Handicap, orientation et études supérieures. A l’occasion de la 8e Edition du Challenge du Monde des Grandes Ecoles et Universités, Christian Grapin, Directeur de TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises dresse un état des lieux de la situation avec Pascale Ribon, Directrice de l’ESTACA et Présidente de la Commission Diversité de la CGE, Clotilde Marseault, Chargée de mission Vie étudiante et Vie de campus à la CPU et deux étudiants en situation de handicap.

Le handicap, une thématique devenue centrale

Pascale Ribon insiste d’abord sur le travail collaboratif entrepris depuis 10 ans par les 200 écoles de la CGE qui comptent toutes un référent handicap aujourd’hui. Une dynamique qui s’accompagne d’une prise de conscience de la diversité DES handicaps (beaucoup d’entre eux étant invisibles) et par une meilleure prise en compte des enjeux de la formation de l’ensemble de la communauté des grandes écoles (étudiants, professeurs, personnels administratifs…) aux handicaps. Une démarche évidemment partagée par la CPU, dont les universités membres accueillent aujourd’hui près de 16 500 étudiants en situation de handicap (contre 4 800 en 2000).

Conseils aux lycéens en situation de handicap

Pascale Ribon insiste, « la première chose à faire quand on a un projet d’études, c’est de prendre contact avec l’école qu’on veut intégrer pour discuter avec son référent handicap de sa situation et des adaptations qu’elle implique. » Car cacher son handicap c’est courir le risque de s’enfermer malgré soi dans la spirale de l’échec. « Quand on veut entrer à l’Université, on peut également s’appuyer sur le site www.handi-u.fr » ajoute Clotilde Marseault. « Mais il ne faut pas qu’une situation de handicap implique des obligations supplémentaires : ces étudiants ont le droit de ne pas savoir ce qu’ils veulent faire. Aborder ses choix d’orientation et son handicap en même temps permet que tout soit mis en place pour être accompagné dans son cheminement », insiste-telle.

(c) 4ventsgroup

Un accès aux bâtiments et aux savoirs

L’accompagnement de ces étudiants en situation de handicap va évidemment de pair avec celui du corps enseignant. Car entre les ardents défenseurs du principe d’égalité entre les étudiants et ceux qui «  en font trop », la bonne attitude à adopter n’est pas toujours évidente. «  Si des mesures de compensation doivent être mises en place, il ne s’agit pas de donner plus : la dispense de cours c’est la fausse bonne idée » insiste la représentante de la CPU. Ainsi, un futur ingénieur chimiste que sa situation de handicap empêche de manipuler le matériel nécessaire aux expériences n’a pas à être dispensé de TD dès lors qu’il sait expliquer quoi faire à quelqu’un qui le fera sa place.

Johanna Bahoya, en 2è année de Lettres Modernes et Sciences des Langues à l’Université Paris Ouest La Défense

« Pour les gens, une personne à mobilité réduite (PMR) c’est forcément quelqu’un en fauteuil. Moi, mon handicap ne se voit pas et pourtant je suis une PMR. Si je suis obligée de prouver tout le temps mes besoins, j’ai appris à sourire et à dire que ce n’est pas grave. Même si parfois je me trouve dans des situations compliquées. Par exemple, quand je montre ma carte prioritaire à la cantine, il arrive qu’on ne me croie pas. »

Alexandre Guedj, en cycle Ingénieur Technology for Finance à l’EFREI

« Je suis diabétique de type 1 et j’ai une pompe à insuline sur moi. Après 6 mois d’études de médecine où on m’a refusé toute adaptation sous prétexte que je n’avais pas « un handicap majeur », j’ai rejoint l’EFREI où j’ai été très bien accompagné. Mais malgré tout, ce n’est pas toujours facile d’expliquer mon handicap. Un jour ma pompe a sonné en cours et le professeur était persuadé que j’utilisais mon portable. »

Clarisse Watine