« Il a été déjà supprimé des modèles de management depuis de nombreuses années » – par Daniel S.Lacerda, professeur associé et directeur du département des individus et organisations à MBS School of Business

« En effet, il a été déjà supprimé des modèles de management depuis de nombreuses années. Ce changement découle du principe fondamental du management dans les organisations modernes : la nécessité d’assurer un contrôle. L’un des principaux facteurs d’incertitude au sein d’une entreprise est l’élément humain. C’est pourquoi, historiquement, le management a évolué pour concevoir des mécanismes maintenant la motivation des collaborateurs et garantissant l’atteinte des résultats. Depuis des décennies, on constate le déclin du modèle bureaucratique — où l’information est monopolisée au sommet de la hiérarchie et où l’évaluation repose sur des règles objectives — au profit de formes post-bureaucratiques, fondées sur la persuasion et le principe d’engagement. Dans ce nouveau paradigme, la figure du superviseur perd de son importance. Cela signifie-t-il pour autant que le contrôle a disparu ? Absolument pas. Dans les organisations non hiérarchiques, le contrôle se transforme souvent en concertation : un consensus autour de valeurs communes, permettant un certain degré d’autogestion, voire de dissimulation de la gestion. »
« Le rôle du manager intermédiaire est en pleine redéfinition » – par Anissa Djabi-Saïdani, enseignante-chercheuse en GRH et Management éthique à l’ISC Paris

« À l’heure des mutations numériques, écologiques et organisationnelles, le rôle du manager intermédiaire n’est pas en voie de disparition, mais en pleine redéfinition. Dans un environnement VUCA (volatile, incertain, complexe, ambigu), sa légitimité ne repose plus sur l’autorité et le contrôle hiérarchique, mais sur sa capacité à conjuguer vision stratégique, intelligence émotionnelle et agilité. Les logiques d’autonomie, de coopération et de sens au travail sont devenues des leviers clés d’attractivité et d’engagement, renforçant la confiance et la cohésion des équipes. L’automatisation induite par l’IA et la prise de décision partagée font également évoluer les compétences du manager, qui doit savoir distinguer avec pertinence les tâches à automatiser de celles relevant nécessairement d’une supervision humaine. Pour créer les conditions d’une performance durable, le manager du XXIe siècle doit se réinventer en un leader éthique, agile et augmenté. »