interview de Aurore Paul et Philippe Tingaut Socomore
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Socomore : grandir à Vannes, rayonner dans le monde – L’interview d’Aurore Paul et Philippe Tingaut

Basée à Vannes, Socomore a su se faire un nom à l’international grâce à ses solutions chimiques de spécialité. Forte d’une culture entrepreneuriale et d’une ambition de doubler de taille d’ici 2030, l’entreprise mise autant sur l’innovation technologique que sur les talents qui la rejoignent. Rencontre croisée avec Aurore Paul (Université de Lille 98), DRH groupe, et Philippe Tingaut (Université de Bordeaux 06), CTO groupe.

Comment présenteriez-vous Socomore et ses activités à un jeune diplômé ?

interview de Aurore Paul et Philippe Tingaut Socomore

Aurore Paul. Socomore est une ETI de l’industrie chimique née à Vannes, qui s’est développée à l’international. Si notre siège est toujours en Bretagne, nous sommes désormais également présents en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Nous faisons de la chimie de spécialité, c’est-à-dire que nous travaillons sur des marchés de niche à forte technicité. Ce qui nous caractérise ? Une culture entrepreneuriale et une croissance constante, à la fois organique et par acquisitions, qui nous permet de diversifier nos technologies et d’élargir notre offre. Aujourd’hui, plus de 80 % de notre activité sont liés à l’aéronautique et à la défense.

Philippe Tingaut. La R&D représente 14 % des effectifs du groupe. Nous faisons de la formulation de produits chimiques à haute valeur ajoutée. L’entreprise s’organise autour de six grandes lignes de produits : la préparation et le traitement de surface avant peinture ou collage sur des surfaces métalliques ou composites, les peintures fonctionnelles, le contrôle non destructif, les traceurs pour la sécurisation de l’identité des produits, les mastics aéronautiques et les solutions de désinfection.

Comment Socomore répond-elle aux enjeux de décarbonation ?

interview de Aurore Paul et Philippe Tingaut Socomore

Philippe Tingaut. Notre ambition est de croître, mais pas à n’importe quel prix. Nous voulons réduire l’impact de nos produits et process sur la santé et l’environnement, afin de protéger aussi bien nos salariés qui fabriquent nos produits mais aussi nos clients qui les utilisent. Nous continuons à investir dans nos marchés historiques, comme l’aéronautique, mais nous nous tournons aussi vers des secteurs à plus faible impact comme l’éolien, le nucléaire ou le ferroviaire. Concrètement, nous suivons le bilan carbone depuis 2022 et nous intégrons des démarches d’analyse du cycle de vie et d’éco-conception pour rendre nos produits moins impactant. Et en la matière, les défis sont nombreux : remplacer certaines matières premières nocives tout en conservant la même efficacité ou encore réduire les émissions de composés organiques volatiles

Socomore ambitionne de doubler de taille d’ici 2030 : comment concilier cette expansion avec votre ancrage breton ?

Aurore Paul. Cet ancrage fait évidemment partie de notre ADN et incarne notre philosophie : être local partout où nous nous développons. Comme l’entreprise est née à Vannes, il existe un lien historique avec l’écosystème régional : nous participons activement à la vie économique et associative, nous accueillons de nombreux jeunes, et notre siège social, notre plus gros site industriel et notre principal laboratoire sont basés ici.

Quels sont vos besoins en recrutements et qu’attendez-vous de la Gen Z ?

Aurore Paul. Nous recrutons beaucoup de jeunes diplômés. Ils apportent de la curiosité, de l’énergie et un regard neuf qui nous poussent à nous remettre en question. Nous cherchons des profils variés : techniciens et ingénieurs chimistes, mais aussi commerciaux, fonctions support, experts en supply chain ou en qualité. Pour accompagner leur intégration, nous avons mis en place différents dispositifs, de l’alternance aux stages de fin d’études, qui se transforment souvent en CDI. Les parcours internationaux sont également clés : nous encourageons fortement la mobilité et développons les contrats VIE, qui permettent à de jeunes talents de partir travailler dans nos filiales à l’étranger.

Les souvenirs de l’Université de Bordeaux Philippe Tingaut. L’Université de Bordeaux m’a offert un très bon niveau d’enseignement, surtout en chimie avec des formateurs de haut niveau travaillant dans les laboratoires et instituts de recherche. Cette proximité avec la recherche fondamentale et les cas concrets d’application m’ont donné envie réaliser une thèse de doctorat. Clairement, cette expérience a été formatrice et décisive pour la suite de ma carrière, développant à la fois l’autonomie, la rigueur scientifique et les compétences techniques nécessaires pour un cadre de l’industrie chimique.

Chiffres-clés : 450 collaborateurs dont 14 % en R&D / 120 millions € de CA

Contact : socomore@socomore.com