Ancien footballeur de haut niveau, Thierry Granturco (Sciences Po Paris, INHESJ, ENA, docteur en sciences politiques et docteur en relations internationales) est un homme de passions. Passions dont il a fait ses métiers menant de front une activité d’avocat et de chef d’entreprise engagé, passions dans lesquelles il a investi avec succès dans les domaines de l’entreprenariat traditionnel, puis social, avec Horus Holding. Explications.

 

Thierry Granturco (Sciences Po Paris, ENA, docteur en sciences politiques et docteur en relations internationales), Président de Horus Holding

Thierry Granturco (Sciences Po Paris, ENA, docteur en sciences politiques et docteur en relations internationales), Président de Horus Holding

 

 

Outre le fait d’être basé en Belgique et en France, qu’est-ce qui fait la spécificité et la valeur ajoutée de Horus Holding par rapport à d’autres acteurs du marché ?
Horus Holding se définit plus comme une société de gestion que d’investissement dans le sens où son but premier n’est pas d’avoir des retours sur investissement à court terme ou de « faire des coups » sur les marchés mais vraiment de prendre des participations en vue d’un développement à long terme. Nous n’intervenons que sur certains secteurs d’activité sur lesquels on veut se développer de façon pérenne. A partir du moment où l’on investit, on a vraiment envie de prendre le projet à bras le corps, d’être le plus performant possible, voire d’être les meilleurs sur le secteur. Ce qui singularise Horus Holding, c’est de panacher économie de marché et économie sociale à environ 50/50 en termes de chiffre d’affaires (40 M€) et de nombre de collaborateurs (150 salariés). Il s’agit là d’un choix très personnel de dirigeant. J’ai eu la chance d’avoir une famille qui a misé sur moi pour que je puisse avoir un certain parcours professionnel. Aujourd’hui, l’ayant réalisé, je me voyais mal oublier « d’où je viens ». Je prends beaucoup plus de plaisir dans l’économie sociale même si les retours sur investissement sont nettement moins intéressants que dans l’économie traditionnelle. C’est une manière de rendre ce que la société a pu apporter à la famille d’immigrés italiens qui est la mienne.

 

Comment avez-vous marié entreprenariat traditionnel et entreprenariat social ?
Ce partage s’est fait crescendo. Nous nous sommes développés historiquement dans l’immobilier d’entreprise, puis dans le conseil stratégique en affaires publiques. Nous nous sommes ensuite spécialisés vers d’autres activités comme le transport maritime (puis aérien), un secteur que je connaissais bien comme avocat, en mettant tout en oeuvre pour que les dirigeants de nos entreprises puissent exercer au mieux leur leadership. Horus Holding a alors rencontré un certain succès et dégagé une marge financière suffisante pour que je puisse faire des investissements plus sociétaux avec l’ouverture de centres d’accueil pour déficients mentaux en 2011 et des investissements dans le sport.

 

« Il n’y a pas de
grande entreprise
sans grande équipe ! »

En quoi votre expérience passée de sportif de haut niveau vous a été utile dans votre carrière professionnelle ?
Même si ma réponse peut passer pour un cliché, je dirais que le sport apprend à dire « nous ». Même un actionnaire majoritaire devrait savoir qu’il n’y a pas de grande entreprise sans grande équipe… et sans grand capitaine d’équipe ! Quand je jouais milieu de terrain, j’étais bien conscient qu’il y avait des gars meilleurs que moi en attaque, en défense… et surtout dans les buts ! Lorsque vous avez vécu le sport à haut niveau, êtes allé chercher un résultat en 90 minutes en partageant des choses fortes avec vos coéquipiers, vous réalisez que cette interdépendance entre les qualités des uns et des autres est la clef du succès. Lorsque vous arrivez à réunir, diriger et faire partager ces compétences sur des valeurs de solidarité, les gens vous suivent et les choses vont tout de suite beaucoup mieux. Ce que le sport de haut niveau m’a également inculqué, c’est le très haut niveau d’exigence que cela requiert. L’entreprenariat, à bien des égards, c’est finalement de la compétition et de l’exigence.

 

Quels sont les principales opportunités et métiers proposés aux jeunes diplômés au sein d’Horus Holding ?
Actuellement nous sommes à la recherche de plusieurs profils liés au développement assez linéaire de la holding. Je pense que nous serons autour des 250 salariés dans deux ans et aurons considérablement développé les parties transport et santé de nos activités. Sur ces projections, nous avons surtout besoin de compétences sur les parties ressources humaines et probablement dans la direction financière.

 

En quoi votre formation a-t-elle guidé votre parcours professionnel et entrepreneurial ?
J’ai étudié le droit, ponctué par deux doctorats (en sciences politiques et relations internationales) et l’entrée aux barreaux de Paris et de Bruxelles. Passionné par l’étude du psychisme, du comportement et des processus mentaux, j’ai mené en parallèle des études de psychologie qui m’ont mené jusqu’à la maitrise en psychologie clinique ce qui explique ensuite mon engagement sur l’aspect social et la prise en charge de la déficience mentale. J’ai vendu mon cabinet d’avocat pour créer Horus Holding en 2 009, mais pour autant je n’ai pas abandonné ma carrière au Barreau. C’est la raison pour laquelle je suis entré comme associé dans le cabinet De Gaulle Fleurance & Associés où j’interviens sur des dossiers en matière de sécurité informatique, de sport et de transport.

 

Vous faites partie de la promotion Emma Bonino de l’ENA (CHEE). Quel est le plus de ce cursus d’exception ?
Comme je suis également expert juridique auprès de l’Union européenne et de l’ONU depuis le milieu des années 1990, on m’a fortement invité à suivre une formation d’excellence et de remise à niveau sur les grands enjeux et les mécanismes actuels de décision des politiques publiques de l’Union européenne. Exerçant entre Bruxelles et Paris, j’ai préféré choisir le Cycle des hautes études européennes (CHEE) dispensé par l’ENA plutôt qu’Oxford qui proposait le même type de formation. Le CHEE me permet d’étoffer mes connaissances et d’en développer de nouvelles grâce à un enseignement pratique et théorique de haute qualité associé à des échanges très concrets d’expérience. C’est également une manière de diversifier et de formaliser mon réseau de personnalités influentes en côtoyant durant dix mois des hauts fonctionnaires issus en majorité de l’administration française ou internationale, mais aussi des responsables de grands groupes privés.

 

Quels conseils donneriez-vous à des professionnels désireux de suivre ce cursus ?
Même si je ne suis qu’à mi-parcours de ce CHEE et manque donc encore un peu de recul pour répondre, je dirais que le niveau d’intervention de cette formation est suffisamment général pour que les non-experts de l’UE n’aient pas peur de faire acte de candidature. J’ai dans mon entourage des gens de très haut niveau qui ont considéré ne pas avoir le profil et n’ont pas candidaté. C’est une erreur car la principale force du CHEE, c’est justement de réunir des gens à responsabilités et de pouvoir les sensibiliser aux questions européennes pour, au final, en faire non des experts mais des connaisseurs avisés.

 

B.B.

 

Contact : www.horus-holding.com