interview Kahina Abdeli-Galinier BlueSpark
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BlueSpark : des puits éternellement jeunes, le nouveau filon de l’industrie pétrolière – L’interview de Kahina Abdeli-Galinier

Quelques secondes pour redonner à un puits de pétrole ses performances d’origine, avec une consommation énergétique inférieure à celle d’une ampoule de 60 W allumée pendant quatre heures. C’est le défi relevé par BlueSpark. À la tête de cette entreprise, Kahina Abdeli-Galinier porte l’ambition de transformer durablement la maintenance des puits pétroliers et gaziers grâce à une technologie de rupture fondée sur l’énergie pulsée.

En quoi réside le potentiel de rupture de la solution BlueSpark ?

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Plus de 1,4 million de puits sont en exploitation dans le monde. Avec le temps, leur productivité diminue en raison d’une accumulation de dépôts solides dans les puits. Depuis plus de cinquante ans, deux méthodes dominent : une approche mécanique, qui peut endommager le puits, et une approche chimique, invasive et polluante. Les deux sont peu efficaces. BlueSpark propose une troisième voie. En concentrant une forte impulsion électrique dans une solution saline, notre technologie génère une onde hydraulique capable de restaurer la perméabilité du puits sans en altérer l’intégrité. Plus efficace (90 % de rendement contre environ 20 % pour certaines méthodes chimiques), moins coûteuse, plus sûre et plus durable, elle prolonge la durée de vie des puits tout en maximisant leur production. Au-delà de la performance technique, notre ambition est simple : permettre de produire davantage avec les infrastructures existantes. Dans une industrie confrontée à des enjeux croissants de compétitivité et de sobriété, prolonger la vie des actifs en limitant les interventions lourdes, les produits chimiques et les nouveaux forages, devient un levier majeur.

Quel parcours vous a menée vers cette aventure entrepreneuriale unique ?

Un parcours guidé par les opportunités, la prise de risque et la curiosité. Je rêvais d’astronomie. J’ai étudié à l’Institut d’Optique, à Berkeley, puis réalisé un doctorat au LULI de l’École polytechnique. Après quelques années dans le conseil et l’industrie, j’ai rejoint SLB où j’ai exercé huit fonctions différentes en dix-sept ans : stratégie, innovation, opérations, développement commercial, marketing mondial ou encore création de nouvelles activités autour de la transition énergétique et du digital. Lorsque j’ai découvert BlueSpark, j’ai immédiatement reconnu une technologie capable de transformer durablement une industrie entière. C’est précisément ce qui m’anime : faire passer une innovation scientifique du laboratoire à l’échelle industrielle.

Quel rôle votre doctorat de l’X a-t-il joué ?

Il m’a appris à ne jamais considérer les idées établies comme des vérités définitives. La recherche impose de remettre en question les hypothèses, de confronter des points de vue parfois opposés et d’accepter que les meilleures solutions émergent souvent là où personne ne les attend. Cette exigence intellectuelle reste aujourd’hui au cœur de ma façon de diriger une entreprise technologique.

Et encore plus quand on est une femme ?

L’industrie pétrolière reste très masculine et une femme doit souvent déployer davantage d’énergie pour prouver sa légitimité. Les progrès sont réels, mais les rôles modèles restent peu nombreux. C’est précisément pour cela que j’encourage les jeunes femmes à nous rejoindre. Vos filles, vos petites filles, vos arrière-petites filles vous remercieront, car plus il y aura de femmes aux postes de décision, plus le leadership évoluera rapidement. Le changement est plus puissant lorsqu’il vient de l’intérieur.

Comment résumer votre trajectoire de réussite ?

Comme un parcours profondément non linéaire. Je suis née en Algérie, où une bourse obtenue après les Olympiades de mathématiques m’a permis de venir poursuivre mes études préparatoires en France. Je rêvais d’être astronome, puis j’ai choisi la physique, la recherche, l’industrie et enfin l’entrepreneuriat. Avec le recul, je réalise que le fil conducteur de mon parcours n’a jamais été le risque pour le risque. Il a toujours été la curiosité. Choisir des métiers, des technologies, des pays ou des responsabilités que je ne connaissais pas m’a obligée à apprendre en permanence et à me réinventer. Se réinventer, c’est avant tout conserver cette curiosité intacte tout au long de sa vie et c’est sans doute la compétence la plus précieuse dans un monde où les ruptures technologiques s’accélèrent.

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