Perte de sens ? Bullshit job ? Besoin de changement ? Manque d’épanouissement ? D’avocat à agriculteur, d’assistant administratif à makeup artist, de manager à ingénieur, de business developer à entrepreneur, c’est décidé, ils ont changé de vie… et surtout de job ! Zoom sur le phénomène de la reconversion professionnelle avec trois témoignages. Par Léa Benhadouche

 

De l’esthétique aux RH, il n’y a qu’un pas

Mélanie Mihalik, 20 ans, n’a pas hésité à franchir le gap. L’étudiante en 3è année de bachelor à Ascencia Business School s’est réorientée par passion et conviction.

« Après un CAP, bac puis BTS dans le domaine de l’esthétique, j’ai subitement eu envie de changer de voie. Après 3 ans en alternance, j’avais déjà l’impression d’avoir fait le tour. Je voulais découvrir autre chose. Alors j’ai longuement réfléchi au métier dans lequel je me sentirais bien. J’ai toujours eu envie de faire un job utile, où je pourrais veiller au bien-être des autres. Relationnel et écoute de autres sont des qualités que j’aime développer. C’est en discutant avec la personne chargée des formations chez Ascencia que j’ai su qu’une carrière dans les ressources humaines est ce qui me correspondrait le plus. Depuis mon entrée en formation, je n’ai vraiment aucun regret. Je découvre un nouvel univers, fait pour moi. C’est vraiment ce que je voulais faire, sans savoir poser les mots dessus avant. »

Des difficultés ? « Evidemment, ce n’était pas facile au début, car passer d’un spa à une PME de 300 salariés c’est totalement différent en termes d’attentes, de hiérarchies et d’environnements de travail. Mais quand on aime ce qu’on fait, il ne faut pas sous-estimer notre capacité à s’adapter ! »

Son conseil : « On nous dit trop souvent que changer de filière c’est trop compliqué. Alors qu’en début de carrière, c’est le meilleur moment de se tromper, de tester, de découvrir et de se réorienter. Entourez-vous de professionnels et d’experts en formation pour vous aiguiller et lancez-vous ! Epanouissez-vous dans ce que vous faites, c’est le plus important. »

 

L’appel du ciel

Julien Guyotte ©Cannes Aviation

Julien Guyotte, 31 ans, a pris un virage à 180°. Du costume de consultant à la casquette de pilote d’avion, le diplômé d’école de commerce est aujourd’hui élève pilote à Cannes Aviation Academy.

« Après l’obtention de mon Master en alternance à l’EM Normandie en 2011, j’ai effectué un V.I.E. de 2 ans en Afrique pour Orange. Puis à mon retour en France, j’ai intégré un cabinet de conseil qui m’a permis d’effectuer de nombreuses missions à l’étranger pendant 6 ans. Attiré depuis toujours par les grands espaces, et par la mer en particulier, j’ai passé en 2015 un monitorat de voile. Mon goût pour l’aventure et les rencontres m’ont petit à petit fait prendre conscience que j’aspirais à autre chose sur le plan professionnel. Depuis tout jeune, je m’intéresse beaucoup aux avions et le métier de pilote de ligne me paraissait comme un rêve, peut-être inatteignable en tant que jeune trentenaire diplômé d’un cursus plus commercial que scientifique. »

Le déclic ? « En 2018, lors d’un vol vers les Antilles pour encadrer un stage de voile, j’ai été invité dans le cockpit. Cet échange passionné avec les pilotes au-dessus de l’Atlantique a été décisif : à ce moment précis, j’ai su que je voulais devenir pilote d’avion ! J’ai aussi eu la chance de rencontrer Christelle, Commandant de bord dans une compagnie française, qui m’a invité à un vol au simulateur. J’étais rassuré quant à mon choix car elle aussi a côtoyé les bancs de l’EM Normandie quelques années avant moi. »

Période de transition : « Début 2019, les choses s’accélèrent. Je passe d’abord une visite médicale aéronautique pour m’assurer d’avoir tous les prérequis médicaux. J’ai aussi fait quelques heures de vol en aéro-club pour goûter les sensations et les exigences du pilotage. Je n’ai jamais lu autant de livres en si peu de temps : Mermoz de Kessel, Vol de Nuit de Saint-Exupéry… À cette période, je passais surtout beaucoup de temps le soir après ma journée de travail à réviser le programme de maths, de physique, et autres tests psychométriques demandés en sélection d’école de pilotage. En septembre 2019, j’intègre Cannes Aviation Academy ! Aujourd’hui, je prépare ma licence de pilote professionnel. Je ne regrette ni mon parcours et encore moins mon choix de reconversion. »

Son conseil : « Suivez vos rêves, demandez-vous le rôle que vous voulez avoir dans la société et trouvez l’activité la plus en phase avec vos principes. Avec le temps et l’expérience, ces questions prennent tout leur sens. »

 

 1 000 vies

Jeremy Delestan, 31 ans, est passé par plusieurs jobs. Serveur, cuisinier, commercial, artiste, courtier… Mais c’est dans les baskets d’un étudiant en Master 2 Startup & Management e-commerce au Digital College qu’il se sent le mieux !

« J’ai arrêté l’école assez jeune, au lycée, car j’ai très tôt ressenti le besoin de travailler, de gagner ma vie. Sans diplôme à l’âge de 16 ans, je me suis dirigé vers le domaine de la restauration par facilité. Serveur, plongeur et cuisinier, je suis passé de la salle à la cuisine. Mais artiste dans l’âme, je décide finalement de monter ma société en tant qu’artiste auteur indépendant pour être artiste peintre. Evidemment, la situation précaire des artistes et mon jeune âge m’ont vite rattrapé… Alors nouveau changement de cap : je deviens commercial, par hasard, dans une salle de sport. Le manager m’a dit « chiche ? », j’ai relevé le défi. J’étais bon mais je n’aimais pas particulièrement ce que je faisais. Quelques mois plus tard, je revêts la casquette de conducteur de train ! Un peu grande gueule, je ne passe pas la période d’essai d’un an. Adjoint de gestion dans une bijouterie de luxe, courtier en assurance santé… J’enchaîne de nouveau les petits boulots. »

Le déclic ? « Je deviens papa. Trouver un travail fixe près de chez moi était nécessaire. Je redeviens donc commercial dans un centre de remise en forme à quelques kilomètres de mon domicile. Au bout de 2 ans, un poste de manager se libère. Je postule et là, le drame : on ne me l’attribue pas. La raison ? Je n’ai pas de diplôme. Première fois de ma vie que je suis confronté à cette situation. Plus motivé que jamais à changer la donne, je passe deux formations V.A.E., un BTS et le bac. En parallèle, ma passion pour l’art reprend le dessus. Pour exposer mes créations, je tente de créer un site internet. Je tombe littéralement amoureux de la conception web ! J’ai tout de suite su : changer le monde par le digital, c’est ce que je voulais faire de ma vie. »

Des difficultés ? « Peu importe les obstacles, les écoles qui m’ont raccroché au nez quand je leur parlais de mon projet, la difficulté à trouver une entreprise en alternance, j’étais déterminé à me reconvertir dans le digital en passant un diplôme officiel. Ma persévérance paye. Je trouve une agence digitale qui m’accepte en alternance et le Digital College m’accueille à bras ouverts. C’était en août 2017. Aujourd’hui, je suis en master. »

Son conseil : « Si je retiens bien quelque chose de mon expérience, c’est que tout est possible. Si on se donne les moyens de réussir, on peut surmonter une période aussi difficile qu’une reconversion professionnelle. Oui c’est dur de quitter sa zone de confort, de se mettre à niveau, de diviser par deux son revenu, mais croyez-moi, ça en vaut la peine. Cancre à l’école, un peu trop en avance sur ma classe, je ne me plaisais pas dans le système scolaire et je n’ai pas eu l’occasion de développer une appétence pour une discipline en particulier. Si je changeais souvent de job, c’est parce que je n’avais pas trouvé ma voie. Maintenant que je sais, je ne lâcherai rien. J’adore la citation de Xavier Dolan : Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. »

Le Grand témoin – Maud Fontenoy

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