Première femme nommée directrice générale internationale de L’Oréal Paris, première marque de cosmétiques mondiale, Delphine Viguier (AgroParisTech 96) a à cœur de défendre et d’encourager l’empowerment féminin. Une volonté en adéquation avec les valeurs de la marque iconique qu’elle représente. Elle se confie sur son parcours, ses actions et ses réussites. 

 

Depuis le 8 mars 2020, le programme Stand Up contre le harcèlement de rue, créé et financé par L’Oréal Paris, avec l’appui de l’ONG HollaBack ! s’affiche dans les lieux publics. « Le but est de former les gens dans le monde entier à réagir en cas de harcèlement de rue. Le harcèlement est la première atteinte à la liberté de la femme : si on empêche une femme de marcher dans la rue, on l’empêche de s’accomplir », affirme Delphine Viguier. C’est sous la direction de cette business woman de 48 ans, première femme nommée directrice générale internationale de L’Oréal Paris en juin 2019, qu’a été lancé ce programme, sa « plus grande fierté ». « Ce programme ne fait pas partie de ma job description mais c’est ce que je devais faire. Ce pas supplémentaire permet à la marque d’avoir un impact positif sur la société. »

 

Stand Up, une campagne contre le harcèlement de rue : la marque de cosmétique et l’ONG HollaBack ! se sont unis pour apprendre aux hommes et aux femmes comment lutter contre le harcèlement de rue. Le programme Stand Up, implémenté par la Fondation des femmes en France propose des gestes simples, mais déterminants, qui permettent d’intervenir en toute sécurité lorsqu’on est victime ou témoin de harcèlement de rue. Fin octobre, plus de 55 000 personnes avaient appris à réagir face au harcèlement de rue avec Stand Up.

Diversité et empowerment

Avoir un impact positif sur la société, justement. Une aspiration à laquelle tient particulièrement Delphine Viguier et qu’elle retrouve dans les valeurs de la marque : « Chez l’Oréal, nous fonctionnons à la méritocratie, liée à la performance et aux qualités en tant que collaborateurs. Il n’y a pas de plan de carrière automatique, affirme Delphine Viguier. La diversité représente également un pilier fort au sein de la marque : « L’Oréal Paris est obsédé par le fait d’avoir dans ses équipes des gens de tous milieux, nationalités, pays et visions possibles afin d’être à l’image de ses consommateurs dans le monde. »

Le Groupe s’est également attaché à faire de l’égalité femme / homme une réalité au cours des 15 dernières années. « En 2007, nous avions mesuré les écarts de rémunération entre hommes et femmes et ils étaient de 10 %, informe Delphine Viguier. Aujourd’hui, nous avons atteint l’égalité de salaire, un taux de 64 % de femmes managers et il y a autant de femmes que d’hommes au sein du comité exécutif. »

En parallèle de leur vision des ressources humaines, L’Oréal Paris a à cœur de défendre des causes fortes, afin d’améliorer la société et la planète d’aujourd’hui « Avec L’Oréal for the Future, nous nous engageons à diminuer de 50 % notre empreinte carbone d’ici 2030 et à être neutre en carbone en 2050 », explique-t-elle. Nous sommes la seule entreprise au monde reconnue pour la 3e année consécutive leader mondial en matière de développement durable, avec une notation AAA.* »

Et bien sûr, le soutien de la marque à l’empowerment féminin, qui passe notamment par le choix de leurs égéries. « Des  femmes d’exception comme Eva Longoria ou Viola Davis, choisies pour leur talent, leur puissance et leur intelligence !  »

« Inspirer d’autres femmes »

Delphine Viguier a fait toute sa carrière chez L’Oréal où elle est entrée en 1997 après l’obtention de son diplôme d’ingénieure agronome à l’Institut national agronomique Paris-Grignon. Si elle confie ne pas avoir connu plus de difficultés qu’un homme pour accéder à des postes de direction, elle avoue « être dans un univers privilégié chez L’Oréal. Je sais que ce n’est pas forcément pareil dans toutes entreprises. »

Elle souhaite d’ailleurs que son parcours inspire d’autres femmes. « Nous sommes une marque qui opère dans beaucoup de pays et dans certains, les femmes sont sous-représentées dans les décisions politiques, sociales, économiques ou encore artistiques. J’aimerais donc me servir de ma position pour encourager d’autres femmes à poursuivre des études, à ne pas s’autolimiter, à avoir de l’ambition, à vouloir réussir dans des métiers comme l’ingénierie, la physique et les métiers industriels. »

Et son statut de femme à la tête d’une marque iconique est pour elle un plus pour porter des messages d’empowerment. « Etre un homme ou une femme pour diriger une marque de cosmétique, peu importe. Mais en revanche, une femme qui porte un message sur l’empowerment féminin c’est plus facile : je suis forcément plus à l’aise car je puise dans mon expérience, mon ressenti. »

« Les métiers ne devraient pas être genrés »

« Pour moi, ils n’y pas de métiers masculins ou féminins : les postes dans les entreprises ne devraient pas être genrés ». D’ailleurs, la directrice générale aime à raconter une anecdote. « Le comité exécutif du groupe a changé : Nicolas Hieronimus devient directeur général et Barbara Lavernos, directrice générale adjointe. Elle est ingénieure, elle a été patronne d’usine et lui a fait du marketing, il a développé des produits dont des rouges à lèvres et des soins du visage. C’est inattendu, car on aurait plutôt pensé l’inverse, explique Delphine Viguier. Ce sont deux personnes qui m’inspirent et pour lesquelles j’ai le plus grand respect. »

Et le rôle de la cosmétique, dans l’empowerment féminin ? « Chez L’Oréal Paris, on est convaincu que la beauté est un pouvoir et n’est pas d’un seul type : à chacun d’exprimer sa beauté, expose Delphine Viguier. On la voit en tout cas comme un moyen de prendre de l’assurance, et même comme une armure à utiliser dans sa vie sociale. »

 Le message Girl Power de Delphine Viguier

« Soyez plus ambitieuses, plus sûres de vous, enlevez-vous les barrières internes qui nous font croire que l’on n’est pas assez compétentes. Une femme attend d’avoir 90 % des capacités pour candidater à un poste quand un homme postule lorsqu’il estime en avoir 40 à 50 %. Ces barrières sont dues à des années d’éducation. Il faut se rappeler qu’on n’a pas voté en même temps que les hommes, qu’il y a encore 60 ans, il fallait l’autorisation de son mari pour ouvrir un compte en banque. La société change et doit changer plus vite.

Et enfin, quel que soit le secteur que vous envisagez, il n’y a pas de futur sans engagement fort dans le développement durable. Quand on débute une carrière, il faut se choisir une raison d’être, un positionnement, une passion et un engagement. Celui pour le développement durable est utile et très enrichissant sur le plan personnel. »

 

 

* Chaque année, plus de 6 800 entreprises mettent à disposition du CDP leurs données liées à leur impact environnemental pour qu’une évaluation indépendante ait lieu suivant la méthode de calcul propre à cet organisme. Les entreprises reçoivent ainsi des notes allant de A à D – attestant de l’efficacité de leurs mesures de lutte contre le changement climatique, de leur engagement contre la déforestation, et de leur bonne gestion de l’eau.