L’intitulé de cette fonction, comprenant le terme de directeur qui correspond au niveau hiérarchique de cadre supérieur et la notion d’associé de société dans laquelle le directeur (associé) détient des parts sociales, permet de déterminer ce statut particulier qui recouvre plusieurs situations originales.

Une fonction atypique
On trouve ce type de fonction dans les cabinets d’audit et de conseil ainsi que dans les agences de communication, numériques ou de marketing, par exemple. A l’occasion de la création d’un cabinet ou d’une agence, deux ou plusieurs fondateurs peuvent prendre le titre de directeur associé pour gérer en commun leur entreprise. Il peut également s’agir de collaborateurs de haut niveau (directeurs) qui rejoignent une entreprise sociétaire en recevant des parts sociales de celle-ci. Autre cas de figure, certaines entreprises développent des filiales (franchises, par exemple), en proposant à des partenaires (partners) de devenir associés directeurs en accédant à la propriété d’une partie du capital de la société qu’ils auront à gérer.

 

Un rôle à plusieurs facettes
Le premier travail d’un directeur associé consiste à participer au fonctionnement de la société dont il fait partie en tant que salarié et associé. Ensuite, avec les équipes dont il a la charge, il effectue des interventions dont les durées sont très variables, en France ou à l’international, auprès de ses clients. Il garantit le bon déroulement de la mission jusqu’à la réalisation de l’opération. Il doit savoir valoriser l’esprit d’équipe, encourager et récompenser les initiatives personnelles tout en accompagnant et en développant le travail des consultants dont il est responsable, tant sur le plan professionnel qu’au travers de formations ciblées.

 

Des horizons diversifiées
Il peut se spécialiser dans le conseil en organisation et en management, le pilotage de grands projets de tous ordres, le coaching d’équipes de direction, l’analyse, l’évolution ou la refonte des processus et des systèmes informatique, technique ou logistique, l’organisation et la conduite du changement, l’externalisation d’activités, la résolution de situations difficiles, l’optimisation des achats et la conduite de négociations avec les fournisseurs, le développement commercial, la communication externe ainsi que dans le développement de nouveaux business. Dans les grands cabinets, il aborde également les domaines de l’audit, de la corporate finance, du conseil et de l’expertise comptable, de la certification, de la fiscalité, du juridique, de la consultation en gestion et du conseil financier.

 

Une expertise pointue
Sa connaissance du monde de l’entreprise est un atout majeur pour les projets sur lesquels il travaille. En effet, le poste de directeur associé nécessite une grande expérience du secteur où il évolue. Généralement, après une formation à Bac +5 (diplôme des grande écoles de commerce et d’ingénieurs, masters d’université ou doctorat) pouvant être complété par des spécialisations à Bac+6 (mastères spécialisés), le directeur associé rejoint le monde professionnel dans lequel il acquière une expertise en entreprise, voire dans l’administration (fiscaliste, par exemple) durant une quinzaine d’années qu’il mettra ultérieurement à profit dans son travail de consultant. La maîtrise de l’anglais est incontournable.

 

Des parcours particuliers
Certains directeurs associés peuvent débuter directement leur carrière en cabinet ou en agence en suivant le cursus classique de junior, de senior et d’associé, environ 5% accédant à ce niveau. Ils ont ensuite l’opportunité d’accéder à des postes de directeur fonctionnel (RH, finance, communication, marketing, logistique, etc.) dans tous les secteurs d’activité puis de retourner vers des fonctions de consultant. Il peut donc y avoir des allers-retours professionnels entre les cabinets ou les agences et les entreprises.

 

Une rémunération spécifique
Dans tous les cas de figure, le directeur associé perçoit une rémunération de la société, avec le statut de salarié ou de travailleur non salarié, complétée chaque année par une fraction des bénéfices lors de la distribution des dividendes. Les rémunérations sont très variables et élevées, eu égard à la compétence et au niveau hiérarchique, puisqu’elles comprennent à la fois une rémunération fixe et une participation aux bénéfices. Suivant les secteurs et la notoriété des sociétés, elles sont comprises dans une fourchette moyenne de 45 K€ à 130 K€ sans compter les dividendes.

 

Patrick Simon