Alors que la demande mondiale d’électricité explose, comment Siemens Energy répond-il à la nécessité de conjuguer sécurité d’approvisionnement, compétitivité économique et décarbonation ? Réponses de Nicolas Petit (Ense3 04) Head of Tendering Department – GT SU pour la zone Europe de l’Ouest & Afrique de ce leader mondial des technologies énergétiques.
Pitchez Siemens Energy à un jeune ingénieur qui ne vous connaîtrait pas encore !

Nous intervenons sur l’ensemble du marché de l’énergie : énergies conventionnelles, énergies renouvelables, réseaux électriques, stockage d’énergie, électrification des procédés industriels complexes. Notre mission ? Aider les entreprises et les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à rendre l’énergie fiable, abordable et plus durable.
Si vous aviez 25 ans aujourd’hui, vers quels sujets énergétiques vous orienteriez-vous ?
Les jeunes ingénieurs rêvent sans doute plus d’IA que de gigawatts. Et pourtant, le contexte géopolitique actuel fait de l’énergie une ressource critique et même particulièrement stratégique… notamment pour le développement de l’IA et des datacenters justement ! Il y a 25 ans, je me suis tourné vers l’énergie plus par opportunité que par choix. Mais si je sortais de l’Ense3 aujourd’hui, je n’hésiterais pas une seconde à rejoindre ce secteur. Et je débuterais sans doute par un métier technique, la base de toute bonne discussion dans l’énergie !
Vous travaillez en Afrique et en Europe de l’Ouest. Quels enjeux spécifiques y rencontrez-vous ?
L’Afrique connaît l’une des plus fortes croissances de la demande énergétique mondiale et a un énorme potentiel : les infrastructures de production et de réseaux y sont encore insuffisantes et 500 millions de personnes n’y ont toujours pas d’accès fiable à l’électricité. Pour y mener des projets d’envergure, notre plus grand challenge est de travailler avec des partenaires locaux techniquement et financièrement solides, fins connaisseurs de l’environnement de chaque pays du continent et soucieux, comme nous, de développer les compétences locales. C’est ainsi que nous avons pu monter un centre de formation au Nigeria, au bénéfice de près de 6 000 personnes : une belle réussite sociale. En Europe, le développement de datacenters fait bien sûr partie de nos principaux enjeux. Mais attention, en la matière, les clients sont très exigeants : ils peuvent vous apporter beaucoup de contrats, mais uniquement si vous performer à 100 % !
Quels sont vos secrets pour gagner un appel d’offre justement ?
Nous fournissons des appels d’offre clé en main couvrant toutes les phases d’un projet (étude, fourniture, transport, génie civil, construction, commissioning etc.). Nos clients signent pour des projets prêts à être exploités, menés par des équipes en fine adéquation avec toutes leurs problématiques. Nous leur offrons des solutions technicoéconomiques parfaitement en phase avec leurs attentes et surtout, des scenarios de réalisation optimisés et maîtrisés, notamment en termes de délais, un point devenu absolument essentiel. Finalement dans mon travail, l’objectif ce n’est pas que de gagner le projet mais surtout c’est que le client soit pleinement satisfait à la fin une fois le projet terminé !
Depuis 20 ans dans le groupe, vous avez construit votre carrière entre technique, commerce et management. A quel moment êtes-vous passé du statut de jeune ingénieur à celui de futur dirigeant ?
Une carrière c’est une suite logique, des opportunités qui se présentent, des balles qu’il ne faut pas avoir peur de saisir. La preuve, je suis passé du poste de responsable technique à celui de responsable d’affaire en remplaçant au pied levé un collègue en congé paternité ! Ce mois d’intérim m’a ouvert une porte, j’ai foncé et j’ai fait mes preuves. Je pense aussi à mon départ à Hong Kong. J’étais chef de projet dans un domaine technique de la transmission électrique que je maîtrisais très bien et je suis parti là-bas sur un poste relatif aux centrales de production d’énergie. Et, il faut bien le dire, j’avais beaucoup moins d’assurance niveau technique, je parlais un anglais moyen… et pas du tout le cantonais ! Ça m’a poussé à me découvrir d’autres qualités et à me retrousser les manches pour y arriver. J’y ai passé huit années merveilleuses, durant lesquelles j’ai développé de belles choses… même si je n’ai toujours pas appris le cantonais !
L’industrie française doit-elle oser faire plus de hors-piste ?
Faire du hors-piste, ce n’est pas forcément s’éloigner du chemin et sauter des barres rocheuses à l’aveugle. C’est trouver de nouvelles trajectoires à emprunter et s’entourer des bons partenaires pour être les premiers à innover sur de nouveaux marchés.
Contact : laure.hemery@siemens-energy.com (RH)