Le 2ème gestionnaire de réseaux de distribution de France s’appuie sur des solutions intelligentes et innovantes pour optimiser ses infrastructures et accompagner la transition des usages explique Sylvain Martino (Ense3 99), directeur général de Strasbourg Electricité Réseaux.
Vos équipes sont intervenues en renfort à Mayotte lors des récentes catastrophes naturelles. Un état d’esprit qui caractérise Strasbourg Electricité Réseaux ?

Le monde des gestionnaires de réseaux de distribution publique en France est un petit monde où nous nous connaissons tous et où l’entraide est le maître mot. Suite au passage du cyclone Chido sur l’île, Strasbourg Electricité Réseaux s’est immédiatement porté volontaire auprès d’Electricité de Mayotte (EDM) pour l’accompagner dans la phase de mise en sécurité et de réalimentation. Le sens du service public caractérise nos salariés : dès que j’ai lancé l’appel à volontaires, il y a eu dans l’heure 35 volontaires prêts à s’envoler vers Mayotte. Au final, 11 se sont rendus sur place et ont œuvré durant 15 jours dans des conditions compliquées.
Vous avez récemment renouvelé les câbles d’une ligne à haute tension en utilisant des drones. Une première ! Quelle place accordez-vous aux nouvelles technologies ?
La digitalisation et l’innovation sont des moteurs fondamentaux de l’évolution de nos activités. Le monde des électriciens évolue et passe d’une activité longtemps artisanale à des process de plus en plus industrialisés. En tant que filiale du Groupe ES (Electricité de Strasbourg) et deuxième gestionnaire de réseaux de distribution national, Strasbourg Electricité Réseaux se doit d’être moteur de cette transformation. Outre l’utilisation de drones pour nos activités de maintenance, nous avons lancé un projet de refonte complet de notre système de conduite des réseaux HTA* et HTB*, et nous mettons en œuvre des POC (Proof of Concept) en vue d’optimiser l’exploitation de nos infrastructures en s’appuyant sur l’IA.
* HTA: tension comprise entre 1kV et 50kV / HTB : tension supérieure à 50kV
Comment votre entreprise répond-elle concrètement aux grandes transitions en cours ?
Les évolutions du climat et les incidents climatiques de plus en plus fréquents nous incitent à être individuellement et collectivement des acteurs responsables. Décarbonation, sobriété énergétique, réduction de notre empreinte énergétique… L’électricité devient un levier majeur sur tous ces enjeux. En tant que gestionnaire d’un réseau de distribution public, nous sommes au cœur de la mutation des usages. C’est pourquoi nous accompagnons le développement des énergies renouvelables et des mobilités électriques et œuvrons pour une consommation d’énergie plus sobre.
Concrètement, sur quels projets passionnants les jeunes talents pourront-ils s’éclater à vos côtés en 2025 ?
L’accompagnement de tous ces enjeux conduit à l’émergence de nouveaux métiers autour de la supervision des réseaux, des chaines communicantes, de l’intégration des systèmes IT et de la maintenance des infrastructures, qui passe de préventive à prédictive. Les jeunes talents qui nous rejoignent apprécieront de pouvoir à la fois mener des réflexions poussées sur nos différents chantiers de transformation et réaliser ensuite leur mise en œuvre opérationnelle.
Y-a-t-il une rencontre qui a lancé votre parcours de leader jusqu’à ce poste de DG ? L’école vous y avait-elle bien préparé ?
J’ai eu la chance dans mon parcours à l’Ense3 de pouvoir réaliser une année de césure pour travailler comme assistant d’un ingénieur de recherche. Si c’est plutôt commun aujourd’hui, cela l’était beaucoup moins il y a 25 ans et j’étais le premier de l’école à tenter l’expérience. Cette césure m’a permis, deux ans plus tard, d’intégrer la R&D du Groupe EDF, de faire le tour du monde (Allemagne, Chine, Inde, Guyane et Canada) et d’exercer de très nombreux métiers, de chef de projet à directeur général d’une entité de près de 600 salariés aujourd’hui. Le soutien de l’ENSE3, qui a cru en ma capacité à porter les valeurs de l’école dans le monde industriel, a clairement été le point de départ de toute ma carrière.
Mon mot pour le livre d’or de Grenoble INP-UGA Je garde d’excellents souvenirs (et un peu de nostalgie) de mes trois années sur le campus de St Martin d’Hères. Merci de nous donner la chance d’explorer de nouveaux horizons et de m’avoir permis de vivre ma formation d’ingénieur différemment.