interview Maeva Tholance ADEME
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L’ADEME réinvente la mobilité de demain – L’interview de Maeva Tholance

Face à l’urgence climatique, l’ADEME s’impose comme un acteur-clé de la transition des mobilités. Implanté au cœur de la direction Ville et Territoire durable, le service Transports & Mobilité agit sur tous les fronts : mobilités actives et partagées, décarbonation et report modal des modes massifiés, électromobilité mais aussi inclusion sociale et transformation des comportements. Rencontre avec Maeva Tholance (Grenoble INP-Phelma 06), cheffe du service Transports & Mobilité, pour comprendre comment l’agence structure son action.

Quelles sont aujourd’hui les grandes priorités du service Transports & Mobilité de l’ADEME ?

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Notre service s’inscrit au sein de la direction Ville et Territoire durable, aux côtés des thématiques bâtiment, qualité de l’air et sites & sols pollués. En lien avec nos ministères de tutelle, nous avons un rôle de soutien aux politiques publiques et nous agissons directement sur le terrain auprès des collectivités, entreprises et citoyens. Notre stratégie se structure autour de trois grands axes : la maîtrise de la demande (agir sur les usages et comportements), le report modal (favoriser les mobilités actives ou partagées, ferroviaire, fluvial ou maritime) et l’amélioration de l’existant (optimisation technologique, développement des carburants alternatifs). Nous intégrons ces axes aux priorités de l’État, via des feuilles de route partagées. Notre approche est systémique, entre expertise, expérimentation et innovation. Un bon exemple : le dispositif eXtrême Défi Mobilité, pour créer des véhicules intermédiaires, légers, accessibles, électriques à mi-chemin entre le vélo et la voiture.

Comment mesurez-vous l’impact des expérimentations soutenues par l’ADEME ?

Nous analysons plusieurs indicateurs : le nombre de projets déposés et le volume de demandes d’aide par rapport à notre enveloppe (souvent multipliée par deux), mais aussi des critères environnementaux comme les euros publics par tonne de CO₂ évitée. Nous intervenons également en tant qu’opérateur de l’État sur des programmes comme France 2030 ou les certificats d’économie d’énergie. À ce titre, nous pilotons quatre grands programmes, allant de 25 à plus de 100 millions d’euros par thématique.

Quelles solutions portez-vous pour faire progresser la mobilité durable dans les territoires ruraux ?

Nous avons lancé plusieurs programmes d’accompagnement, comme TENMOD (Territoires d’expérimentation de nouvelles mobilités durables), qui a soutenu 500 lauréats avec 40 millions d’euros d’aides. L’objectif : aider les territoires à imaginer et planifier des services adaptés – mobilité scolaire, vélo, covoiturage, etc. Avec AVELO, nous soutenons aussi le développement du vélo et de la marche via des financements, de la formation, et une montée en compétences des collectivités.

Comment conciliez-vous les enjeux de mobilités aussi variés que le vélo, le fluvial, le poids lourd ou l’électrification ?

Notre fil rouge, c’est l’accompagnement au changement. On ne peut pas agir sur tous les modes de la même façon, alors on adapte selon les usages et les publics. Nous étudions par exemple les mobilités des jeunes ou des publics en précarité. Nous participons au financement d’un Laboratoire de la mobilité inclusive, pour construire une transition juste. Ce souci d’adaptabilité est fondamental dans la transformation du système de transport.

Pourquoi êtes-vous une alumni toujours engagée pour votre école ?

J’ai été formée à l’ENSEEG, désormais appelée Grenoble INP-Phelma, spécialisée en électrochimie. Ce choix s’est imposé naturellement : je voulais travailler sur les énergies durables, et c’était une des seules écoles à proposer cette spécialisation. Ce parcours technique m’a donné des bases solides, et je l’ai ensuite complété par un master en management et développement durable. C’est là que j’ai élargi mon horizon, en me tournant vers les politiques publiques. Mon objectif était clair : rejoindre l’ADEME. Aujourd’hui, je retrouve à l’agence ce que Phelma porte dans son projet de formation : le goût de l’innovation, l’envie d’agir concrètement et la volonté d’inventer un monde qui respecte les limites de la planète.

Un mot pour le livre d’or de Phelma ? En tant que futurs ingénieurs, Vous êtes les architectes du monde de demain. Votre engagement est essentiel alors ne sous-estimez jamais l’impact que vous pouvez avoir : chaque solution que vous imaginerez contribuera à dessiner un avenir durable.

Chiffré-clé : 34 % des émissions totales GES sont dûes aux transports / 1 000 collectivités accompagnées par l’ADEME pour le programme AVELO

Contact : maeva.tholance@ademe.fr