L’usager pense usuellement que les cybermenaces sont exogènes, oubliant qu’il est bien souvent à l’origine de ses déconvenues dans le cyberespace (du cyberharcèlement en passant par toutes les formes de piratages à fin délictueuse, extorsion, etc. ciblant des particuliers ou des entreprises) lorsque vous utilisez internet, tout comme dans la vie : « Le pire ennemi, c’est soi-même… » comme l’écrivait Charles de Leusse.

 

Ruinez sa vie en douze mots ? C’est possible !

Vous en doutez ? C’est en 12 mots que Justine Sacco alors responsable de la communication d’IAC à vu sa vie ruinée ! Alors que ce 20 décembre 2013 elle s’apprêtait à décoller de l’aéroport d’Heathrow de Londres pour le Cap en Afrique du Sud, cette professionnelle de la communication a eu la mauvaise idée de tweeter à ses 170 followers : « Going to Africa. Hope I don’t get AIDS. Just kidding. I’m white!». (« Je pars pour l’Afrique. J’espère que je ne vais pas attraper le sida. Je plaisante, je suis blanche ! »)

Une phrase qui pouvait être perçu comme raciste au premier degré, ou, a contrario – pris au second – comme une dénonciation d’un traitement inéquitable du SIDA au pays du post apartheid . Un tweet à très haut risque. Comme le disait notre regretté Charb (1967 – 2015) :  « C’est très difficile de jongler avec le second degré, dans un monde où tout est pris au premier. »

Vitesse et violence d’un Bad buzz

Tandis qu’elle décollait vers le Cap, John Biddle journaliste chez Gawker (Un blog américain axé sur les célébrités, le secteur des médias, les ragots, qui a fermé en 2016) a repéré le propos et l’a retweeté à ses 15 000 followers. Le cyberlynchage a alors débuté. Rapidement le nom de Justine Sacco s’est retrouvé en « top tendance ». S’en est suivi une déferlantes de tweets de menaces de mort, d’insultes, de demande de licenciement : « Je suis un employé IAC et je souhaite que Justine Sacco ne communique plus jamais en notre nom. Jamais. »

Après avoir atterri, en rallumant son portable Justine Sacco allait prendre connaissance du désastre. Un hashtag ayant été lancé « #HasJustineLandedYet, un Cyberlyncheur l’attendait à l’aéroport pour la prendre en photo et accompagner le cliché de la jeune femme de ces mots : « Justine Sacco est bien arrivée à l’aéroport du Cap. Elle a décidé de porter des lunettes de soleil comme déguisement. » En onze heures, pour 12 mots, cette jeune femme avait perdu sa vie d’avant, sa dignité et son emploi !

L’usager peut se transformer en une hyène pour l’homme

Trois semaines après ce tweet, le journaliste Jon Ronson travaillant sur un ouvrage sur « l’humiliation publique » a recueilli son témoignage. Justine Sacco a pu lui faire part de la détresse psychologique dans laquelle elle a été plongée. Comme elle le lui affirmera alors : «  Seul un dingue pourrait croire que les Blancs ne peuvent pas attraper le Sida. C’était une blague sur une situation urgente qui existe réellement dans l’Afrique du Sud post-apartheid, et à laquelle nous ne prêtons pas attention….  » Force est de constater qu’il y avait beaucoup de « dingues » à l’affût.

Les « bad buzz » sur Internet, sur les RS c’est «Bankable» !

Comble du cynisme, ruiner la vie d’autrui, la réputation d’une entreprise… s’avère être rentable pour de nombreux acteurs de la toile. S’interrogeant lors de la rédaction de son ouvrage « la honte » Jon Ronson a cherché à savoir si Google avait pu tirer financièrement parti du cyberlynchage hors norme de Justine Sacco. Du 20 décembre à la fin du mois son nom sera recherché sur Google plus de 1,2 million de fois. Selon ses recherches avec l’économiste Jonathan Hersh, ce massacre inhumain aurait fait gagner 120 000 dollars à Google !

Que conclure ? Soyez extrêmement vigilants : « There’s No Business Like Bad Buzz Business »

L’auteur est le Professeur Dr. Yannick ChatelainResponsable du développement/Head of development, IT / DIGITAL Marketing

Grenoble École de Management

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