interview Khaled Hajjar

« Transformer l’industrie de l’intérieur » – L’interview de Khaled Hajjar

Group Head of OPEX & Quality, Khaled Hajjar (CentraleSupélec et UTBM), dispose de plus de quinze ans d’expérience dans l’industrie (automobile, aéronautique, énergie, matériaux), avec un parcours hybride entre conseil et fonctions exécutives en environnement private equity (PE-backed), centré sur la transformation et la performance. Il pilote aujourd’hui des programmes de transformation industrielle à l’échelle mondiale, au croisement de la performance opérationnelle, de la data et de l’industrie 4.0

Vous avez construit votre carrière dans plusieurs grands groupes industriels internationaux. Comment ce parcours vous a-t-il conduit à des responsabilités globales ?

interview Khaled Hajjar

J’ai commencé sur le terrain dans l’industrie automobile. C’est là que l’on comprend vraiment comment fonctionne une organisation industrielle et comment se crée la valeur. Ensuite, j’ai évolué dans différents secteurs : l’aéronautique, le transport ou encore les minéraux industriels, ce qui m’a permis de développer une vision globale de l’industrie. Cette expérience du terrain est essentielle : c’est là que l’on gagne en crédibilité, que l’on comprend les réalités opérationnelles et que l’on construit des solutions avec les équipes. Pour transformer une organisation, il faut d’abord comprendre ce qui se passe à l’intérieur. Au fil des années, j’ai participé à des transformations à grande échelle et à des opérations d’acquisition, jusqu’à piloter aujourd’hui des programmes de transformation industrielle à l’échelle mondiale.

Quels sont aujourd’hui les grands défis auxquels l’industrie mondiale est confrontée ?

Le premier défi, c’est la compétition mondiale. Il faut rester compétitif sur les coûts tout en maintenant un niveau de qualité élevé, dans un environnement où tout s’accélère. Il y a aussi toute la transformation énergétique. Entre le coût de l’énergie, les enjeux environnementaux et les nouvelles réglementations, les industriels doivent complètement repenser leur modèle. Enfin, il y a le sujet de la data et de l’intelligence artificielle. Ce sont des leviers énormes pour améliorer la performance, mais encore faut-il savoir les intégrer concrètement dans les opérations.

À quoi ressemble aujourd’hui une usine moderne ?

Une usine moderne, ce n’est pas juste de la technologie. C’est une usine capable de s’adapter vite, de comprendre ses clients et d’anticiper les problèmes. Oui, il y a la data, l’IA, les outils digitaux. Mais si ces outils ne sont pas compris et utilisés par les équipes, ça ne fonctionne pas.La vraie différence, elle se fait sur le terrain, avec les équipes. Une transformation industrielle réussie, c’est une transformation qui est portée par les gens, pas imposée par des outils.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés qui débutent leur carrière et quelles compétences devront-ils développer dans les années à venir ?


Au début, il faut rester ouvert et saisir les opportunités. Une carrière n’est jamais linéaire, et vouloir tout planifier peut faire passer à côté de beaucoup de choses. L’expertise technique reste indispensable, mais elle ne suffit plus. Il faut aussi comprendre les nouvelles technologies, notamment la data et l’intelligence artificielle, et savoir communiquer. Ce qui fera vraiment la différence, c’est la capacité à prendre du recul et à comprendre un problème dans sa globalité.

CentraleSupélec, une formation reconnue dans le monde entier

Les ingénieurs diplômés en France ont plusieurs avantages : la discipline, une forte capacité d’analyse et un niveau scientifique très élevé. Cette manière de raisonner est reconnue dans le monde entier. CentraleSupélec coche toutes ces cases. Le niveau d’exigence est très élevé et prépare les étudiants à faire face à des problèmes techniques complexes. On apprend à analyser les situations et à avoir une vision globale d’un sujet, pas seulement à résoudre un point précis.


L’ingénieur idéal de 2026 : spécialiste affûté ou touche-à-tout assumé ? Pour réussir dans une organisation, un ingénieur doit être les deux. L’expertise technique est la base. Mais elle ne suffit pas si l’on ne comprend pas l’environnement dans lequel on travaille. Il faut être capable de prendre du recul, de comprendre les enjeux industriels, humains et économiques. Un ingénieur qui combine expertise et vision globale peut anticiper, être proactif et avoir un véritable impact dans l’entreprise.

Chiffres-clés : 15 ans d’expérience / 350 collaborateurs à manager et 16 nationalités / Gestion de projet à 1 milliard d’€

Contact : hajjar.khaled@gmail.com