© Frantisek Zvardon

A l’INSP, on casse l’entre-soi ?!

Créé en 2022 pour prendre la suite de l’ENA, l’INSP (Institut National du Service Public) est l’opérateur public français de référence pour le recrutement, la formation initiale et la formation continue des cadres supérieurs et dirigeants de l’État. Il entend aujourd’hui assurer un déploiement fidèle mais modernisée de la mission première de cette institution née à la Libération : démocratiser et professionnaliser l’accès aux carrières publiques.

Ses défis sont donc nombreux ! Parmi eux : rénover la Haute Fonction publique, adapter l’Etat aux crises modernes, reconnecter l’élite au terrain, moderniser le management public et réaffirmer la légitimité des élites.

Mission modernisation

Des défis qui nécessitent de donner un nouveau souffle à ses cinq grandes missions.

Le recrutement. L’INSP organise les concours d’accès à sa formation initiale et les préparations associées et propose des préparations aux concours des institutions européennes. Et ce avec un objectif : diversifier les profils de recrutement « pour que les hauts fonctionnaires de demain incarnent la diversité sociale, géographique et académique de la France. » Pour ce faire, l’INSP a modernisé ses conditions d’accès, via de nouvelles épreuves écrites et orales plus conventionnelles notamment.

La formation initiale des élèves fonctionnaires issus de ses concours. Là encore, l’INSP a pour objectif de rénover la formation des cadres supérieurs de l’État via un nouveau cursus construit autour d’un référentiel de compétences intégrant les grands enjeux contemporains de l’action publique (transition écologique, numérique, Europe, lutte contre les inégalités etc.). Mais aussi à travers de nouvelles méthodes immersives notamment.

La formation continue, diplômante ou certifiante. Celle-ci s’adresse aux personnes exerçant ou ayant vocation à exercer des emplois de direction de l’État ou des fonctions d’encadrement supérieur. En mettant en place d’une nouvelle offre interministérielle, l’INSP entend s’illustrer comme « un pivot de la formation continue de l’Etat » et donc, favoriser la mobilité et les parcours de carrière.

La recherche dans les domaines de l’action publique. Son objectif ? « Renforcer les liens entre les politiques publiques, la recherche et le monde universitaire, pour concevoir des enseignements ouverts aux dernières avancées scientifiques et aux évolutions de la société. »

L’international. Vous le pensiez franco-français, mais l’INSP dépasse les frontières ! Son but : faire connaître dans le monde entier les savoir-faire français en matière de formation et de recherche dans le domaine de l’action publique. Il incite notamment les managers publics internationaux à suivre ses Programmes internationaux courts (Pic). Des programmes dispensés en français et en anglais visant à accompagner les transformations publiques en réunissant des décideurs du monde entier.

L’INSP a un nouveau directeur

Des missions et une feuille de route qui devraient être nourries et affinées dans les prochains mois par Jérôme Filippini, son nouveau directeur, nommé en janvier dernier. Fort d’un parcours marqué par l’alternance entre fonctions préfectorales et responsabilités en administration centrale et interministérielle, il pourra s’appuyer sur « une solide expérience en matière de transformation de l’action publique, de pilotage des politiques publiques et de gestion des territoires », indiquait le communiqué de presse de sa nomination. Des atouts pour accompagner l’INSP à ne plus seulement former des serviteurs du système mais bien de vrais acteurs du changement.

Un nom qui a du sens Illustration de cet esprit de renouveay qui souffle à l’INSP, la promotion 2025-2027 B a adopté le nom Missak et Mélinée Manouchian, figures de la Résistance et de l’engagement républicain. Un choix résolument contemporain qui incarne « la résistance à l’oppression et la défense de la liberté, qui réaffirme l’engagement des élèves pour l’inclusion et l’universalité, et un choix sans précédent qui consacre un couple pour souligner l’importance de l’égalité » indiquait l’Institut dans un communiqué en novembre 2025.