interview Olivier Potet Sartorius

Sartorius : la biotech passe à l’échelle industrielle – L’interview d’Olivier Potet

De technicien méthodes à Head of Facilities Management et Travaux Neufs Europe du Sud chez Sartorius, Olivier Potet (Cnam 04) incarne un parcours construit sur le terrain. À la croisée des enjeux industriels, énergétiques et immobiliers, il pilote aujourd’hui les infrastructures d’un acteur clé de la biopharmaceutique en pleine croissance.

Quel est le rôle de Sartorius dans la biopharmaceutique ?

interview Olivier Potet Sartorius

Sartorius est un acteur clé de la biopharmaceutique, c’est-à-dire de la fabrication de médicaments issus de cellules vivantes. Contrairement aux médicaments chimiques, ces traitements ciblent directement les cellules malades, avec moins d’effets secondaires. Nous intervenons en amont, auprès des industriels, sur des sujets comme les vaccins, les anticorps monoclonaux ou les thérapies géniques. Même si nous ne sommes pas directement visibles du grand public, nos technologies et nos équipements sont utilisées tout au long de la chaîne de production, chez des acteurs majeurs du secteur. Aujourd’hui, le groupe compte environ 15 000 collaborateurs dans le monde et accompagne des acteurs majeurs du secteur.

Quels sont les enjeux du site d’Aubagne aujourd’hui ?

Nous avons engagé dès 2018 un projet d’expansion pour répondre à une forte croissance de la demande mondiale. Le site est passé de 2,4 à 16 hectares, avec la construction de nouveaux bâtiments de production en salles blanches, d’un site logistique entièrement automatisé et de fonctions support modernisées. Cela représente près de 100 000 m² de surface de plancher construits. L’enjeu est double : augmenter fortement nos capacités de production tout en intégrant des contraintes très exigeantes, notamment en matière d’environnement, d’organisation et de gestion des risques, comme l’inondabilité du site.

Comment évoluent les enjeux énergie, environnement et sécurité ?

Ils sont devenus centraux dans nos projets. Nous avons fait le choix du tout électrique, supprimé le gaz et installé 8 000 m² de panneaux photovoltaïques, ce qui permet d’autoconsommer environ 20% de notre énergie. Nous avons également mené des études sur la biodiversité et obtenu des labels sur le site. Ce type de projet oblige à anticiper sur le long terme : on construit en quelques années, mais on exploite pendant des décennies. La sécurité est également un enjeu majeur, à la fois pendant les travaux et dans l’exploitation quotidienne du site.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans votre parcours de 30 ans chez Sartorius ?

C’est une entreprise qui évolue en permanence, et c’est ce qui m’a donné envie de rester. J’ai commencé comme technicien méthodes dans une structure encore très agile, puis j’ai progressivement évolué vers des fonctions de production, de management, puis vers les services généraux et les travaux neufs. J’ai également travaillé à l’international, notamment en Belgique et en Italie. Cette diversité de missions, associée à la transformation continue du groupe, a été particulièrement stimulante sur la durée.

« Avec le Cnam, tout s’est mis en place d’un coup »

Je voulais rehausser mon niveau de diplôme sans quitter mon emploi, donc le Cnam s’est imposé naturellement. J’ai suivi une maîtrise en électrotechnique en cours du soir, sur deux ans. C’était très intense, mais extrêmement intéressant. Dans mon métier, notamment en biopharma, on utilise beaucoup l’électrotechnique, donc ça m’a apporté une vraie légitimité. Le diplôme en lui-même ne fait pas évoluer dans l’entreprise, mais il donne des connaissances et une crédibilité supplémentaires. Je me souviens notamment d’un professeur de maths qui m’a marqué. Il avait une façon extraordinaire d’expliquer. Là où j’étais bloqué, tout s’est mis en place d’un coup. Ça a été un vrai déclic. Le Cnam, c’est une formation très proche du terrain, très opérationnelle, et c’est ce qui fait toute sa valeur.

Désobéir pour innover : atout ou risque pour les futurs leaders ? Moi, je le vois plutôt comme le fait d’être proactif. Quand on vous donne un besoin, il faut toujours le challenger, l’analyser et proposer des solutions alternatives. Il y a une multitude de possibilités. Si ce qu’on vous demande est cohérent, il n’y a pas de problème. Mais si ça ne l’est pas, il faut savoir faire des contre-propositions et le démontrer. Désobéir, oui, mais dans le sens d’une désobéissance constructive et proactive.

Chiffres-clés : 3 milliards d’€ de CA / 50 sites dans le monde / 1300 collaborateurs sur le site d’Aubagne

Contact : olivier.potet@sartorius.com