interview guillaume Niarfeix spie
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Avec SPIE, l’énergie redevient une affaire de puissance – L’interview de Guillaume Niarfeix

Les conflits en Ukraine et en Iran, les vues américaines sur les réserves du Vénézuéla ou du Groenland, nous rappellent à quel point le secteur énergétique est stratégique. Dans l’ouvrage Électrochoc ! Réarmer l’Europe de l’énergie qu’il vient de publier, Guillaume Niarfeix (GEM 05, Harvard 08, HEC Paris 13, X 24), Managing director West Africa de SPIE Global Services Energy Nigeria, explique d’ailleurs que l’énergie n’est pas qu’un marché : c’est un levier de puissance. Il détaille le rôle de SPIE dans cette nouvelle équation.

Comment analysez-vous l’actualité énergétique en Europe ?

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© JEAN-LOUIS VANDEVIVERE

Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour prédire qu’il fallait se méfier du Détroit d’Ormuz ! Depuis 25 ans, l’Europe traite le sujet énergétique comme une marchandise classique, alors que c’est en réalité un puissant levier de souveraineté. L’énergie dans une société, c’est comme l’oxygène dans le corps : quand il n’y en a pas, tout s’arrête. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une énergie fiable, prédictible, abondante, peu chère et, idéalement, décarbonée. Et l’électrification est la solution ! A la fois pour répondre à la transition écologique et à nos enjeux de souveraineté : grâce au mix nucléaire / énergies renouvelables, l’Europe dispose déjà d’une énergie produite localement, massive, économique et peu émettrice de carbone. Et pourtant, nous continuons à importer de l’énergie polluante et très coûteuse du bout du monde. Sur ces sujets les politiques manquent clairement de technique et de bon sens.

Les enjeux sont différents au Nigeria. Comment SPIE y répond-il ?

J’ai commencé à travailler au Nigeria il y a 21 ans, et je ne l’ai plus quitté. J’y suis même devenu président de la CCI Franco-Nigériane. Les Français connaissent peu le Nigéria, alors que c’est un pays incroyable : le plus peuplé d’Afrique, jeune (la moitié de la population a moins de 18 ans) et un des plus gros producteurs de pétrole au monde. C’est un géant de l’énergie… mais où on n’a pas plus de 12h d’électricité par jour dans les grandes villes et où 40 % de la population n’ont accès à aucune source d’électricité ! Ce qui veut dire : pas de carte bancaire, pas de téléphone portable, sauf pour ceux qui peuvent s’équiper de générateurs diesel. Electrifier le pays reviendrait à diviser par 20 ses émissions de carbone. En tant qu’énergéticien, SPIE participe d’ailleurs activement à cette dynamique via, entre autres, la maintenance des installations industrielles et la création de solutions hybrides (gaz et solaire). En France on invite souvent les jeunes à penser out of the box, mais au Nigéria, pas besoin de faire un pas de côté pour être créatif et sortir de la boite : il n’y a pas de boite ! Ici, tout est possible, l’innovation est permanente et l’impact palpable. Chaque projet que nous y menons amène de la qualité de vie et de l’espoir à la population : pour un ingénieur, c’est juste une expérience fantastique !

Dans ce cadre, comment convaincre un X de rejoindre votre team ?

Imagine la fierté de pouvoir faire des choses concrètes et vertueuses pour un pays aussi fantastique : c’est quand même autre chose que la finance ! Et si tu portes un regard critique sur le secteur de l’énergie : chiche, viens régler les problèmes avec nous. En tant qu’énergéticiens, on doit faire partie de la solution. On a besoin de jeunes pour prendre les choses en main. Et je suis convaincu qu’un X est le mieux placé pour le faire !

Votre trajectoire de réussite en trois mots ?

J’ai un profil atypique. Sans doute un peu poussé par mon angoisse du temps qui passe et mon besoin de faire plein de choses en même temps, j’ai fait pas mal de détours. Mais je crois que ce qui définit avant tout mon parcours, c’est la curiosité : apprendre sans cesse, progresser, challenger mes idées reçues, ne pas m’enfermer dans mes certitudes. La fiabilité est aussi fondamentale. C’est une qualité qui se perd aujourd’hui : c’est dommage, car je suis persuadé que c’est une erreur personnelle de ne pas aller au bout de ce pour quoi on s’engage. Je parlerais enfin de l’impact. Pas de ce mot à la mode qui veut tout et rien dire, mais bien de l’attention que je porte à avoir un impact positif sur mon environnement. C’est pour ça que je me suis rapproché du monde politique, sans pour autant passer le pas. Car je pense que c’est sur le terrain, en faisant les choses, qu’on a vraiment un impact sur le long terme.

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CONTACT : guillaume.niarfeix@spie.com