Antin Infrastructure Partners est une société de capital-investissement spécialisée dans les infrastructures, née en France et devenue en quelques années un acteur mondial du secteur. Levée de fonds record, projets ambitieux comme Proxima, et dynamique de recrutement. Damien Goutte (EDHEC BS 13, Université Catholique de Lille 13, HEDAC 15), Investment Director-Legal, revient sur les coulisses d’une success story à la française.
Vous avez réalisé une levée de fonds record de 10.2 milliards €. Comment gérez-vous cette croissance en interne ?

Nous sommes très fiers de cette levée de fonds, surtout dans un contexte 2024 loin d’être évident. C’est un vrai marqueur de confiance dans notre stratégie et dans le modèle d’Antin. Pour soutenir cette croissance, le recrutement est clé. Notre ADN reste le même : attirer les meilleurs profils pour lever des fonds, identifier des investissements à fort potentiel de croissance, et accompagner le développement des sociétés dans lesquelles nous investissons aux côtés de leurs équipes de management. Pour les équipes Antin déjà en place, cette croissance est aussi un vrai moteur : les sujets se multiplient, les enjeux s’élargissent, et chacun peut prendre davantage de responsabilités. C’est une dynamique exigeante, mais clairement stimulante.
Le lancement de Proxima marque un pari ambitieux. Qu’est-ce que cela implique pour Antin ?
Proxima fait partie des investissements de notre nouveau fonds flagship. Il illustre bien notre approche dans le secteur des transports – l’une de nos quatre grandes verticales avec l’énergie, le digital et les infrastructures sociales. Il s’agit de créer le premier opérateur privé de TGV en France, desservant la façade ouest du pays pour répondre à une demande de voyageurs croissante et non satisfaite, témoignant ainsi du côté pionnier d’Antin. Pour Antin, c’est un projet greenfield, développé de A à Z aux côtés de ses fondateurs, avec une forte dimension entrepreneuriale et au cœur de la transition énergétique. Proxima mène actuellement une campagne de recrutement d’envergure, sur tous les métiers et à tous les niveaux.
Comment vos expériences internationales ont-elles formé le professionnel que vous êtes aujourd’hui ?
Elles ont aiguisé ma curiosité et m’ont obligé à sortir de ma zone de confort, à m’adapter vite, parfois sans filet. Travailler dans un environnement inconnu, c’est se remettre en question en permanence. J’ai appris à observer, écouter et à ne pas croire que ma façon de faire est forcément la bonne. Ce que je retiens surtout, c’est que dans un contexte professionnel – encore plus quand il est multiculturel –c’est souvent dans la collégialité et la confrontation des points de vue qu’on trouve les meilleures idées.
En plus de votre formation à l’EDHEC, vous avez également un diplôme universitaire. Comment cette double formation vous aide-t-elle au quotidien ?
Elle est essentielle dans mon métier. L’EDHEC m’a donné une vraie culture de la décision et du pilotage, et l’université m’a permis d’aller plus loin dans l’analyse, d’entrer dans le détail. C’est ce mélange qui me permet aujourd’hui de jongler entre vision stratégique et expertise métier.
Quelles perspectives pour les jeunes diplômés chez Antin en 2025 ?
Les métiers de l’investissement requièrent un toolkit et une certaine expérience qu’il est difficile d’avoir quand on est jeune diplômé. Nous proposons des stages pour découvrir le métier de l’intérieur mais la voie royale pour intégrer l’équipe d’investissement d’Antin reste un master d’école de commerce, suivi d’une expérience de 3 ou 4 ans en banque d’affaires afin d’arriver entièrement outillé. Les métiers de l’investissement sont exigeants, mais également très stimulants grâce à la variété et la complexité des sujets abordés, à la qualité des profils côtoyés et à la forte dimension internationale.
EDHEC BS
L’EDHEC compte beaucoup dans mon parcours, puisque sans elle et sa spécialisation en droit des affaires, je n’aurais pas pris goût au juridique et je n’aurais jamais porté la robe d’avocat, ni pu exercer la fonction que j’ai aujourd’hui. J’ai également été marqué par son esprit entrepreneurial, que l’école partage avec Antin. L’esprit d’initiative y est précieusement cultivé et l’entreprenariat est au cœur de certains de nos projets qui partent de zéro, souvent ambitieux et audacieux – comme Proxima ou Infiniteria. Et j’avoue que l’ancien slogan – Parce que les loups viennent du Nord – m’a toujours fait sourire !
Chiffres-clé :
46 nationalités différentes
44 % de femmes
Contact : www.antin-ip.com/careers