Après trois ans d’études scientifiques, Romain Gandolphe, 27 ans, abandonne tout pour suivre sa passion : l’art contemporain. Il se forme à l’ENSBA (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts) de Lyon où il poursuit aujourd’hui un cursus en recherche. Il partage avec nous son goût pour la performance et l’art conceptuel.

 

La parole, le mot, le langage, le vécu, tel est l’univers artistique de Romain. Ses œuvres ne sont pas visibles dans un musée, puisqu’il s’expose lui-même comme vecteur de l’art à travers ses performances : « je m’inspire de ce que je vois et de ce que je vis. Parfois je crée moi-même une expérience, parfois un événement anodin est le point de départ d’une de mes œuvres. Ce goût pour la performance m’est venu après un examen où j’ai décidé de ne pas présenter d’œuvre, mais de la raconter de manière suffisamment détaillée pour que le jury puisse l’imaginer. Et ça a marché ! »

 

« Ma performance me permet de déambuler dans le paysage du far west, à travers le pare-brise de ma voiture, j’ai face à moi un vrai décor de cinéma » 

 

À la recherche d’Inert Gas Series

En septembre 2016, Romain a reçu le prix des Partenaires de l’ENSBA Lyon qui lui a permis de financer son projet : partir à la recherche du lieu de « Inert Gas Series », une œuvre d’art éphémère de Robert Barry. L’artiste avait placé une bombonne de gaz au milieu du désert américain, dans les années 60. Romain y a mené une expédition de deux semaines durant laquelle il s’est filmé, afin de retrouver le cadre de l’œuvre. « Ma performance est une quête impossible. Je veux retrouver une œuvre qui n’existe plus. J’ai roulé pendant deux semaines en m’arrêtant de nombreuses fois pour marcher, j’étais dépassé par la nature. Ma performance me permet de déambuler dans le paysage du far west, à travers le pare-brise de ma voiture, j’ai face à moi un vrai décor de cinéma. »

 

Une performance ratée ?

Pour Romain, même si cette performance n’est pas un succès, la recherche serait plus le but que la découverte du lieu de l’œuvre. « Ce n’est pas la première fois que j’y vais et je compte y retourner. C’est vraiment une recherche qui se satisfait de sa recherche. Je serai triste le jour où je trouverai le lieu de cette œuvre car cela signifierait la fin de ma performance. »

 

L’avenir de Romain : performance, voyages et enseignement

Romain ne se ferme aucune porte. Dans les cinq prochaines années, il s’imagine voyager, continuer son art et sa performance autour de la parole, comme il l’a fait pour le Salon de Montrouge 2017. « J’ai envie de bouger, j’ai adoré mes 6 mois d’échange à Montréal et il y a tellement de villes qui me plaisent. Pour l’instant, j’enseigne lors d’un workshop de quatre sessions dans un lycée de Grenoble, mais dans un second temps, j’adorerais enseigner à des étudiants. J’adore parler de mon art, c’est ma passion absolue. »

 

L’amour de l’art

Pour Romain, il faut avoir vécu avant de rentrer dans une école d’art. « Il faut arriver avec une personnalité, du vécu et c’est ce qui manque aux étudiants qui postulent après le bac. Il faut avoir un véritable projet. De nombreux jeunes diplômés débutent par des « jobs alimentaires », et ce n’est pas toujours facile. Il faut choisir une école d’art pour l’amour de l’art. »

Ta personnalité en 3 mots ? Joueur, Bavard, Enthousiaste

L’art et toi :

– Une discipline artistique ? La performance

– Un artiste que tu admires le plus ? Paul McCarty

– Celui qui t’inspire le plus ? Lawrence Weiner

– Une œuvre qui t’émeut ? L’œuvre dont je cherche le lieu : Inert Gas Series (de Robert Barry)

– L’œuvre que tu aurais aimé réaliser ? The Artist is Present – Marina Abramovic