« L’année commence et c’est à chaque fois une renaissance ». Un terme que Georges Haddad, président de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, n’a sans doute pas choisi au hasard après une année 2017/2018 marquée par la mise en place de ParcourSup et l’occupation du centre Pierre-Mendès-France (ex-Tolbiac). À l’occasion de la première conférence de presse de l’année, il est revenu le 14 septembre dernier sur les sujets les plus touchy de la rentrée.

 

ParcoursSup… et après ?

Avec plus de 100 000 demandes pour 6 000 places en L1, Paris 1 est la première université en termes de sollicitations au niveau Licence. Dans ce cadre « passer d’APB à ParcourSup n’a pas été évident », insiste Georges Haddad. « Il a fallu s’atteler à ce travail colossal avec courage, vigilance et énergie. Malgré la brutalité de ces changements (que j’ai dénoncée dans les médias), cela nous a permis de repenser notre mission et ce contrat qui nous lie avec les jeunes pour les amener à la réussite. Car avec ParcourSup notre devoir de réussite est encore plus grand vis-à-vis des étudiants : elle ne s’évalue pas que par des notes, mais aussi par des méthodes d’évaluation plus humanistes et une vision plus accomplie du parcours universitaire. »

Étudiant recherche université désespérément

Avec un tel niveau de demande, comment satisfaire le plus grand nombre d’étudiants ? « Si quasi toutes les filières sont en tension (et plus encore pour le Droit, l’Économie ou la Gestion), l’Université a fait de gros efforts pour créer 680 places en L1. À ce jour toutes nos formations affichent complet et font l’objet de listes d’attente (sauf l’Histoire et la Philosophie). Si les amphis sont déjà pleins, la clôture des inscriptions administratives le 27 septembre devrait libérer quelques places », précise Alice Le Flanchec, VP de la CFVU.

« Nous ouvrons cette année, avec optimisme, espoir, vitalité et force, toujours dans cet esprit de servir qui donne du sens à notre existence. Chaque année et quoi qu’il advienne, nous accueillons toujours les jeunes avec le sourire pour leur donner le meilleur de nous-mêmes » Georges Haddad, Président de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Europe et SHS : de l’innovation plein les amphis

Une rentrée que l’Université souhaite mettre sous le signe de l’innovation. En partenariat avec cinq établissements européens, elle porte par exemple le projet d’université européenne Una Europa, qui vise à renforcer la structuration de l’Espace européen de l’Enseignement supérieur et de l’Espace européen de Recherche. Son ambition : accroître la mobilité des étudiants et des équipes, mettre en place des écoles d’été et des événements conjoints, promouvoir les innovations pédagogiques…

Paris 1 souhaite également mettre les SHS à l’honneur. Ses premières Assises de la recherche auront d’ailleurs lieu du 10 au 15 décembre 2018. L’occasion pour l’Université de remettre trois doctorats honoris causa. Fait assez rare pour le signaler : pour la première fois en 50 ans, deux seront remis à des femmes s’illustrant au plus haut niveau de la recherche. Autre thématique chère à Georges Haddad mise à l’honneur dès 2020 : l’université et la paix.

Tolbiac, emblème de la rentrée

Amphis rénovés, tags effacés : Tolbiac a profité de l’été pour faire peau neuve après les contestations et les occupations qui ont émaillé le printemps 2018. « Je tiens à remercier la ministre Frédérique Vidal qui a tenu ses engagements. Nous avons reçu la somme que nous lui avions légitimement réclamée (soit 1.7 M€) pour couvrir les frais liés à l’occupation (délocalisation des examens, gardiennage, primes versées au personnel) ainsi que les travaux de réfection et de sécurisation des bâtiments. Des portes ont été blindées, des accès repensés, mais sans excès de « bunkerisation ». Il ne s’agit pas de transformer Tolbiac en établissement pénitentiaire, c’est un lieu de bien vivre », insiste Georges Haddad.

Cap sur Sorbonne Alliance

Autre projet d’envergure pour l’Université : Sorbonne Alliances. Et en l’espèce, point de fusion, point de ComUE : Paris 1 Panthéon-Sorbonne mise sur l’alternatif. Avec ESCP Europe, l’Ined et la FMSH, l’université a en effet opté pour une structure plus libre et sans chef de fil, fonctionnant sur un modèle associatif. « Avec Sorbonne Alliances, nous souhaitons atteindre une taille critique sans restreindre notre liberté. Il n’y a pas d’espace d’enseignement supérieur sans liberté, tout ce qui rajoute de la bureaucratie me trouvera sur son chemin », affirme Georges Haddad.

Le grand challenge de Paris 1 ? Le m² !

Avec 25 sites répartis à Paris et en Ile-de-France, Paris 1 est pourtant l’université la moins bien dotée en mètres carrés : 2 m² seulement par étudiant. Pour pallier cette situation, elle mise sur l’extension. Avec le campus Condorcet tout d’abord, un « Harvard français » ayant pour vocation de devenir un pôle de référence internationale pour la recherche en SHS dès son ouverture en juin 2019. Le campus Lourcine ensuite, une ancienne caserne de 10 300 m² où seront aménagés des espaces de cours, de recherche et une bibliothèque universitaire de 2 000 m².