ArcelorMittal France : des carrières en acier trempé pour les jeunes ingénieurs ! – L’interview de Jacques-Yves Floch

Interview Jacques-Yves Floch ArcelorMittal

Jacques-Yves Floch (X 94, Ecole des Ponts ParisTech 99) est COO du Primary d’ArcelorMittal France. Le Primary, situé à Dunkerque, correspond à la partie amont de la fabrication de l’acier. Dans la plus grosse usine à chaud européenne d’ArcelorMittal, il contribue aux solutions permettant au N°1 européen de l’acier de répondre aux défis de l’optimisation et la décarbonation de sa production. Il vous explique comment les X peuvent l’aider à relever le challenge !

La sidérurgie, une industrie moderne ?

Interview Jacques-Yves Floch ArcelorMittal

Oui ! Car l’acier est un matériau technique présent partout. Du bâtiment à l’automobile, en passant par le packaging (la boite de conserve en fer a encore une longue vie devant elle dans une grande partie du monde). La sidérurgie reste aujourd’hui un marqueur fondamental du développement d’un pays. D’autant que peu de matériaux peuvent s’enorgueillir d’avoir marqué l’Histoire : il y a eu l’Age de pierre, l’Age du bronze et l’Age du fer, dans lequel nous sommes toujours avec l’acier, mais modernisé à son plus haut point. Pour preuve, la sidérurgie est un des premiers métiers à avoir déployé des outils d’IA… il y a 25 ans ! Les hauts fourneaux de notre usine de Dunkerque sont le fruit de 250 ans d’évolutions technologiques et affichent aujourd’hui un niveau d’optimisation industrielle exceptionnel : les réacteurs chimiques qui y sont intégrés ont un taux d’efficacité de 99.7 %.

Tout pour plaire à un ingénieur donc ?

Un haut fourneau c’est 80 m de haut, 14 m de diamètre et une durée de vie de 20 ans : un gros jouet gigantesque pour un ingénieur ! Mais cet effet wahou passé, on comprend vite que dans notre métier, le diable est dans l’optimisation : optimisation des process et du fonctionnement de l’usine, des outils ou des achats des matières premières. Dans mon équipe par exemple, un ingénieur de 28 ans en charge de l’approvisionnement gère un budget de deux milliards d’euros : ici, on sait donner très tôt des responsabilités très fortes à nos jeunes collaborateurs.

-35 % d’émissions de CO² en Europe en 2030 et neutralité carbone en 2050 : comment ArcelorMittal peut-il atteindre ces objectifs en France ?

On ne va pas se mentir, l’industrie lourde génère de la poussière. Si nous ne travaillerons jamais dans une salle blanche, nous sommes capables de concevoir des outils et des solutions pour endiguer ce phénomène. En deux ans nous avons ainsi divisé par cinq la quantité de poussière produite. Mais pour les émissions de CO2, c’est plus complexe, car la production de CO2 fait partie inhérente du process de fabrication de l’acier, un matériau fruit de la réduction de l’oxyde de fer par du charbon. La seule solution est donc de changer son process de fabrication ! Pour ce faire, un premier pas a été d’augmenter l’utilisation de la ferraille (du fer déjà réduit) ce qui permet de passer de 1.8 à 1.6 tonne de CO2 par tonne d’acier en quatre ans. Pour aller plus loin, nous nous tournons vers le DRP – direct reduction plant, un réacteur de réduction culminant à 120 m de haut ! – pour remplacer le carbone venant du charbon, par le gaz naturel (qui combine carbone et hydrogène). A termes, nous voulons construire des installations ne fonctionnant qu’à l’hydrogène pour décarboner complètement la filière.

Pourquoi avez-vous besoin des X pour mener cette révolution ?

Nous allons mettre en œuvre des outils dimensionnés à des niveaux inégalés : notre premier DRP (qui devrait être mis en route à horizon 2027) sera plus de deux fois plus grand qu’un DRP classique. Autre défi : celui de l’exploitation simultanée du haut fourneau et du DRP pendant plus d’une dizaine d’année, tout en assurant la même qualité à nos clients. Des défis qui ouvrent les jeunes X à plein de métiers.  Exploitation, management, expertise technique, support, projet, ingénierie, maintenance : ils auront de quoi s’éclater côté technique ! Mais ce sont aussi des métiers dans lesquels on n’a pas le droit à l’erreur. On manipule du métal en fusion, des quantités de gaz monstrueuses : être ingénieur chez nous, c’est aussi être garant de la sécurité de ses collaborateurs. Et quand on sort du Plateau, mettre son intelligence au service de la sécurité de tous est une façon de rendre à la société ce qu’on a appris.

Interview Jacques-Yves Floch ArcelorMittal

#SouvenirDepromo

« Je faisais partie du binet d’escrime en charge de l’organisation de la 2e édition du challenge international d’escrime. Pataugeant un peu sur la créa de l’affiche, nous avons détourné une affiche de film de cape et d’épée. Quand on patauge sur le campus ou dans la vie professionnelle, ce n’est pas grave : il ne faut pas trop se poser de questions, être audacieux et oser ! »

Contact : morgiane.haouari@arcelormittal.com

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