Leader européen des assurances et services affinitaires, l’entreprise familiale SPB aide à concevoir, développe et gère des assurances de produits du quotidien (cartes bancaires, objets nomades, électroménager…). Implantée dans 12 pays, elle jouit d’une renommée internationale. Rencontre avec Jean-Marie Guian (HEC Paris 90), Président du directoire de SPB.

 

Après l’obtention de votre diplôme d’HEC, vous avez été trader pendant deux ans. Quel regard portez-vous sur cette activité ?

Après ma Coopération (Service national à l’étranger) dans des camps de réfugiés en Thaïlande comme directeur d’école et professeur, j’ai été trader pour la Société Générale. Je travaillais sur un plateau de trading avec 200 personnes et j’ai découvert des problématiques de dynamique d’équipe, de partage d’information, ou pas, et de management. Ma coopération à l’étranger a été une école de la vie professionnelle.

JDE N°78 p1-112

Pourquoi avoir rejoint l’entreprise familiale en 1994 ?

En tant que trader, le rythme de travail me plaisait, mais c’est un métier très financier, pas assez en contact avec la vie réelle. Ce qui m’attirait c’était la partie modélisation financière, mais surtout le management des hommes. J’avais d’ailleurs une équipe d’une dizaine de personnes. Lorsque mon père m’a proposé d’intégrer son entreprise, mes supérieurs à la Société Générale m’ont encouragé à accepter. À 27 ans, je suis donc entré chez SPB, même si j’étais plus attiré par la finance, le marketing et le management. À l’époque, le groupe comptait 250 personnes et était spécialisé dans des programmes d’assurances pour les clients des grandes banques françaises. Loin d’être un héritage, j’avais le devoir de relever de nombreux défis. Je n’ai pris la direction de la société qu’en 2000 et j’ai très vite senti le poids des responsabilités.

Quelle a été votre stratégie pour diversifier vos services ?

Les trois premières années, j‘ai aidé mon père à mettre en place une direction financière digne de ce nom et des process qualités avec des certifications ISO. Lorsque j’ai pris la direction de l’entreprise, j’ai réalisé que le marché bancaire touchait à ses limites et j’ai privilégié deux axes. D’une part, le développement international avec une croissance interne et externe. Nous avons commencé par l’Espagne, puis l’Italie, la Suisse, la Belgique, la Pologne, l’Allemagne et l’Angleterre au rythme d’un pays par an. D’autre part, la diversification multisectorielle en France, notamment sur les marchés de l’Internet, des télécoms et de la distribution. Dès 2002, nous avons revu notre positionnement en privilégiant le concept d’affinity services, l’assurance affinitaire. Nous offrons ainsi des assurances à des clients à travers des réseaux qui ne sont pas spécialisés tels que des grandes marques, des associations, des groupements. Notre vocation : développer une stratégie d’assurance via le B to B to C.

Un conseil aux jeunes diplômés ?

Soyez humbles car la vie est complexe. Il faut refaire ses preuves tout le temps, je l’ai moi-même vécu au sein de SPB. Certes à HEC on apprend à apprendre et à manier une certaine complexité, mais le monde d’aujourd’hui est plus volatil que par le passé. Les carrières dans un seul groupe à vie, c’est pratiquement fini. Mieux vaut savoir où on veut aller et progresser quelle que soit la taille de l’entreprise. N’hésitez pas à travailler dans les startups ou des filiales de grands groupes.

Chiffres clés : 2 000 collaborateurs en Europe – 50 millions d’assurés – 278 millions d’euros de CA brut en 2015

F. B

Contact : jmguian@spb.eu – Pour rejoindre SPB : http://www.spb.eu/fr/forms?candidate