Passé par Harvard et l’Inserm, Stéphane Basmaciogullari (Université Paris-Saclay 00) est aujourd’hui R&D Lab Head chez Sanofi. Expert en biosécurité, il jongle entre science et biosécurité pour transformer des découvertes en médicaments sûrs. Il nous raconte son passage du labo académique à l’industrie, les leçons du Covid-19, et comment Sanofi forme les talents de demain.
Votre parcours vous a conduit de la recherche académique en virologie à Sanofi. En quoi la CMC est-elle une étape essentielle, et qu’a changé la crise du Covid-19 dans la façon de concevoir cette mission ?

La CMC (Chemistry, Manufacturing and Control) fait le lien entre la découverte d’une molécule en recherche et sa production en tant que médicament. Elle assure la fabrication des lots pour les essais cliniques, la montée en échelle du procédé jusqu’à l’échelle commerciale, et prépare les dossiers d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). La pandémie de Covid-19 a rappelé à quel point cette capacité à transformer rapidement une idée en produit sûr est cruciale. Elle a aussi remis en lumière la virologie et montré que la protection des populations repose autant sur l’innovation scientifique, comme les vaccins à ARN messager, que sur la réactivité de l’industrie et les politiques publiques. Mais pour que cette transformation devienne réalité, encore faut-il garantir que la fabrication se déroule dans des conditions de sécurité absolue. C’est là qu’intervient la biosécurité.
Vous avez justement été recruté comme expert en biosécurité. Concrètement, en quoi consiste ce rôle et pourquoi est-il clé pour garantir qu’un traitement puisse aller jusqu’au marché ?
Contrairement aux médicaments chimiques, les molécules biothérapeutiques sont produites dans des cellules, avec un risque permanent de contamination par des bactéries, virus ou levures. La biosécurité consiste à prévenir ces risques en travaillant dans des environnements certifiés et à surveiller le procédé par des tests réguliers réalisés selon des standards internationaux. Les experts en biosécurité s’assurent que ces exigences sont respectées au bon moment, avec la bonne méthodologie, et que les données figurent dans les dossiers réglementaires. Sans cela, un médicament ne peut pas obtenir l’AMM.
Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter la recherche académique pour rejoindre Sanofi, et qu’avez-vous découvert de plus marquant en changeant d’univers ?
J’avais envie de contribuer à un projet collectif où les expertises s’additionnent. Sanofi a vu dans mon parcours un atout au-delà de mes compétences en virologie, et j’ai saisi cette opportunité. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la différence de logique : dans le monde académique, les résultats doivent être publiés quelle que soit leur importance, alors que dans l’industrie, un programme peut être arrêté du jour au lendemain si en clinique la molécule s’avère moins efficace que prévu. C’est une approche qui peut sembler brutale lorsque l’on a travaillé des années sur le programme en question, mais qui est plus pragmatique et qui reflète les contraintes propres au développement de médicaments.
Quelles sont les opportunités de formation pour les jeunes talents chez Sanofi pour 2026 ?
Nous proposons régulièrement des stages aux étudiants en BTS, Licence, Master, soit en cursus classique, soit en alternance ou en apprentissage. Nous avons également la possibilité de financer et de co-diriger des thèses CIFRE (conventions industrielles de formation par la recherche). Ce partenariat est pertinent au niveau scientifique, mais aussi pour l’étudiant qui entrevoit le monde de l’industriel dans son parcours académique.
Université Paris-Saclay J’ai fait ma thèse à Paris-Saclay sur une protéine, gp17, impliquée dans certains cancers du sein. La thèse, est un véritable entraînement au rebond et à l’opiniâtreté : tester des hypothèses, se tromper, corriger le tir. Avec les Doctoriales d’Orsay, j’ai aussi découvert la richesse du travail pluridisciplinaire, une ouverture d’esprit précieuse pour la suite de mon parcours.
Chiffres-clés :
500 millions de personnes vaccinées chaque année
Présence dans plus de 60 pays
39 sites de fabrication
Contact : stephane.basmaciogullari@sanofi.com