Pilier historique de l’aviation française, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) célèbre ses 50 ans en réaffirmant sa mission première : l’excellence au service de la sécurité, de la sûreté et de la décarbonation du transport aérien. Entre vigilance cyber, essor des drones, innovations et transition écologique, l’institution se transforme. Frédérique Gely (INSP 2010), qui pilote la sûreté au sein de la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile (DSAC), nous en dit plus.
Quel est le rôle de la DSAC dans la sûreté et la cybersécurité aériennes ?

La DSAC est un univers animé d’une véritable culture métier, où des passionnés s’engagent au service de l’intérêt général, quel que soit leur corps d’appartenance. Elle exerce une vigilance de chaque instant sur la chaîne aéroportuaire pour garantir la protection du transport aérien. Elle certifie et surveille plus de 1 500 opérateurs (aéroports, compagnies aériennes, fretistes, etc.). Ce bouclier s’étend désormais au numérique : l’institution forme ses inspecteurs à surveiller la mise en œuvre des exigences réglementaires cyber par les opérateurs.
Est-ce facile de concilier gestion de crise et réflexions sur la sûreté à dix ans ?
C’est tout l’intérêt de nos métiers : être capable de réagir vite et adapter nos mesures comme après les attentats en zone publique de l’aéroport de Zaventem en 2016, la pandémie de COVID en 2019 ou le cyclone Chido à Mayotte en 2024. C’est aussi concevoir notre surveillance sur de nouveaux domaines, faire évoluer nos méthodes et imaginer les métiers de la sûreté de demain et le rôle des acteurs avec de nouvelles technologies.
En quoi vos expertises RH et en sûreté boostent votre action aujourd’hui ?
Mon parcours à la DGAC – où j’ai managé des équipes polyvalentes, piloté les ressources humaines, la formation, dialogue social, les transformations – constitue aujourd’hui un socle précieux pour mes missions. Cette expérience me permet d’assurer en permanence une adéquation fine entre les besoins du terrain, le niveau de compétences de nos agents et les besoins d’évolution de nos organisations et méthodes. À cela s’ajoute, ma « casquette” sûreté qui m’a apporté une forte dimension internationale via la négociation de la réglementation ou sa mise en œuvre, en consolidant mon expertise juridique. Ces expériences se nourrissent ainsi l’une l’autre.
Pourquoi l’INSP a-t-il impacté positivement votre parcours ?
Mon choix de servir l’État repose sur une sensibilité profonde pour l’intérêt général, une mission qui s’illustre à la DSAC par la mobilisation des acteurs privés autour de solutions de sûreté concertées. L’INSP a ainsi consolidé cet engagement en m’apportant des outils en pilotage de projets, en droit et en ressources humaines, tout en renforçant mon leadership. Enfin, l’atout majeur de cette formation réside dans son réseau international : le partage d’expériences avec des élèves issus d’autres pays a vraiment été un plus.
Comment rejoindre la DGAC ?
Différents concours permettent de nous rejoindre dans une grande variété de métiers : ingénieurs, techniciens, profil administratif. Une première expérience dans le secteur privé de l’aviation (aéroports, exploitants ou compagnies aériennes) constitue un atout appréciable pour certains postes. À la DSAC, l’excellence de notre surveillance repose également sur un dispositif de formation continue particulièrement rigoureux avec la délivrance d’une licence de surveillance. Je vous invite à découvrir nos métiers en tapant les métiers DSAC dans le moteur de recherche.
Désobéir pour innover : atout ou risque pour les futurs leaders ? Le cadre réglementaire n’est pas un frein à l’innovation. Au contraire, la sûreté exige une évolution constante de nos pratiques et une adaptation de nos métiers en fonction des risques. Pour y parvenir, nous devons mobiliser l’intelligence collective de nos équipes, des acteurs publics et privés afin de faire bouger les lignes. L’adaptabilité et l’agilité sont indispensables à nos organisations. La DSAC est capable d’innovation dans différents secteurs : elle l’a fait par exemple pour les Jeux Olympiques de Paris avec la mise en place de l’enregistrement déporté de tous les bagages des Athlètes au village olympique, pour le voyage de la flamme ou en matière de sécurité pour l’autorisation d’exploitation de la vasque olympique qui est un drone. Elle le fait aussi en délivrant des autorisations pour le vol de prototypes.
Contact : cabinet-dsac@aviation-civile.gouv.fr