SI LE SALARIAT RESTE LA NORME, NOMBREUX SONT LES JEUNES À SE LANCER DANS L’AVENTURE DE L’ENTREPRENEURIAT. ET DÉSORMAIS, ILS NE SONT PLUS SEULS.

L’an dernier, à la remise du Prix La Tribune Jeune Entrepreneur, Emmanuel Macron, le clamait : « Nous avons besoin des jeunes entrepreneurs et de leur culot ». Un discours offensif qui dépeint une réalité : créer sa société n’est plus réservé à des privilégiés et les structures qui accompagnent les plus motivés ne manquent pas. À l’image de RETIS, un réseau qui mobilise ses membres (Technopoles, pôles de compétitivité, incubateurs) au profit de projets innovants. En 20 ans, 10 000 entreprises ont été accompagnées. Quant aux Business Angels, encore peu nombreux en France, ils investissent « à l’amorçage » dans des secteurs à fort potentiel de croissance.

Les grandes écoles pionnières

Dans les grandes écoles, l’entrepreneuriat a aussi une place de choix. Témoin de cette évolution, Francis Bécard, Directeur général de l’ESC Troyes. « Depuis 15 ans, il y a de plus en plus de jeunes diplômés du supérieur qui créent des startups à croissance. En la matière, les grandes écoles sont pionnières. Sur les 100 entreprises françaises présentes au Consumer Electronic Show de Las Vegas, 87 % des dirigeants avaient fait des grandes écoles. » Et d’indiquer que l’Université est entrée dans le jeu via le plan Pépite (Pôle Étudiant Pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat).
Aujourd’hui à la tête du groupe de travail Entrepreneurs de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), il milite en faveur de la création d’entreprise. « 3 % des jeunes issus de l’enseignement supérieur créent leur structure. Nous avons une marge de croissance considérable. » Preuve de cet engagement, on lui doit d’avoir initié le statut d’étudiant-entrepreneur pour les moins de 28 ans mis en place en 2014. Pour Francis Bécard, les technopoles sont les atouts clé de la création d’entreprise. « Il faut mettre des incubateurs dans les technopoles. C’est ce que nous avons fait en Champagne où les professions libérales se mobilisent gratuitement les deux premières années de création de l’entrepris. Et grâce à notre club de Business Angel, nous pouvons lever 300 000 € en moins de trois semaines. Nous avons entre 8 et 14 créations d’entreprises par an. »
Un optimisme partagé par Alain Fayolle, professeur à l’emlyon Business School et directeur du centre de recherche en entrepreneuriat. « Aujourd’hui, les générations X et Y ont compris qu’il n’y a plus d’emploi à vie. Ils portent des valeurs en lien avec l’entrepreneuriat (liberté, équilibre vie professionnelle-vie personnelle). » Quant à l’échec redouté, il ne fait plus peur au patron. « Nombreux sont les dirigeants qui valorisent ces accidents de parcours. » Raison de plus pour se lancer.
http://www.retis-innovation.fr/
http://www.franceangels.org/

ParisTech Entrepreneurs : un incubateur pionnier

Créé en 1999, ParisTech Entrepreneurs est le premier incubateur français du numérique en nombre de startups créées, soit 353. « Nous proposons aux élèves une autre alternative que celle d’occuper un poste dans un groupe du CAC 40, indique Pascale Massot, sa Directrice. Il y a dix comités par an, ce qui permet d’avoir des projets de maturités différentes. » Les candidats bénéficient d’un accompagnement individuel pendant 18 mois. L’occasion de faire de la R&D et de se confronter rapidement au marché. « La moyenne d’âge est de 35 ans. La plupart ont déjà une ou plusieurs expériences professionnelles. » Après Paris et Sophia Antipolis, d’accompagnement. « L’étage 2 de la fusée » selon Pascale Massot.

http://entrepreneurs.telecom-paristech.fr/

F. B