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OCP Répartition – L’interview d’Hubert Olivier, Président du groupe OCP/ McKesson France

Interview Hubert Olivier OCP Répartition
© OCP

Contribuer à la transformation digitale de l’industrie pharmaceutique et de ses chaînes de distribution. Un vrai enjeu en ces temps de crise sanitaire, auquel Hubert Olivier (EM Normandie 86), Président du groupe  OCP/ McKesson France, vous propose de participer pleinement. Distribution de masques, de gel puis de vaccins… OCP Répartition est un maillon essentiel dans la gestion de la crise sanitaire ?

 

Assurément ! En tant que n°1 de la distribution pharmaceutique, nous réapprovisionnons tous les jours près de 30 % des pharmacies françaises. Notre métier est d’habitude relativement invisible, mais depuis la crise de la Covid-19, nous nous retrouvons en première ligne ! En 2020, nous avons livré aux officines des centaines de millions de masques et des millions de flacons de gel hydroalcoolique. Puis en décembre 2020, il s’agissait des tests antigéniques. Et depuis fin février, nous gérons la distribution des vaccins AstraZeneca, et bientôt des vaccins Johson&Johnson, ainsi que Moderna et Pfizer, puisqu’il est acté qu’ils peuvent se conserver à -20°C. Depuis un an, nous avons donc recentré nos moyens sur ces nouvelles missions et ces nouvelles responsabilités !

Jeune diplômé et secteur pharmaceutique : pourquoi ça matche ?

Au-delà de la distribution, l’industrie pharmaceutique dans son ensemble a toujours été un secteur en croissance. C’est un secteur dynamique, et qui le restera. Ce qui est intéressant pour les jeunes, c’est qu’il commence à se transformer avec le digital, le big data et l’intelligence artificielle. Cette transformation numérique a pris plus de temps que dans d’autres secteurs, mais elle est maintenant bien enclenchée. On le voit par exemple avec le dossier médical partagé et les plateformes de prise de rendez-vous en ligne, qui organisent le parcours du patient. Les diagnostics intelligents bénéficient également du rassemblement de données patients anonymisées. Enfin, les interventions chirurgicales commencent à être guidées par des machines intelligentes, et parfois même à distance. Le télé-soin et la télémédecine n’en sont qu’à leurs débuts. Il y a donc de nombreuses opportunités de carrière pour les jeunes, tant pour les double-diplômes « scientifiques et management » que pour ceux tentés par l’innovation digitale.

 

Vous avez fait toute votre carrière dans le monde de la santé, en France et à l’international. Quels ont été les moteurs de vos choix de carrière ?

Mon orientation vers l’industrie pharmaceutique est le fruit du hasard et d’une rencontre : à la suite de mon V.I.E à Taïwan, je me suis vu proposé un poste à Hong-Kong dans l’industrie pharmaceutique. Le secteur m’a vraiment plu et c’est ensuite par un choix affirmé que j’ai réalisé toute ma carrière dans le monde de la santé, en France et à l’international. J’ai débuté dans les Laboratoires Goupil en Asie, puis en France chez Sanofi-Aventis et Pierre Fabre. En 2003, j’ai décidé de rejoindre Ratiopharm, le leader européen des génériques, alors même qu’on en parlait encore très peu en France. C’était une intuition, que j’ai eu raison de suivre… Puis j’ai pris la direction de Teva en France, un groupe générique israélien, et enfin depuis 2011 je dirige OCP Répartition, qui fait partie du groupe américain McKesson. Globalement, mon parcours a été influencé par l’ADN international de l’EM Normandie et par les enjeux de cultures dans le monde professionnel, qui me passionnent. J’ai un sens et une passion pour les enjeux de cultures dont l’interculturalité franco-allemande que j’ai pratiquée au quotidien pendant 20 ans !… De par la transformation intrinsèque de l’industrie pharmaceutique, et tout en restant dans le même secteur, j’ai finalement fait des choses très différentes au cours de ma carrière (médicaments issus de la recherche, produits de grande consommation, génériques…).

Comment portez-vous la voix de la distribution pharmaceutique dans le débat public et dans les discussions engagées avec les autorités ?

Interview Hubert Olivier OCP Répartition
© Franck Dunouau

Outre mes fonctions de Président d’OCP Répartition, je suis également Président de la Chambre Syndicale de la Répartition Pharmaceutique (CSRP). A ce double titre, deux enjeux me tiennent particulièrement à cœur : d’une part, la refonte de la régulation de notre modèle économique, afin de mieux intégrer l’évolution du rôle des répartiteurs pharmaceutiques, en adéquation avec la réalité de leurs missions actuelles. D’autre part, la mise en place d’un plan vert du médicament, qui viendrait compléter le plan blanc des hôpitaux et le plan bleu des EHPADs. A chaque nouvelle crise, cela permettrait de mobiliser les ressources nécessaires et de déclencher les process adaptés pour y faire face. Un tel plan n’existe pas actuellement pour les médicaments. Nous serons plus forts pour gérer les crises si nous passons plus de temps en amont à nous y préparer !

 

A quel projet challengeant un jeune diplômé pourra-t-il participer chez vous cette année ?

Nous travaillons sur deux projets phares et innovants. Le premier est la transformation de notre schéma logistique avec la création d’une plateforme unique qui concentre les flux de tous les laboratoires avec lesquels nous travaillons. Tout notre réseau, composé de 40 plateformes logistiques réparties dans toute la France, va bénéficier de cette simplification. Cette plateforme centrale, située près d’Orléans, d’une taille de 50 000 m² (l’équivalent de 6 terrains de foot), unique en Europe, nous permet d’améliorer la disponibilité des médicaments et d’accélérer notre développement.

Notre autre gros chantier est numérique. Il s’agit de transformer notre plateforme digitale BtoB, qui rassemble 10 000 pharmaciens, en une véritable marketplace. C’est un gap digital que nous souhaitons franchir, si l’étude en cours montre que cela a un sens économique. Nous nous donnons un an pour y parvenir. Dans les deux cas un jeune diplômé de l’EM Normandie pourrait apporter son énergie et son regard extérieur pour aider les équipes en place à accélérer ces deux transformations !

Quels profils conviennent le mieux à l’ambiance et aux valeurs d’OCP Répartition?

Nous avons adopté les valeurs portées par le groupe McKesson « I care, I lead » : il s’agit de respect, d’intégrité, d’engagement, d’ouverture et de sincérité, mais aussi de débattre et décider. Lors des recrutements, nous recherchons des candidats ayant de l’énergie à revendre et surtout envie de jouer collectif à partir de ce type de règles du jeu connues et partagées par tous.

Pourquoi avez-vous besoin des jeunes dip’ pour bousculer votre entreprise ?

OCP Répartition est une vieille dame qui aura 100 ans en 2024, l’année des JO à Paris ! Nous avons besoin des nouvelles générations pour ne pas perdre le rythme du changement et rester toujours sur la brèche de l’innovation. Nous les accueillons à la fois dans les métiers supports (finance, commercial, RH, systèmes d’information…) mais également sur les métiers propres à la supply chain. Nous avons en permanence 50 à 60 alternants et stagiaires dans nos locaux, dont une partie est ensuite embauchée en CDI. Pour l’année 2021, nous avons prévu 170 recrutements dont 60 à des postes d’encadrants sur nos plateformes de distribution ou à notre siège Francilien.

Incroyable !

EM Normandie, c’est une histoire de famille chez nous ! Mon père a fait partie de l’une des premières promotions d’après-guerre, en 1949 ! Ils étaient alors 4 étudiants, l’école était en train de renaître… Depuis, nous sommes une quinzaine de membres de ma famille (frères, cousins, nièces, oncles, tantes…) à être passés sur les bancs de cette école qui symbolise notre enracinement au Havre. Nous pourrions presque faire une association d’alumni à nous seuls !

L’EM Normandie m’a marqué par…

  • La polyvalence des matières enseignées
  • La diversité des parcours des enseignants (professeurs et professionnels)
  • La solidarité entre élèves, forgée sur le campus unique du Havre

Mon conseil
Ne mettez pas trop de rationalité dans vos choix, allez-y au feeling, faites ce que vous sentez ! Et ensuite donnez-vous à fond, devenez le meilleur, car quand on est passionné, on est bon !

Chiffres clés

  • CA : 6 milliards d’euros en 2019
  • 3 000 collaborateurs
  • 170 recrutements prévus en 2021

Contact : anne.saez@ocp.fr

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