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#SuccesStory Pascal Cagni, président du conseil d’administration de Business France

© Renaud Khanh
© Renaud Khanh

Le leadership de la France : il y croit ! En tant que Président du conseil d’administration de Business France, Pascal Cagni met en avant les atouts de la France auprès des entreprises internationales. Un rôle d’ambassadeur après une carrière impressionnante au sein des plus grandes entreprises internationales, en France et à l’étranger. Retour sur une success story d’où tirer de multiples leçons de vie.

« Ne suivez pas l’ordre établi et questionnez le statu quo ». Une phrase comme fil conducteur de la carrière de Pascal Cagni qui a souvent fait des choix à l’inverse de ce que l’on attendait de lui. Après sept années d’études dont un MBA à HEC Paris, le jeune homme de l’époque se dirige d’abord vers le droit au sein du Cabinet Borloo et réalise son rêve de vivre à l’étranger. « J’ai fait un stage au Crédit Lyonnais en Californie, j’ai découvert la Silicon Valley et le quotidien des avocats dans de grands cabinets. Ils travaillent 24h/24, 7j/7, je me suis rendu compte que je ne voulais pas faire ce métier » se rappelle-t-il.

Les débuts dans l’informatique

De retour en France, il rejoint l’entreprise de conseil en stratégie Booz Allen & Hamilton qu’il quitte pour rejoindre son épouse partie étudier la psychiatrie en Abitibi-Témiscamingue au Canada mais avec un job dans la banque d’investissement chez Suez ! Alors qu’il ferme des pourvoiries (refuges) dans le Nord Canadien à l’entame de l’hiver, le « Black Monday », krach boursier du 19 Octobre 1987 implique un retour en France sans emploi ! Des amis d’HEC, cadres dirigeants de Texas Instruments, lui suggèrent de découvrir la vraie vie sur le « terrain » et de devenir Ingénieur Commercial dans le monde nouveau de la micro-informatique. Alors qu’il est un jeune consultant surdiplômé, il commence déjà à s’éloigner d’une carrière toute tracée pour rejoindre Compaq Computer basé dans la zone d’activités des Ulis, en face des bureaux de Microsoft. « Je rencontre des personnes formidables, je noue des amitiés solides, nous franchissons notre premier milliard de francs de chiffre d’affaires et découvre une révolution en marche. »

Authentique

Chez Compaq, Pascal Cagni découvre la vente, et en tire, à postériori une première leçon. « J’ai refusé de nombreuses opportunités et me suis détaché de l’idée du statut prestigieux de l’avocat, de l’idéologie dominante qui veut que lorsque l’on est jeune, sortant des grandes écoles, il faut faire du conseil en stratégie ou de la banque d’investissement. Je suis revenu à des choses plus simples, vraies, authentiques, formatrices : être vendeur, en rejoignant David pour se battre contre le Goliath du marché, IBM. Mon parcours était presque une aberration et a surpris mon entourage. »

Après quatre ans chez Compaq, Pascal Cagni quitte, à 28 ans à peine, le confort d’une place de directeur marketing pour développer une société d’éditeurs de logiciels : la Software Publishing Company (SPC). D’abord à Paris puis à Nice, où il crée la branche Europe du Sud, et enfin à Londres pour diriger la région Europe de l’entreprise. « A 30 ans j’ai dû apprendre l’italien, vivre en anglais, résider à l’étranger et pratiquer l’Europe. »

Changement en décor en 1995, quand il rejoint Packard Bell, pionnier du micro-ordinateur domestique, où il participe à l’établissement d’une unité de production sur un ancien site Bull, à Angers, qu’il fait grandir jusqu’à atteindre plus d’un milliard de chiffre d’affaires et 3 000 salariés sur place. « Un vrai challenge : j’ai pris des responsabilités énormes, j’ai beaucoup travaillé pendant cinq ans, à une époque où nous avons eu notre quatrième enfant » raconte-t-il.

Directeur Général d’Apple Europe

Jamais là où on l’attend, à 36 ans, Pascal Cagni décide de prendre sept semaines de « congés » pour suivre un Executive MBA à Stanford. « Après cela, et même si j’avais eu beaucoup de succès avec Packard Bell, je commence à écouter les sirènes des chasseurs de tête. Dell me propose d’être leur patron Europe, j’hésite mais démissionne finalement de chez Packard Bell avant Noël 1999 ». C’était sans compter sur le destin qui met sur la route de Pascal Cagni un autre chasseur de tête qui lui parle d’Apple. « A l’époque, fin 1999, Steve Jobs était inconnu du grand public, Apple était un peu le « looser » alors que Dell était leader sur le marché et me proposait un super contrat basé à Austin, Texas. Je refuse donc le poste chez Apple… Mais ils insistent ». Intrigué Pascal Cagni fait l’aller-retour en Californie à One Infinite Loop, Cupertino, qu’il quitte pour aller rencontrer Steve Jobs en personne, alors en vacances à Hawaï au Kona Village. « On passe cinq heures à faire le tour de la plage, à parler produits, stratégie, développement… ». Pascal Cagni fait appel à son entourage pour prendre sa décision : parmi tous ses proches, un seulement lui conseille de rejoindre Apple plutôt que Dell. Mais fidèle à ses convictions, il fait finalement pencher la balance en faveur de la marque à la pomme. « J’étais plus proche de la culture d’Apple. Et puis, devenir le directeur de la région Europe d’Apple me permettait de rester en Europe, près de mes proches et de mon père en fin de vie notamment. Pour moi, la vie personnelle doit toujours passer avant la vie professionnelle ».

>>> A lire aussi : Enquête leadership

A 38 ans, Pascal Cagni devient donc patron d’Apple Europe, Moyen Orient, Inde et Afrique (EMEIA) et permet à sa région de réaliser la plus forte croissance du groupe, passant de 1 à 40 milliards de chiffre d’affaires, et participe au lancement de produits incontournables comme l’iPod, l’iPhone ou l’iPad. « Grâce au succès d’Apple, j’ai acquis une vraie indépendance financière. J’aurais dû prendre la tête d’un grand groupe, devenir mon propre patron…mais je suis resté chez Apple pendant près de 13 ans. » Soucieux de rester au contact de la révolution numérique en cours, il quitte ensuite la marque devenue iconique pour débuter une nouvelle page de sa carrière. « J’ai créé le fonds d’investissement C4 Ventures en 2014, d’abord à Londres avec C4 Ventures I, puis à Paris avec C4 Ventures II, fonds agréé par l’AMF[1], lancé avec succès pendant le premier confinement de 2020. Nous avons investi dans plus de 40 entreprises avec une performance exceptionnelle : un investissement sur cinq a déjà atteint le statut de licorne. L’idée est de pouvoir contribuer, par le financement et un accompagnement opérationnel très fort, à la croissance de startups qui ont le potentiel de changer des vies, d’améliorer les process et de bousculer des industries en se fondant sur des technologies avancées (intelligence artificielle, Web3, blockchain, ordinateur quantique) aux premières loges de la renaissance de l’entrepreneuriat français et du succès de la tech européenne ».

Promouvoir la France auprès des entreprises étrangères

Et c’est finalement en 2017, après une carrière dans des entreprises étrangères, après 13 ans passés à l’international, qu’il décide de mettre son expérience au service de l’attractivité française et est nommé président non-exécutif de Business France et Ambassadeur délégué aux investissements internationaux. « Ayant vécu à l’étranger, j’ai pu observer un vrai French bashing, notamment à cause de la guerre en Irak, ajouté au fait que les Français ont un talent fou pour se dénigrer. J’ai souhaité participer à ce qui ressemblait à une vrai Renaissance française, en servant mon pays à la faveur de l’arrivée d’un jeune président, Emmanuel Macron, qui a su bousculer le statu quo, conduire des réformes longtemps attendues, et avec qui je partage l’enthousiasme et la même vision du monde, de l’Europe en particulier. »

« Mon but quand je suis arrivé à Business France était de mieux exprimer les atouts français. »

Le rôle de Business France ? Aider au développement international des entreprises et de leurs exportations, informer et accompagner les investisseurs étrangers en France, promouvoir l’attractivité et l’image économique de la France, des entreprises et ses territoires, gérer et développer les VIE et effectuer des actions de coopération internationale.

Cocorico ! Aujourd’hui, après deux décennies de domination de l’Angleterre, la France est depuis 2019 le pays le plus attractif d’Europe. Les entreprises internationales sur le territoire français comme Pfizer, UPS, General Electric, Nissan… représentent 10 % des emplois français (2 millions d’emplois), 20 % de l’effort de R&D national et 30 % des exportations françaises. « Mon but quand je suis arrivé à Business France était de mieux exprimer les atouts français : le positionnement naturel favorable du territoire pour servir des clients dans toute l’Europe en offrant des infrastructures de premier ordre, tels réseaux internet, autoroutier, ferroviaire, aéroportuaire. Mais aussi les atouts académiques, le crédit d’impôt recherche, le compte formation, la flexibilité de l’emploi… » Pour rendre visibles ces atouts, Business France a notamment créé le sommet Choose France qui met à l’honneur la contribution des investisseurs internationaux à la relance, et mis en place une Team France Invest regroupant les Régions, l’Etat et toute partie prenante capable d’accompagner au mieux les investisseurs internationaux. « Être attractif est essentiel pour un pays puisque cela participe à son économie, à son bien-être, et répond à l’urgente nécessité d’attirer les talents du monde entier » expose Pascal Cagni. « Ce n’est pas simplement une belle idée : en 2020, plus de 34 000 emplois ont été créés ou maintenus grâce à l’attractivité du pays. Cela impacte la vie des gens. » Que reste-t-il à faire aujourd’hui pour conserver cette place de leader ? « Dédramatiser l’échec et iconiser le succès. »

L’ABC de Pascal Cagni pour être un bon leader en 2022                              

« Authentique », être soi-même en agissant sans vouloir impressionner, être vrai, fiable, indéniable

« Bold » c’est-à-dire audacieux : prendre des risques et les assumer avec confiance.

« Caring » ou bienveillant : démontrer constamment et avec beaucoup d’humilité qu’il se soucie de ses pairs, de ses équipes, de sa famille, de son prochain, car le 21e siècle sera altruiste ou il ne sera pas 😉


[1] Autorité des marchés financiers

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