L’impesanteur telle qu’elle est vécue par les astronautes dans l’espace, c’est ce qu’ont vécu quatre étudiants de Télécom SudParis. Lauréats du concours Parabole 2016 du CNES, ils décollaient le 5 octobre dernier pour un vol en impesanteur à bord de l’A310 Zero-G de Novespace. – Par Roman Mouchel et Claire Davin

 

 

Un concours pour devenir astronaute d’un jour

Tous les ans, le CNES ouvre son programme de vols habités en impesanteur dits « paraboliques » via un appel à projet qui, pendant 3 mois, a mis en compétition dans toute la France des projets exploitant à bon escient la vraie impesanteur. Le jury de l’édition « Parabole 2016 » a choisi trois équipes, dont Télécom SudParis, afin de les transformer en astronautes d’un jour. Pour Claire, Roman, Natan et Adrien de Télécom SudParis, l’aventure spatiale est passée du rêve à la réalité.

Expérimentation avec tablette en phase d’impesanteur ©Novespace

Expérimentation avec tablette en phase d’impesanteur ©Novespace

L’effervescence de la campagne scientifique

Après l’écrémage du CNES, 13 équipes scientifiques représentant l’excellence de la recherche, dont trois issues du concours étudiant, ont pris part à la campagne de vols en impesanteur qui a duré deux semaines. Après près d’un an à développer leur expérience, l’équipe de Télécom SudParis est arrivée le 27 septembre à Novespace. Bientôt l’apogée : il leur fallait embarquer pour l’expérience et faire les contrôles finaux sous l’oeil expert des ingénieurs de Novespace. Le 3 octobre, les étudiants étaient prêts et un dernier briefing organisé afin de respecter des consignes strictes pour ce vol hors du commun prévu le 5 octobre.

 

Le vol parabolique, une spécialité française

C’est avec le Zero-G que Novespace filiale du CNES réalise ces vols exceptionnels. Cet A310 est spécialement aménagé pour accueillir les chercheurs et leurs expériences en impesanteur, il s’agit du plus grand avion au monde dédié à ce type de recherche. Novespace, présidé par l’astronaute français de l’ESA Jean-François Clervoy, a initié les vols paraboliques en Europe et organise environ 6 campagnes par an. Depuis 1989 plus de 10 000 chercheurs ont connu l’impesanteur, dont désormais l’équipe de Télécom SudParis.

Le Zero-G en fin de parabole ©Novespace

Le Zero-G en fin de parabole ©Novespace

Le baptême de l’espace

Après l’injection de scopolamine, pour éviter le mal des transports, Roman et Adrien, deux élèves-ingénieurs sont montés à bord du Zero-G. L’ambiance était calme mais chacun est resté concentré sur sa mission. La sonnerie a résonné, le pilote a annoncé la première parabole, l’atmosphère s’est figée et chacun a guetté le passage en impesanteur. Soudain l’étreinte de la gravité a disparu et, comme dans un rêve, nos deux apprentis astronautes se sont envolés en même temps qu’autour d’eux s’élèvaient de minuscules débris de plastique oubliés, restant en suspension tels des satellites miniatures.

L’info en plus
Le Zero-G contribue aux avancées de la recherche, au développement d’équipements spatiaux et à l’entrainement des astronautes comme Thomas Pesquet qui vient de rejoindre l’ISS. Le CNES l’utilise aussi à des fins ar tistiques et éducatives, ainsi ont embarqués avec Télécom SudParis la compagnie d’arts Vulpès et le Youtuber Experimentboy.

 

Expérimenter tout en flottant dans les airs

Il a tout de même fallu à Roman et Adrien accomplir leur mission : étudier l’impact physiologique de l’impesanteur et le comparer avec celui d’un homme habitué à cet état, Sébastien Rouquette responsable des vols paraboliques au CNES. Pour leurs mesures ils ont utilisé un casque EEG pour l’activité cérébrale, un oxymètre pour le rythme cardiaque, des accéléromètres pour la motricité ainsi qu’une tablette pour le contrôle musculaire fin. Le vol a été éprouvant physiquement mais les tests ont été un succès. Pour Roman et Adrien l’impesanteur restera une expérience spatiale gravée à jamais dans leur mémoire.

 

Capture d’écran 2017-01-09 à 12.48.05Ça m’éclate parce que…
On a pu rencontrer des vrais passionnés de la recherche et de l’espace. Des chercheurs, des ingénieurs, des artistes aux personnalités aussi extraordinaires que le contexte où nous nous trouvions.
Un + pour demain ?
C’était un véritable projet d’expérience à construire de A à Z et sous toutes ses facettes tant scientifiques qu’évènementiels. C’était donc l’occasion de travailler et d’apprendre avec une grande variété de partenaires provenant d’horizons très différents.
Le détail qui tue ?
Nous avons pu tourner une vidéo avec Jean- François Clervoy astronaute de l’ESA et président de Novespace. Une rencontre exceptionnelle tant Monsieur Clervoy a un vécu impressionnant (3 missions dans l’espace pour la NASA) et un caractère très sympathique, c’est une rencontre dont on se souviendra longtemps.

 

 

Contact :
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roman.mouchel@telecom-sudparis.eu