Selon l’Enquête Deloitte Tendances RH 2018, 70 % des entreprises considèrent la RSE comme importante. Les entreprises dont les dirigeants collaborent activement ont même 26 % de chance supplémentaires d’obtenir une croissance de 10 % supérieure à celles où les dirigeants travaillent en silos. La RSE serait-elle en passe de devenir la baguette magique de l’entreprise du 21e siècle ?

 

Elle lui permet en tout cas de séduire. En effet, 73 % des entreprises déclarent que les dispositifs de bien-être au travail sont essentiels pour fidéliser leurs collaborateurs. Une empreinte sociale dont l’assise n’est pas seulement liée à une prise de conscience collective. C’est aussi un outil business imparable et le fruit d’une réflexion économique rationnelle. 30 % des entreprises déclarent ainsi avoir mis en place des programmes sociaux essentiellement pour développer leur marque employeur, 18 % pour fidéliser leurs salariés et 18 % pour améliorer leur image de marque.

L’entreprise citoyenne : utopie ou véritable alternative business ?

Caroline de la Marnierre – @Portrait 2.0

Ni l’un, ni l’autre ! « Dire que beaucoup d’entreprises sont des entreprises citoyennes, c’est faux. Mais dire qu’elles ne le sont pas et ne le seront jamais n’est pas vrai pour autant. Le train est parti, elles tâtonnent et avancent de façon très empirique dans un écosystème qui n’a jamais été si complexe et paradoxal. Aujourd’hui les patrons doivent piloter à vue entre pression du très court terme (concurrence, règlementation, marchés financiers…) et établissement d’un cap à moyen et long terme » commente Caroline de La Marnierre, DG & Fondatrice de l’Institut du Capitalisme Responsable.

Ready for RSE ?

Mais si les dirigeants ont pleinement conscience de l’impériosité de faire de la RSE un pilier de leur stratégie, sont-ils vraiment prêts à se lancer dans l’aventure ? « Leur prise de conscience est assez récente mais sincère et réelle. La première étape est franchie mais encore faut-il réussir à embarquer le ComEx et les patrons de BU. » Et pour cela rien de mieux que la preuve par l’exemple. Seul hic : la mise en œuvre des actions RSE est un voyage au long court… et les Millennials, des impatients chroniques ! « Des entreprises ont des partis-pris très forts et engageants qui engendrent des investissements lourds. Air Liquide revisite complètement ses modes de production pour intégrer des contraintes environnementales, ENGIE s’engage à ne plus construire de centrales à charbon, Suez place la révolution des ressources et la recyclabilité au cœur de son business model… Mais leurs collaborateurs n’ont pas toujours conscience de l’engagement de la gouvernance sur ces enjeux. Un maitre-mot s’impose : pédagogie ! Il est impératif de déminer les zones d’incohérence pour susciter crédibilité et confiance. Car les Millennials  préféreront toujours la vérité à la perfection », conclut Caroline de la Marnierre.