Interview Johann Kieffer SNF
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« Chaque ingénieur est un intrapreneur chez SNF ! » -L’interview de Johann Kieffer

Les polymères solubles sont au cœur des transitions énergétiques, industrielles et environnementales. Entre innovation scientifique, développement international et engagement pour une chimie responsable Johann Kieffer (Aix-Marseille Université 07), R&D Director de SNF, partage sa vision et ses conseils aux jeunes diplômés.

Quels sont les domaines de recherche de SNF ?

Interview Johann Kieffer SNF
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Nous avons dans notre portefeuille plus de 1 500 polymères solubles dans l’eau. Imaginez des perles que l’on enchaîne en colliers : chaque combinaison donne un produit différent. Cette palette est quasi infinie. Nos produits servent à clarifier l’eau, à donner de la viscosité à un shampoing, à fixer des colorants sur des tissus, à améliorer la formulation de bétons bas carbone… L’éventail d’applications est immense. Nous gérons environ 250 projets d’innovation avec 140 collaborateurs, du technicien à l’ingénieur-docteur. Après plus de 40 ans de recherche, nous continuons d’innover.

Comment vos innovations répondent-elles aux défis actuels ?

L’émergence des énergies renouvelables, des batteries et l’essor de la mobilité électrique exigent une extraction massive de métaux critiques. Nos polymères sont essentiels à l’efficacité des procédés d’extraction et à l’optimisation du traitement des déchets. De même, l’urbanisation galopante dans les pays en voie de développement s’accompagne d’un besoin croissant en infrastructures et donc, en béton. Là encore, nos polymères permettent de formuler des bétons bas carbone plus performants. Ils seront aussi une solution dans le traitement des eaux municipales et industrielles pour épurer les composés complexes comme les PFAS. Notre politique de  Responsible chemistry est le fil conducteur de nos choix.

Quelles perspectives proposez-vous aux jeunes ingénieurs ?

SNF offre un environnement idéal pour un premier poste car nous sommes à la fois un groupe international – près de 9  000 collaborateurs sur tous les continents – et une entreprise agile où chacun peut avoir un impact. Nous recrutons en permanence des stagiaires, des alternants et des CDI dans divers métiers : ingénierie, production, qualité, R&D, commercial ou services techniques. Selon leur profil, ils peuvent prendre la responsabilité d’un ou plusieurs projets, concevoir de nouveaux procédés de fabrication, prendre en charge une unité de production ou répondre à un cahier des charges pour un besoin interne ou un client externe. SNF mise sur l’autonomie de ses équipes. Mon rôle est de recruter, donner des orientations, guider, aider et non pas surveiller le temps de la pause-café. Je n’ai pas passé un diplôme de policier ! Chaque collaborateur est vu comme un intrapreneur et il n’y a pas de cloisonnement dans la fiche du poste.

Votre message aux jeunes dip’ ?

Soyez vous-mêmes en entretien. La transparence évite les erreurs de casting, qui sont perdantes pour les deux parties. Cultivez la curiosité et l’ouverture : un ingénieur R&D a une vision à 360° et doit dialoguer avec le client, la production, la réglementation, le système qualité, les achats…

La chimie c’était une évidence pour vous ?

J’ai voulu faire des sciences dès le collège. Mais j’ai eu une révélation en Première scientifique grâce à mon prof de physique chimie au lycée Robert Doisneau à Corbeil-Essonnes. Grâce à lui, j’ai réussi à entrer en classe préparatoire à Janson de Sailly à Paris et j’ai pris l’ascenseur social en intégrant Centrale Méditerranée. Ensuite, en Master 2, Frédéric Fotiadu alors directeur de Centrale Méditerranée, m’a donné goût à la chimie… qui ne m’a plus quitté.

Aix-Marseille Université Mon parcours repose sur une double compétence scientifique et industrielle. J’ai suivi une formation d’ingénieur avec une spécialisation en chimie industrielle (orientée vers les procédés, la mise à l’échelle et les applications concrètes en usine). Puis j’ai obtenu un master Chimie pour le Vivant d’Aix-Marseille Université, plus fondamental et théorique, qui m’a permis d’apprendre à travailler à l’interface de la chimie et de la biologie. Aujourd’hui encore, ce socle me permet de dialoguer aussi bien avec les chercheurs qu’avec les équipes de production, d’anticiper les problématiques de mise en œuvre dès la phase de développement et d’avoir une vision complète de la chaîne d’innovation, du laboratoire à l’usine.

Contact : jkieffer@snf.com