ALIAXIS EST UN LEADER GLOBAL DANS LA CONCEPTION, LA FABRICATION ET LA DISTRIBUTION DE SOLUTIONS DE GESTION DES FLUIDES. ELLE PERFORME SUR TROIS SECTEURS D’ACTIVITÉS : LA CONSTRUCTION, LES INFRASTRUCTURES ET LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES PARTOUT DANS LE MONDE. RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC MIDY (ARTS ET MÉTIERS PARISTECH 84, ESSEC 86, MBA BABSON COLLEGE – USA – 87), DIVISIONAL CEO EMEA.

FRÉDÉRIC MIDY (ARTS ET MÉTIERS PARISTECH 84, ESSEC 86, MBA BABSON COLLEGE – USA - 87), DIVISIONAL CEO EMEA D’ALIAXIS

FRÉDÉRIC MIDY (ARTS ET MÉTIERS PARISTECH 84, ESSEC 86, MBA BABSON COLLEGE – USA - 87), DIVISIONAL CEO EMEA D’ALIAXIS

Depuis plus de 30 ans, le groupe Aliaxis conçoit et développe des solutions pour le transfert de fluides industriels (systèmes de robinetterie, tubes et raccords plastique, robinetterie métallique, pompes et instrumentation), les réseaux publics et privés de distribution et de collecte (eau potable, eaux usées), le traitement de l’eau, l’assainissement, ainsi que des solutions spécifiques pour les réseaux sensibles (gaz, air comprimé, hydrocarbures, sols pollués, produits abrasifs, etc.). Parmi les projets de référence à son actif : le Bilbao stadium en Espagne et l’équipement sanitaire du circuit de formule 1 d’Abou Dabi aux Émirats Arabes Unis. L’entreprise compte 18 marques en Europe.

 

CRÉER UNE CULTURE D’ENTREPRISE COMMUNE
Après plusieurs années d’expérience dans la Direction Générale internationale de centres de profits au sein de groupes industriels divers, de PME Français et Anglo-saxons, Frédéric Midy est en charge depuis 2 ans, de la zone EMEA (Europe Middle East & Africa), qui compte 23 filiales, 16 usines et centres logistiques, et rassemble 5 000 employés. « Lorsque l’on pilote 23 pays avec quasiment 23 nationalités différentes, le premier challenge est humain. Il faut arriver à trouver une culture et des valeurs d’entreprises communes qui puissent rassembler ces milliers de collaborateurs de cultures sociétales différentes. Je pilote aussi une équipe de direction européenne de 11 personnes avec 7 nationalités différentes. Là encore, le challenge est de créer une culture d’entreprise afin de fédérer les énergies. Mon rôle est aussi d’apporter une vision d’avenir pour les entreprises dont je m’occupe et de la clarté. » Toute en humilité, Frédéric Midy l’assure : il ne s’agit pas d’imposer la vision ou l’ambition d’un seul homme, mais celle de plusieurs personnes. « Au delà du comité de direction, c’est un groupe de leaders de l’entreprise d’environ 50 personnes (directeurs généraux et cadres), qui définit les missions et la stratégie. Ainsi, ce sont eux qui s’approprient (« Buy in ») la conduite de changements et des transformations essentielles et initient les grands projets. »

 

« Le grand changement dans la fonction de CEO, c’est l’importance de l’émotionnel et de l’humain »

INSUFFLER DE L’ÉNERGIE AUX COLLABORATEURS
Convaincu de la pertinence des décisions collégiales, Frédéric Midy n’élude pas ses responsabilités en tant que CEO. « Ma mission est de définir des objectifs clairs, d’allouer les ressources et les moyens, de donner l’énergie, de déterminer les priorités et d’assurer le rayonnement de l’entreprise à l’intérieur et à l’extérieur du groupe vis-à-vis des instances européennes et de nos actionnaires. Je privilégie un management participatif par objectif. À mes yeux, le leader doit entraîner tous les collaborateurs de l’entreprise vers une ambition, donner les raisons de croire en l’avenir, mais aussi expliquer quel est le rôle de chacun au service de la vision de l’entreprise. La contribution de chaque personne est valorisée de manière à ce qu’elle comprenne qu’elle a sa part dans le succès de l’entreprise. »

 

L’INTELLIGENCE SOCIALE, UN CRITÈRE DE CHOIX
Pour Frédéric Midy, la fonction de CEO a indiscutablement évolué ces dernières années en raison notamment du développement des nouveaux outils de communication. « Il suffit de voir la place qu’occupent actuellement les réseaux sociaux et la manière dont on s’adresse aux différents acteurs de l’entreprise en interne et en externe. La fonction de CEO n’est pas moins spontanée qu’auparavant, mais elle demande une attention de tous les instants par rapports à l’attitude et aux mots que l’on utilise. Elle est en permanence sous les feux de la rampe et soumis à un jugement sociétal. Cela peut générer chez certains dirigeants une attitude qui consiste à ne plus prendre de risques, mais ce n’est pas la bonne réaction. À l’inverse, le CEO doit être encore plus performant dans sa résistance au stress, dans l’image qu’il donne de lui et dans sa capacité à apporter une vision d’avenir. Il doit montrer comment il dirige l’entreprise et se soumettre au jugement de ses collaborateurs, mais aussi des médias sociaux sur sa façon de réagir au quotidien, d’apporter des réponses et de traiter tel ou tel dossier ou arbitrage et ça, c’est nouveau. »
À en croire Frédéric Midy, aux risques inhérents à toute entreprise, peuvent s’ajouter des opportunités de communiquer de la bonne façon et de montrer que l’on est avant tout un être humain. « Avant, le CEO était dans sa tour d’ivoire, quasiment inaccessible. Aujourd’hui, une telle attitude est un réel handicap. Cette fonction offre désormais des opportunités en matière de communication et sur la façon de rebondir pour donner un éclairage nouveau à l’entreprise. Il faut savoir conserver son ego, mais mettre son mouchoir par dessus pour entraîner toutes les équipes derrière soi. De même, en reconnaissant des erreurs, on montre que l’on se remet en cause, et que l’on tire les conclusions pour le bénéfice de l’entreprise. » Autre grand changement dans la fonction de CEO, l’importance de l’émotionnel et de l’humain. « Nous recrutons certes des personnes brillantes sur les aspects techniques, organisation, management, projets, mais cela ne suffit pas. Nous recherchons des collaborateurs émotionnellement intelligents capables de gérer ce que j’appelle l’intelligence sociale. C’est un élément décisif pour la bonne réussite de l’entreprise.

 

L’ENVIE ET LA PASSION POUR MOTEUR
En vrai passionné, Frédéric Midy l’assure : il n’y a pas de carrière réussie sans l’envie et le goût de ce que l’on fait ni sans soutien de sa famille, de son épouse. « Il faut savoir rester soi-même tout au long de sa vie sans compromis sur ses valeurs profondes et son éthique ! Certes, la formation initiale est une porte d’entrée dans l’entreprise, mais ensuite c’est l’intelligence dans les choix qui fait la différence. Il faut garder cette notion de fun, d’envie et de passion. Si l’on n’est plus passionné par ses fonctions, il faut se poser des questions et avoir le courage de partir et de tout changer dans sa vie : aller à l’étranger, se remettre en cause et accepter le regard des autres et donc la critique. Si l’on veut challenger les autres, il faut accepter d’être challengé par ses équipes. J’aime cette maxime qui me définit bien : « Hard on facts and Soft on people ».

 

CHIFFRES CLÉS
CA en 2014 : 2,7 milliards d’euros
16 200 employés
34 % du CA réalisé en Europe
30 %
en Amérique du Nord
15 % en Amérique latine
20 % en Australie et en Asie

 

F.B

 

Contact : ilambeau@aliaxis.com