Un monde sans fumée : c’est l’ambition de Philip Morris International, pourtant leader sur le marché du tabac. Pour réussir sa transition, l’entreprise mise sur la technologie, alliée aux sciences. Jean-David Kirassian (MINES ParisTech 03), directeur financier de Philip Morris France, nous en dit plus. 

 

Les indispensables à savoir sur Philip Morris International ?

© Philip Morris France

Nous sommes aux antipodes de ce qu’on était il y a 20 ans. En 5-6 ans, le paysage et la stratégie de l’entreprise ont complétement changé. D’abord, nous avons lancé en 2014 notre dispositif de tabac chauffé, au Japon et en Italie : il n’y a pas de combustion du tabac, et donc moins de toxicité.  Puis en 2016, notre CEO a annoncé mondialement que Philip Morris souhaitait aller vers un monde sans fumée. Cela a été acté en 2020 par notre conseil d’administration dans sa nouvelle déclaration d’intention : à terme nous souhaitons arrêter de vendre des cigarettes.

Ce dispositif de tabac chauffé : votre actualité feel good ?

C’est une vraie innovation qui répond à notre ambition de tendre vers un monde sans cigarette. Nous avons déjà converti 15 millions d’utilisateurs dans le monde et 11 millions ont arrêté la cigarette grâce à ce dispositif. En 2019, la Food and Drug Administration (FDA), en a autorisé la commercialisation aux Etats-Unis. Et en juillet dernier, elle nous a accordé le statut de produit du tabac à risque modifié qui nous autorise à communiquer sur notre système de tabac à chauffer auprès des fumeurs adultes. Avec ce produit, nous prenons nos responsabilités envers la société et nous menons notre propre révolution.

Entrer chez Philip Morris aujourd’hui c’est donc être acteur d’une révolution ?

Notre conviction est que le 21e siècle verra la fin des cigarettes dans le monde, et nous y travaillons d’arrache-pied. Donc, entrer dans l’entreprise c’est effectivement être acteur de ce changement et faire partie de l’Histoire. Selon l’OMS, il y aura toujours un milliard de fumeurs en 2025 : nous voulons leur offrir une alternative à la cigarette. Depuis 10 ans, nous avons investi plus de 7 milliards de dollars dans la R&D pour développer ces alternatives, dont le tabac chauffé. Cela représente aujourd’hui 98 % de nos investissements et dépenses R&D.

Vous êtes diplômé des MINES ParisTech puis d’une école de management : entre la finance et l’ingénierie, votre cœur balance ?

Je suis sorti des MINES ParisTech en 2003 et c’est à 31 ans que j’ai repris un an d’études pour faire un MBA en Suisse. Mais ma formation d’ingénieur, ma carrière en finance et mes notions en business sont très complémentaires. En finance, on fait appel aux mathématiques, aux statistiques, au modeling… Mon passé d’ingénieur me permet aussi de pouvoir échanger avec des scientifiques dans mon métier.

Un métier à ne pas louper pour un Millennial ?

Pour moi, plus que le métier, c’est la manière dont on le fait qui compte. Un conseil : trouvez l’entreprise qui permet de faire votre job comme vous le souhaitez et comme vous l’envisagez. La culture de l’entreprise, ses valeurs, ses missions sont très importantes. Aujourd’hui, je suis un Milleninal ravi parce que, par le biais de mon métier, j’arrive à m’épanouir. J’ai la sensation d’avoir un impact sur l’ambition de l’entreprise d’arrêter un jour la commercialisation des cigarettes.

« MINES ParisTech forme des ingénieurs qui challengent les certitudes du monde »

Quand je repense à ma formation, je vois d’abord le cadre fabuleux, à côté du jardin du Luxembourg !
Et la formation en elle-même m’a apporté deux choses : la capacité à me remettre en question de manière permanente, ne pas m’installer dans un certain confort et interroger constamment les données et la science. C’est aussi une école de la vie car, au-delà de la formation scientifique, j’y ai acquis une agilité intellectuelle, de raisonnement, de questionnement, la capacité à me poser les bonnes questions. J’ai vraiment un souvenir très positif de cette école et si c’était à refaire, je signerais de suite !

Chiffres clés : Plus de 370 collaborateurs en France / 45 % de part de marché sur le segment des cigarettes / Un business de 8 milliards € en France en 2019 pour PMF.

Contact : jean-david.kirassian@pmi.com