Interview Thomas Mathieu Bouygues Bâtiment Ile-de-France
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Jeunes dip = impact XXL chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France- L’interview de Thomas Mathieu

Envie de voir vos projets prendre vie sous vos yeux ? Thomas Mathieu (CentraleSupélec 05), Directeur Projet chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France, vous embarque dans les coulisses de la réhabilitation des Arches du Carreau à Neuilly-sur-Seine, un chantier d’envergure où technique, management et esprit d’équipe s’entremêlent pour réinventer le tertiaire.

Qu’est-ce qui fait de la réhabilitation des Arches du Carreau à Neuilly-sur-Seine un chantier inédit ?

Interview Thomas Mathieu Bouygues Bâtiment Ile-de-France

Ce site alliant initialement bureaux, marché couvert et parking, n’avait jamais été rénové en 50 ans. Nous transformons aujourd’hui sa physionomie pour en faire un lieu de vie complet : bureaux, marché, mais aussi commerces, lounge, cafés, coworking, auditorium et fitness. Ce chantier est bien plus qu’une simple réhabilitation ou une mise aux normes : c’est un projet de réinvention du tertiaire.

Parlez-nous des choix environnementaux de ce projet.

La façade vitrée à performance thermique améliorée, les terrasses accessibles et la végétalisation de toutes les toitures en sont de belles illustrations. Nous utilisons des matériaux nobles et durables, comme la pierre choisie pour les façades et biosourcés comme le bois des panneaux CLT des extensions. Chaque terrasse est accessible aux locataires et nous y créons des îlots de fraîcheur. Le bâtiment vise l’obtention des labels BBCA (qui valorise les bâtiments sobres), BBCA neuf et BBCA réha (pour l’empreinte carbone), HQE (pour le confort et le respect environnemental) et le label Bas Carbone – Bâtiment Biosourcé pour lequel nous serons l’un des premiers chantiers labélisés en France. Chaque décision de ce projet est pensée pour concilier esthétisme, performance et viabilité.

Pourquoi ce chantier est-il le plus exaltant de votre carrière ?

Parce que le défi est énorme, tant en termes de complexité que de délais. En effet, nous avons signé l’accord de préparation fin février 2025 pour une livraison prévue en mars 2027. J’ai la responsabilité contractuelle et juridique de l’opération, mais je gère aussi la gestion financière, la tenue des engagements de qualité et de sécurité. Je pilote la coordination des équipes internes et des sous-traitants sur un projet d’envergure mobilisant près de 600 personnes (encadrement, compagnons), en collaboration étroite avec Gecina, propriétaire de l’actif et la maîtrise d’œuvre. Mon rôle, à l’instar d’un capitaine, est de créer une vision commune, un esprit d’équipe et de m’assurer que chacun comprenne comment sa contribution s’inscrit dans le projet global. Le rôle d’un ingénieur n’est pas de tout savoir faire lui-même, mais de trouver la bonne personne et de mobiliser les compétences.

Vos conseils aux jeunes ingénieurs qui se dirigent vers le bâtiment aujourd’hui ?

Idéalement, commencer par plusieurs expériences terrain, sur chantier : on ne maîtrise pas la conduite de travaux sans bottes et sans vécu ! Il faut également avoir l’esprit d’équipe et aimer entreprendre. Avec de la curiosité et de la motivation, on peut évoluer vers des responsabilités de management et de coordination. J’ai moi-même commencé comme délégataire sur de petits chantiers de 5 à 15 millions d’euros. Puis j’ai travaillé six ans en ingénierie et achats, avant de revenir à la production. Voir ce que l’on construit et pouvoir dire c’est moi qui l’ai fait, est une fierté et une motivation quotidienne. Et je signale que 20 postes sont actuellement ouverts au sein de notre unité de Rénovation Privée en charge des réhabilitations de bâtiments tertiaires, de l’hôtellerie de luxe et du résidentiel haut de gamme. 

CentraleSupélec J’ai été marqué par l’ouverture disciplinaire de mes deux premières années. Elle m’a permis d’acquérir une vision large des enjeux et d’entrainer mon agilité intellectuelle. Mais au-delà des cours, la force de l’école réside dans la place qu’elle accorde aux projets associatifs. Travail en équipe, gestion et organisation de projets, leadership : ces compétences transversales font pleinement partie de l’ADN de la formation. Ce qui explique en grande partie la capacité des Centraliens à évoluer rapidement vers des fonctions de management de projet. J’étais capitaine de l’équipe de rugby et cela m’a permis d’apprendre à anticiper, motiver, donner confiance et rester devant pour montrer le cap. Une posture que je retrouve aujourd’hui sur le chantier.

L’ingénieur idéal de 2026 : spécialiste affûté ou touche-à-tout assumé ?

Chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France, les trajectoires sont variées. Mais pour diriger un projet, la capacité à toucher à tout est essentielle. Il faut être un généraliste curieux et adaptable. En sortie d’école, nous le sommes tous, c’est ensuite, au fil des expériences, que chacun choisit – ou non – de se spécialiser.

Contact : th.mathieu@bouygues-construction.com