De la direction financière à l’ingénierie de projet au Nigeria, de la construction d’une plateforme en Argentine à la négociation de nouvelles affaires à l’international, au Brésil ou en Irak, jusqu’à la direction de pays : Catherine Remy (X 98) a vécu mille carrières en une chez TotalEnergies ! Aujourd’hui directrice générale People & Social Engagement et membre du Comex, elle revient sur ce parcours riche de challenges et sur les grands enjeux de la Compagnie.
Dans un contexte d’envolée des prix du pétrole, TotalEnergies plafonne les prix de l’essence à la pompe en France. Pourquoi ce choix ?
Parmi nos pairs, nous sommes les seuls à avoir décidé d’appliquer le plafonnement des prix lors du conflit en Iran (nous l’avions déjà fait au début de la crise en Ukraine). C’est une mesure très concrète en faveur du pouvoir d’achat des Français, qui relève de notre responsabilité d’acteur intégré national. J’entends (parfois sur un ton critique) que cela peut être perçu comme limité au regard des profits réalisés. Mais, alors que l’énergie redevient un enjeu clé de souveraineté nationale, le fait qu’une entreprise française affiche d’excellents résultats ne devrait pas être vu comme un problème. Ces bons chiffres illustrent le travail de nos 100 000 collaborateurs à travers le monde, et les vertus de notre modèle énergétique intégré et de notre portefeuille de projets hyper résilients, à la fois en termes de coûts et d’émissions.
Ils sont aussi révélateurs de la pertinence de votre stratégie de diversification énergétique entamée il y a plusieurs années ?
Effectivement. Cette stratégie part de constats clairs. D’abord, la demande d’électricité va exploser au niveau mondial (data centers, industrie, mobilité, etc.). Ensuite, les technologies liées aux renouvelables et au stockage d’électricité se sont beaucoup développées et la question de l’intermittence des ENR reste fondamentale. Ces constats nous ont amenés à nous structurer autour de deux piliers stratégiques : pétrole & gaz d’un côté (avec une attention très forte portée à la réduction de nos émissions des scopes 1 et 2) et integrated power de l’autre (avec un portefeuille d’actifs fournissant une électricité fiable à nos clients).
Votre carrière internationale vous a d’ailleurs amenée au plus près des besoins des clients. Comment la culture TotalEnergies vous a-t-elle accompagnée ?
Cette culture est le fruit de nos valeurs : travailler dans la sécurité, le respect de l’autre et l’esprit pionnier, au service d’une performance collective et responsable. Ces valeurs, je les ai vécues à travers le monde, sur le terrain, au plus près des enjeux locaux. Ma carrière m’a permis de vivre de nombreuses expériences et des moments emblématiques de cette culture. Mais s’il ne fallait en retenir qu’un, je citerais notre accord multi-énergies pour le développement durable des ressources naturelles de la région de Bassorah (Irak). Un accord majeur (négocié en 2020, en plein Covid) prévoyant, en plus de l’optimisation des installations pétrolières, la collecte et le traitement du gaz auparavant torché, et la construction d’une unité de traitement d’eau de mer et d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 1 GW. Sa signature dans le bureau du Premier ministre a été un moment très fort.
Cette culture est aussi celle d’une Compagnie engagée pour la Cité et ses collaborateurs ?
Je suis convaincue que l’impact d’une entreprise va au-delà de ses activités économiques et se prolonge dans des actions citoyennes concrètes. La Fondation TotalEnergies s’engage d’ailleurs en ce sens autour de la jeunesse : l’éducation et l’insertion professionnelle, la sécurité routière, la sauvegarde des littoraux et des océans, le dialogue entre les cultures et le patrimoine. Cela représente 200 millions d’euros sur cinq ans, près de 100 000 jeunes et une centaine de partenaires associatifs soutenus par an. Cet engagement, nous le déployons aussi, bien sûr, auprès de nos collaborateurs, avec un axe fort autour de la diversité. Diversité internationale (170 nationalités dans nos équipes) et féminisation (via notre réseau TWICE), mais aussi lutte contre les discriminations (avec la sensibilisation aux biais inconscients) et inclusion du handicap (7,35 % de travailleurs en situation de handicap en France). Cet élan de solidarité est aussi partagé par nos collaborateurs, nombreux à s’impliquer dans notre programme Action ! qui leur permet de dédier trois jours de travail à des actions solidaires.

Comment résumer votre trajectoire de réussite au sein de TotalEnergies ?
Comme un parcours international. Mais aussi audacieux, car il faut oser prendre un poste, même si l’on pense ne pas en avoir toutes les qualités. Et engagé, car sans engagement, on n’arrive à rien. En sortant de l’X, je voulais travailler dans le secteur de l’énergie – un secteur au cœur de ce qui façonne le monde – et dans un environnement multiculturel. En rejoignant TotalEnergies, j’ai pu changer de fonction, de pays, de périmètre, aller sur le terrain, être comme aujourd’hui dans des fonctions support : chaque expérience a été un nouveau défi et j’ai eu l’impression de changer au moins huit fois de boîte !
CONTACT : catherine.remy@totalenergies.com