À l’heure où le secteur audiovisuel évolue à grande vitesse, Pierre-Alain Gérard (Centrale Lyon 05), EVP Finance, Strategy & Procurement chez TF1, orchestre les grands équilibres du groupe, entre streaming, contenus et nouveaux modèles économiques. En conjugant arbitrages financiers et choix stratégiques, il accompagne la transformation d’un acteur historique de la télévision vers une nouvelle ère.
TF1 accélère sa transformation numérique avec TF1+. Comment se construit l’équation économique d’une plateforme gratuite ?
Nous sommes engagés depuis 2024 dans une accélération digitale très forte, avec près de 40 % de croissance deux années de suite. TF1+, c’est aujourd’hui 38 millions de streamers mensuels. Et nous fonctionnons avec une logique assez simple qui s’appuie sur une seule grille de programmes fonctionnant à la fois en linéaire et en streaming. Avec un investissement d’environ un milliard d’euros dans les contenus, nous proposons des programmes à forte valeur (notamment des fictions qui performent aussi en digital), financés par la publicité, avec des formats classiques mais aussi des dispositifs plus innovants. Notre enjeu ? Proposer une alternative premium à des plateformes comme YouTube, qui ne permettent pas de financer ce niveau de production.
TF1 a annoncé un partenariat inédit avec Netflix. Comment repensez-vous la distribution ?
Nous partons d’un constat simple : une partie des utilisateurs considère aujourd’hui que la télévision se résume à Netflix. L’enjeu pour nous est donc d’aller chercher ces publics. Ce partenariat nous permet d’élargir notre audience, tout en gardant la main sur la monétisation publicitaire. C’est un modèle équilibré : nous apportons nos contenus – y compris le live, le sport ou l’information – et nous bénéficions de la puissance de recommandation de Netflix. Même en intégrant un peu de cannibalisation, l’impact reste très positif.
Dans un contexte de forte inflation des coûts de contenus, comment le groupe TF1 arbitre-t-il entre les différents investissements ?
Notre ligne reste claire : proposer les grands programmes qui rassemblent. Mais pas à n’importe quel prix. Les coûts ont beaucoup augmenté, et il n’y a pas toujours d’effet durable après un événement. Nous raisonnons donc de manière très analytique : potentiel d’audience, revenus publicitaires, équilibre global. C’est le même raisonnement pour tous les programmes, du sport à la fiction ou au divertissement. Avec l’objectif de construire un modèle soutenable dans la durée.
Quel projet a le plus marqué votre parcours ?
Ce que je vis aujourd’hui chez TF1 est déjà assez exceptionnel : transformer un groupe de 50 ans à l’ère du streaming. Mais l’opération la plus marquante de ma carrière reste l’acquisition d’Equans par Bouygues. On parle quand même avec Equans d’un groupe de 90 000 personnes, dans un processus très compétitif. Il a fallu gagner, puis préparer l’intégration avec des équipes très resserrées. C’était à la fois un défi stratégique, financier et humain. Et voir aujourd’hui que l’entreprise performe au-delà des attentes est très satisfaisant.
Centrale Lyon, une période formidable !
J’en garde énormément de souvenirs. Si je pouvais revenir en arrière, je me dirais surtout de multiplier les expériences à l’international. J’ai commencé ma carrière à Londres, mais j’aurais pu partir plus tôt, faire une année de césure, découvrir d’autres cultures et d’autres manières de travailler. C’est extrêmement enrichissant, et ça rend plus fort, notamment en négociation. Ce qui m’a marqué aussi, c’est l’état d’esprit de l’école : beaucoup de curiosité, de créativité, et une approche très analytique. On y apprend à découper des problèmes complexes en éléments simples. Sans oublier quelque chose d’essentiel : le respect de tous les métiers, très présent dès les stages ouvriers.
L’ingénieur idéal de 2026 : spécialiste affûté ou touche-à-tout assumé ?
Je dirais un touche-à-tout affûté. Il faut des domaines d’expertise, mais aussi la capacité à monter rapidement en compétence sur des sujets nouveaux. La vraie valeur ajoutée aujourd’hui, c’est de savoir simplifier des problématiques de plus en plus complexes. On valorise trop souvent la complexité, alors que la différence se fait dans la capacité à rendre les choses simples.
Le Groupe TF1, un accélérateur de talents au cœur de la transformation média.
Acteur de référence dans un paysage médiatique en mutation, le Groupe TF1 offre un écosystème unique où cohabitent plus de 200 expertises métiers. Notre ambition est claire : accompagner la transformation digitale de nos médias en misant sur l’agilité et l’excellence de nos collaborateurs. Que ce soit au sein de nos directions Finance, Tech ou Data, nous offrons aux jeunes diplômés l’opportunité d’exercer un métier de passion au cœur d’enjeux stratégiques majeurs. Nous considérons l’alternance et le stage comme des leviers majeurs de notre performance et de notre diversité. Chaque année, ce sont plus de 230 jeunes talents qui rejoignent nos équipes pour relever des défis concrets et enrichir notre vision. Cet engagement en faveur de la transmission est au cœur de notre modèle : Environ 20 % de nos anciens stagiaires et alternants sont embauchés en CDD ou CDI à l’issue de leur contrat, témoignant de notre volonté de construire des parcours professionnels durables. Intégrer le Groupe TF1, c’est rejoindre une culture d’entreprise apprenante qui valorise l’initiative et l’accompagnement personnalisé. Nous avons à cœur d’offrir un environnement de travail stimulant, propice à l’épanouissement et au développement des compétences, pour que chaque jeune talent puisse devenir acteur de la transformation de nos médias.
Chiffres-clés : 38 millions de streamers mensuels en moyenne en 2025 / 2,3 milliards € de CA / 252 millions € de résultat opérationnel
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Contact : communicationcorporate@tf1.fr