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Smartphone du futur + marketing du passé = l’équation impossible

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Février 2019, les géants de la téléphonie se sont réunis à Barcelone pour le Mobile World Congress (MWC), la grande messe du smartphone durant laquelle chaque constructeur présente ses nouveautés. Samsung, Huawei… La plupart des modèles présentés ont un point commun : la nostalgie des débuts du téléphone portable. Mais une question demeure : ce retour en arrière est-il une bonne solution pour conquérir des nouvelles générations plus volatiles ?

 

Et si cette édition de la MWC avait des airs de déjà-vu, c’est notamment à cause du Samsung Fold et du Mate X de Huawei. Le téléphone à clapet vous manquait ? Les géants asiatiques l’ont ressuscité !

Mais si les smartphones sont pliables, l’analogie avec nos vieux téléphones du passé s’arrête là. Faire du vieux avec les prix d’aujourd’hui, là est toute la subtilité de Samsung et Huawei. Avec des écrans offrant la même surface qu’une tablette, ces produits dépassent les 2 000€. En réalité cette annonce cache une stratégie à bout de souffle de constructeurs qui ne savent plus comment contrer la baisse des ventes.

« People don’t know what they want until you show it to them »*

Car désormais, ce qui compte, c’est l’expérience client. Et sur ce point, la technologie a encore beaucoup à apprendre. Sans parler d’obsolescence programmée, les inventions d’aujourd’hui ont une durée de vie beaucoup plus limitée que celles du passé. Il suffit de comparer le vieux téléphone filaire qui traîne au grenier avec votre smartphone dernière génération dont la batterie fatigue au bout d’un an et demi.

Cette obsolescence des produits émane en réalité de l’accélération des technologies qui sont de plus en plus rapidement dépassées. Au cours d’une année, les constructeurs font des avancées considérables dans le domaine des batteries, des appareils photo, rendant leurs anciens smartphones très rapidement désuets. Face à cela, une stratégie, celle popularisée par Steve Jobs qui disait « people don’t know what they want until you show it to them »*. Une phrase que l’on pourrait traduire par : * « les consommateurs ne savent pas ce qu’ils veulent, c’est à nous de leur montrer ». Un précepte qui a bercé beaucoup de marketers de grandes industries technologiques, mais qui va à l’encontre de l’expérience client qu’attendent les consommateurs d’aujourd’hui.

 La relève arrive !

Cette année, le MWC n’aura donc été que l’aboutissement d’une stratégie marketing menée depuis plusieurs décennies, mais qui s’avère de plus en plus inefficace. Les nouvelles générations n’ont pas les mêmes attentes que les précédentes. Moins d’intrusion dans la vie privée, plus de qualité, pour moins cher, voici ce que veulent les clients ! L’essor de marques low-cost comme Xiaomi prouve que les géants de la téléphonie ont du souci à se faire. Ce marketing sans prise en compte du consommateur ne peut plus être la norme ! Les géants de la Tech sont-ils amenés à répéter les erreurs du passé ? Si cette édition de la MWC n’a su leur faire entendre raison, les nouvelles générations sauront peut-être disrupter ce marché.

 

À bas la high-tech, vive la slow-tech !

La slow-tech, c’est LE concept à la mode pour ralentir nos modes de vies complètement guidés par les technologies. La promesse ? Retrouver sa vie et ne plus être l’esclave de nos smartphones. Si Nokia a sorti une nouvelle version de son 3310, ce n’est pas par pure nostalgie. Le groupe a compris que la technologie comportait un risque qui pose de plus en plus problème : l’infobésité. Notifications, réseaux sociaux… Les smartphones sont source d’hyperconnexion qui peut parfois mener au burn-out ! Un constat partagé par Germain Louvet, danseur étoile à l’Opéra de Paris qui expliquait dans le magazine NUMÉRO : « ma génération étouffe, gavée à la pub et aux réseaux sociaux. »

Fini le smartphone, bonjour le dumbphone

C’est pour répondre à des burn-out de plus en plus nombreux qu’a été conçu John’s Phone, un téléphone qui retrouve sa fonction première : téléphoner ! Pas de dalle tactile, pas de clavier, pas même d’écran… Vous ne trouverez que le pavé numérique et les boutons décrocher et raccrocher. Cette mouvance, déjà initiée au début des années 2010 par John’s Phone, a été reprise par bon nombre de constructeurs au point d’avoir un nom : les dumbphones. La tête de proue de ce mouvement a été Nokia avec son 3310. Téléphoner et échanger des sms sont les seules fonctionnalités de ces téléphones non connectés à internet. Ils entendent supprimer notre addiction à la technologie. Pour mieux vivre, faut-il forcément revenir en arrière ? La question reste en suspens.

 

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