Vous voulez construire une carrière technique sans vous enfermer dans une seule spécialité ? Suivez le parcours de Nicolas Marcou, (X 96), Directeur technique Coopération Européenne et Règlementation de Sécurité à la DSAC, rattachée à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Une trajectoire guidée par la technique, la curiosité et l’envie de servir l’intérêt général.
Votre histoire avec l’aéronautique a commencé bien avant l’X…
Mon père a fait toute sa carrière à la DGAC. Il était passionné d’aéronautique et il a piloté toute sa vie. Dès l’âge de 7 ans, je l’accompagnais aux meetings du Bourget ou de La Ferté-Alais. J’ai grandi dans cet univers, mais, ce qui m’a attiré, c’est davantage la dimension technique et scientifique.
La DGAC c’était donc une évidence ?
J’ai toujours aimé l’aéronautique et le spatial et l’aviation civile m’a offert un terrain exceptionnel. Ce qui m’attirait, c’était aussi la notion de service public, protéger le passager et permettre à l’industrie de se développer en toute sécurité. Mon parcours s’est axé autour de deux grands domaines : le contrôle aérien et la sécurité. J’ai commencé au Centre d’études de la navigation aérienne, puis plus tard, j’ai travaillé au centre régional de navigation aérienne Nord (CRNA/N) de Paris. Mon intérêt pour les enjeux de sécurité aérienne a commencé au BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile), au département Investigations. J’ai aimé le caractère transversal des enquêtes. Puis, à la DSAC (Direction de la sécurité de l’aviation civile), j’ai occupé plusieurs fonctions : dans la certification et la surveillance des aéroports, puis comme directeur du programme drones et aujourd’hui dans la réglementation de la sécurité. J’ai voulu rester proche de la technique, même lorsque j’ai pris des responsabilités de management.
Quel est votre rôle à la tête de la réglementation de sécurité ?
Le transport aérien est, comme le nucléaire, un système ultrasûr et progresse continuellement dans le sens de la prévention des accidents : règles, procédures, formation, certification des équipements… Ma direction compte une vingtaine de personnes et travaille sur quatre grands domaines de réglementation : la sécurité aéroportuaire, les opérations, la navigabilité et les licences. Une grande partie de notre activité se situe au niveau européen, avec l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA). Nous contribuons à faire évoluer les normes et les règlements en essayant de trouver le bon équilibre : garantir un niveau de sécurité très élevé, tout en ayant des règles proportionnées et applicables pour les acteurs concernés.
Quels sont les défis qui vont transformer votre métier ?
L’aviation est confrontée depuis une dizaine d’années à une remise en question très forte sur son impact environnemental. Les constructeurs travaillent depuis des décennies à réduire la consommation de carburant, mais nous devons continuer à progresser, notamment sur les carburants durables et les nouvelles technologies. Le défi est de réussir cette transition, tout en conservant un écosystème aérien compétitif. La cybersécurité et l’IA nous obligent à réfléchir la sécurité autrement. Mais l’aérien a encore de beaux jours devant lui. Au-delà du rêve d’Icare, il permet de rapprocher les peuples, de dialoguer et de favoriser la compréhension mutuelle.
Dans ce contexte, quelles opportunités pour les jeunes X ?
La DGAC continue d’accueillir des ingénieurs issus de l’X et du corps des Ponts. Ils rejoignent l’une des directions de DGAC souvent comme chargé de mission, puis évoluent vers des postes d’encadrements, chef de pôle ou de centre de contrôle, puis des postes de directions. Une trajectoire qui permet de conserver une forte dimension technique, tout en prenant progressivement des responsabilités managériales.
Vos conseils aux jeunes passionnés d’aéronautique ?
Restez curieux. J’ai accepté des postes dont je ne connaissais pas forcément le domaine au départ. C’est en changeant d’environnement que l’on construit des compétences multiples. Allez vers les sujets qui vous intéressent, même lorsqu’ils vous obligent à sortir de votre zone de confort.

X 96. « Durant ma première année à l’X, j’ai participé à des missions en mer en Afrique. Passionné de physique, j’ai adoré l’enseignement de haut niveau proposé par l’école. Quand on parle à des X, même des années plus tard, on constate qu’ils ont souvent gardé cette fibre scientifique même sans travailler dans un domaine technique ».
Contact : nicolas.marcou@aviation-civile.gouv.fr