrutons des profils variés : chimistes, biologistes, pharmaciens, toxicologues, botanistes, experts réglementaires, data scientists, spécialistes de l’IA ou de l’imagerie… On entre souvent par son expertise, puis on peut évoluer vers le management ou la gestion de projets. C’est l’intérêt d’un grand groupe : pouvoir changer de périmètre au cours de sa carrière. Il y a aussi des opportunités à l’international. Notre laboratoire de Shanghai travaille sur la biologie cellulaire, les études cliniques, l’analyse sensorielle et les études consommateurs. J’y envoie régulièrement de jeunes collaborateurs pour des missions de durées variées. La Chine est un marché majeur pour notre Groupe.

Dans ce contexte, quels sont vos conseils aux jeunes dip’ ?

Soyez curieux et ne vous enfermez pas dans votre diplôme. Il faut aussi accepter de ne pas tout savoir, travailler avec des profils différents et changer de direction lorsqu’un projet ne fonctionne pas. En R&D, nous privilégions le test and learn : on teste, on apprend, on avance.

Contact : nathalie.issachar@clarins.com