interview de Nadim Baklouti DiliTrust

DiliTrust, la LegalTech qui propulse les directions juridiques dans une nouvelle ère – L’interview de Nadim Baklouti

À la tête de DiliTrust, l’une des LegalTechs françaises les plus ambitieuses, Nadim Baklouti (CentraleSupélec 09) veut bousculer les codes du juridique d’entreprise. Son credo : mettre la technologie au service des juristes pour en faire de véritables business partners. IA souveraine, croissance internationale, vision d’ingénieur : DiliTrust veut imposer sa signature made in France.

Pouvez-vous nous présenter DiliTrust et ce qui la distingue dans le paysage des LegalTechs ?

interview de Nadim Baklouti DiliTrust

DiliTrust, c’est une LegalTech française qui développe une suite SaaS pour les directions juridiques. Concrètement, on propose un ERP du juridique, une plateforme unique qui centralise la gestion des contrats, contentieux, filiales ou conseils d’administration. Le métier de juriste d’entreprise est en pleine transformation. Les juristes cherchent aujourd’hui des outils modernes pour devenir de vrais business partners. C’est ce que nous leur offrons : une solution complète, sécurisée et conçue par des experts du droit pour des experts du droit. DiliTrust fait partie des rares consolidateurs européens du secteur, sur un marché encore très fragmenté. Notre ambition est claire : devenir le champion logiciel européen des directions juridiques.

DiliTrust a été reconnue parmi les 30 entreprises françaises les plus innovantes en IA. Quelles applications concrètes avez-vous déployées ?

L’IA est devenue un levier majeur de productivité pour les juristes. Prenons un exemple simple : la relecture d’un contrat. Ce qui prenait plusieurs heures se fait désormais en quelques secondes. Notre IA détecte automatiquement les clauses non conformes et les zones de risque. Autre cas d’usage : la rédaction de procès-verbaux. À partir d’un enregistrement audio, l’IA génère un transcript et un projet de PV, que le juriste n’a plus qu’à valider. On passe de deux semaines de travail à quelques minutes. Et surtout, nous avons fait le choix d’une IA 100 % interne et souveraine, pour garantir la confidentialité totale des données.

Vous avez récemment acquis la startup allemande PACTA. Quelle place occupe cette opération dans votre stratégie ?

PACTA était un acteur reconnu du CLM, c’est-à-dire la gestion du cycle de vie des contrats. Cette acquisition nous permet de renforcer notre offre sur ce segment stratégique tout en posant un pied solide en Allemagne, le dernier grand marché européen où nous n’étions pas encore présents. Elle illustre notre volonté de consolider un marché encore très fragmenté et de construire un leader européen de la LegalTech.

Vous êtes issu du monde de la tech et de la cybersécurité. En quoi cette double culture influence-t-elle votre manière de diriger ?

La plupart des dirigeants d’entreprises SaaS viennent du commerce ou de la finance. Moi, je crois qu’on ne peut pas piloter une société technologique sans comprendre la tech en profondeur. Elle conditionne les choix stratégiques et la cohérence globale de l’entreprise. Cette double lecture, business et technologique, me permet d’avoir une vision holistique, réaliste et alignée : on sait ce qui est possible, à quel rythme, et comment faire évoluer le produit sans se déconnecter du terrain. Et oui, il reste encore quelques lignes de code signées de ma main dans nos systèmes ! C’est devenu une blague en interne, mais c’est aussi le symbole d’une culture : chez DiliTrust, la technologie n’est pas un discours, c’est un vrai savoir-faire.

CentraleSupélec

CentraleSupélec m’a appris à penser comme un ingénieur et à agir comme un manager. Un Centralien n’a pas peur de descendre dans la tranchée, de mettre les mains dans le cambouis pour aider ses équipes à résoudre un problème. C’est ce qui fait la différence avec d’autres profils : on comprend à la fois le business et la tech. Mes années à CentraleSupélec ont aussi été marquées par la vie associative : j’ai présidé le Cercle Europe Supélec et participé à Cheer-Up ! et Espérance en béton. C’était mes premières expériences entrepreneuriales : gérer une équipe, un budget, créer des projets de toute pièce. Je ne devrais pas le dire mais je crois que j’ai passé plus de temps dans les assos qu’en cours. Et je ne le regrette pas !

La meilleure arme de l’ingénieur CentraleSupélec de 2025 ? Sa capacité à comprendre la tech, à lire et éventuellement écrire du code et à comprendre comment ça marche.

Chiffres-clés : 60 millions € de CA – 350 collaborateurs – Des bureaux à Paris, Montréal, Philadelphie, Mexico, Dubaï, Milan, Madrid et Berlin

Contact : romain.toffolon@dilitrust.com