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Avec des si – L’interview de Romain Soubeyran, directeur de CentraleSupélec

L’interview de Romain Soubeyran, directeur de CentraleSupélec
Portrait de Romain Soubeyran : Crédit CentraleSupélec

Partenariats de rêve, moyens illimités, clés du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Romain Soubeyran, directeur de CentraleSupélec se prête à l’exercice d’une interview 100 % prospective – Propos recueillis par Clarisse Watine

Votre dossier N°1 si vous aviez les clés du MESRI pour une journée ?

La priorité aujourd’hui, c’est la dégradation de la santé psychologique des étudiants liée à la crise. Et à moyen terme, je travaillerais à rapprocher d’avantage les mondes académique et professionnel. Car si la qualité de la recherche faite en France n’est plus à prouver, il y a aussi un vrai déficit dans notre capacité à la transformer en innovations générant des retombées économiques. Un étudiant en thèse au MIT se pose la question de savoir dans quelle startup créée par son directeur de thèse il va aller… on en est encore loin en France.

Si vous aviez des moyens illimités pour CentraleSupélec, que feriez-vous différemment ?

Paradoxalement, il est assez malsain d’avoir des moyens très surdimensionnés par rapport à ses besoins ! Car cela n’encourage ni la réflexion, ni l’innovation, ni la remise en cause. Mais si j’avais beaucoup plus de moyens, j’en garderais (quand même !) un peu pour CentraleSupélec et j’en affecterais l’essentiel à la restauration de l’ascenseur social. Afin qu’aucun talent ne soit pénalisé par l’autocensure, un défaut d’orientation ou des études pas assez stimulantes par rapport à son potentiel. Faire s’épanouir tous les talents c’est un enjeu crucial de compétitivité pour l’enseignement supérieur, la recherche et le monde économique français. Mais aussi un enjeu de citoyenneté fort auquel nous tenons à CentraleSupélec, comme en témoignent nos campus d’été Cap Prépa avec l’ESSEC, par exemple.

Si vous pouviez nouer un seul partenariat de rêve ?

Un partenariat n’est pas une fin en soi, c’est d’abord au service d’un projet. Et le projet de CentraleSupélec, c’est de former l’ingénieur hybridé du 21e siècle, qui met les outils des sciences de l’ingénieur au service de l’ensemble des secteurs d’activité. Le partenariat de rêve est donc celui qui nous connecte à tous les champs de savoirs. Co-fondateurs de l’Université Paris-Saclay, nous avons déjà réalisé notre rêve !

Si vous deviez consacrer une formation au développement durable ?  

Ce ne doit pas être une discipline à part, il doit imprégner l’ensemble de la formation de nos étudiants. Il est d’ailleurs déjà présent dans 70 % des séquences thématiques de 1A et 2A et dans 50 % des mentions en 3A. Et nous continuons à progresser. Il doit aussi influencer les actions et les choix de nos diplômés une fois en poste pour peser sur les décisions des organisations. 2/3 de nos étudiants choisissent d’ailleurs une entreprise en fonction de son engagement pour la durabilité.

Si vous étiez un futur ingénieur fan de RSE, pourquoi choisiriez-vous CentraleSupélec ?

D’abord, pour la taille de la promo. J’entends certains dire « 950 élèves c’est l’industrie » mais au contraire, c’est la possibilité de mettre en place un cursus très diversifié, et donc de mieux répondre aux vocations des élèves, en matière de développement durable notamment. De plus, dès la rentrée 2021, aucun ingénieur CentraleSupélec ne pourra être diplômé sans avoir validé la compétence Ethique, Exemplarité et Responsabilité de l’ingénieur, introduite dans le référentiel de compétences auquel est adossé notre cursus unifié depuis 2019.

Si vous imaginez CentraleSupélec dans 10 ans ?

Je souhaite que CentraleSupélec soit une institution où chacun est heureux de venir travailler et a le sentiment de contribuer à un projet global au service de la société. Une institution attractive pour tous les viviers de candidats, à tous les niveaux de formation, identifiée comme un lieu d’épanouissement pour leur potentiel scientifique et leur  personnalité. Je souhaite que les alumni se souviennent de leur école comme d’une période privilégiée dans leur vie. De tout cela découlera naturellement la performance interne, la reconnaissance de la contribution de l’école, le soutien de l’Etat et du monde socioéconomique, la fidélité des anciens à leur école et, pourquoi pas, leur soutien financier ! Voilà le cercle vertueux dans lequel je souhaiterais que l’école soit engagée.

L’info en + : zoom sur le Groupe des Ecoles Centrale

Le Groupe des Ecoles Centrales (GEC) réunit CentraleSupélec et les Écoles Centrale de Lille, Lyon, Marseille, Nantes et CentraleSupélec ainsi que trois écoles internationales : Centrale Pékin, Centrale Casablanca et Mahindra École Centrale. Le GEC rassemble ainsi 1 500 diplômés / an, 800 enseignants et chercheurs permanents et représente 12 % de la recherche dans les écoles d’ingénieurs de l’Education Nationale. Une taille et un potentiel comparables à ceux du Massachusetts Institute of Technology (MIT), de la Technische Universität Berlin ou des Facultés Polytechniques de grandes universités européennes ou américaines. Et un objectif : faire de l’ingénieur centralien un modèle reconnu et référencé à tous les niveaux en France et dans le monde.

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