Breaking news : votre smartphone ou votre voiture ne pourrait pas fonctionner sans Synopsys ! Vous ne le savez peut-être pas, mais 90 % des puces électroniques conçues dans le monde, le sont grâce aux outils de ce leader des solutions d’ingénierie, du silicium aux systèmes. Helena Krupnova (Grenoble INP-Ensimag, UGA 99), sa Directrice Emulation R&D nous en dit plus.
Racontez-nous votre quotidien de Directrice Emulation R&D de Synopsys.
Je dirige la recherche, la conception, le développement et la production des nouveaux produits et technologies couvrant toute la chaine de fabrication de Synopsys. La fabrication d’une puce étant extrêmement coûteuse, nous avons ainsi développé des plates-formes utilisant des réseaux de puces programmables sur lesquelles nous pouvons reproduire et tester toutes les fonctionnalités possibles (celles d’un smartphone, d’une télévision, d’une voiture etc.), sans utiliser de silicium.
Cocorico, cette activité est réalisée en majeure partie en France !
Notre équipe R&D est en effet issue d’une startup française rachetée par Synopsys en 2012, afin de se doter d’une technologie essentielle qui lui manquait. Cette « ex-startup gauloise » assure aujourd’hui le noyau matériel du groupe. Si nous avons des équipes en Asie et aux USA (pour être au plus près de nos clients), toutes nos nouvelles plateformes technologiques sont pensées et conçues sur nos sites français (en région parisienne et près de Grenoble). Nous sommes bien sûr très fiers d’avoir pu conserver ce leadership R&D après notre acquisition.
Vous êtes titulaire d’un PhD de l’Ensimag : seriez-vous la même top manager sans cette âme de chercheure ?
Ce qui est certain, c’est que je suis toujours animée par mon sujet de thèse… car il n’est toujours pas résolu et j’y suis encore confrontée tous les jours chez Synopsys ! Ma thèse portait sur le partitionnement visant des réseaux programmables, un défi au cœur de nos activités de conception. Nos clients ayant des designs de plus en plus importants, il est en effet nécessaire de les découper en milliers de petits morceaux pour les implémenter sur des puces programmables, qu’il faut donc partitionner en trouvant la solution la plus efficace et la plus acceptable possible.
Finalement, être ingénieur chez Synopsys, c’est faire de la recherche au quotidien ?
Absolument. Nous avons des clients partout dans le monde, dont nous découvrons généralement les problèmes technologiques par mail le matin. On a souvent l’impression qu’on ne sait pas comment les résoudre, on cherche des solutions – parfois des heures, parfois des jours, parfois des semaines – que l’on trouve toujours grâce à l’émulation de nos équipes de R&D. Ici, on fait de la recherche appliquée en permanence.
Comment donner envie aux jeunes filles de suivre votre exemple ?
Enfant, je rêvais d’emmener les dessins animés que je regardais à la télévision, partout avec moi. Mais franchement, à l’époque, je pensais que rencontrer des extra-terrestres était plus plausible que de pouvoir me promener un jour avec le monde dans ma poche grâce à un smartphone connecté à internet ! Et pourtant, mon diplôme d’ingénieure me permet de participer à ce miracle : aujourd’hui tous les téléphones portables contiennent des puces sur lesquelles j’ai travaillé, c’est incroyable. Et c’est pour ça que j’encourage les jeunes filles à s’orienter vers les métiers scientifiques. Elles ont toutes les capacités pour participer à des révolutions technologiques, et avec de belles rémunérations en perspective, c’est important. Synopsys investit d’ailleurs beaucoup dans les carrières de ses collaboratrices à travers des programmes de coaching et de mentorship, des événements de networking etc.
Un souvenir indélébile de vos années Ensimag ?
J’ai fait ma thèse au sein du laboratoire Conception de circuits intégrés. Un laboratoire sous les toits, en plein centre-ville de Grenoble, où régnait une ambiance unique. Tous les continents étaient représentés, on vivait au rythme des conférences, on faisait la course aux publications : le livreur DHL attendait souvent à côté de la photocopieuse – tellement on rédigeait jusqu’au dernier moment ! Les étudiants ne connaissent pas l’impossible. Je me souviens surtout d’un weekend épique où j’ai réécrit une solution technique de A à Z pour un client. En moins de deux jours j’ai pu lui livrer un outil fonctionnel en repartant de 0 : un bel exploit pour la jeune chercheuse que j’étais.
CONTACT : helena.krupnova@synopsys.com mais aussi la page carrière de l’entreprise : Working at Synopsys