interview Roger Descours Roger Descours Group
crédits Julien Guillot

Roger Descours Group : Semer en Ardèche, récolter dans le monde – L’interview de Roger Descours

Ancré en Ardèche et présent dans plus de trente pays, Roger Descours a bâti, loin des projecteurs, l’un des groupes européens majeurs du fruit surgelé. À 75 ans, le PDG de Roger Descours Group incarne une vision exigeante de l’entreprise, fondée sur le travail, l’intuition et l’humain.

interview Roger Descours Roger Descours Group
crédits Groupe Roger Descours

Chez Roger Descours, l’entrepreneuriat ne relève ni d’un plan de carrière ni d’un héritage confortable. Il s’inscrit dans une histoire longue, profondément enracinée en Ardèche. Depuis 1852, la famille Descours évolue dans le commerce de fruits. Une tradition ancienne, exigeante, mais jamais figée. « On est dans le commerce depuis des générations. Mais rien n’a jamais été facile », rappelle-t-il. Lui-même ne suit pas un parcours académique classique. Il quitte tôt les bancs de l’école et entre très jeune dans la vie active. Manutention, charbon, transport : il apprend le travail par le corps. « Ma réussite, ça a été le travail. J’ai commencé très jeune. J’ai porté, j’ai chargé, j’ai roulé. Je suis parti de rien. » Ces expériences forgent une conviction durable : pour diriger, il faut connaître le terrain. « Quand vous avez été en bas, vous savez ce que vivent les gens. Ça change tout quand vous prenez des décisions. »

Le fruit comme boussole, le monde comme terrain de jeu

Au milieu des années 1970, Roger Descours fait un choix structurant : miser sur le fruit surgelé. À l’époque, le marché est encore marginal. Lui y voit un avenir évident. « Le surgelé, c’est du bon sens. Le fruit est cueilli le matin, surgelé dans la foulée, et il garde ses qualités. Fraise, framboise, cassis, myrtille, groseille… Les premières filières se structurent. Très vite, l’entreprise travaille pour l’industrie agroalimentaire, la restauration, puis la grande distribution. Mais le développement ne se fait jamais depuis un bureau. Roger Descours voyage, observe, anticipe. Europe de l’Est, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique du Nord, Asie : il va à la rencontre des producteurs, parfois dans des contextes complexes. « Créer un produit de qualité, ça commence par la confiance avec ceux qui cultivent. Il faut être présent, respecter ses engagements, même quand ça coûte. » Cette approche permet au groupe de se développer à l’international tout en conservant un ancrage fort en Ardèche. Les sites industriels, logistiques et de conditionnement restent liés au territoire. « On est bien ici. Il y a le cadre de vie, l’air, la proximité. Et surtout, on se connaît. » Une fidélité assumée aux racines, même lorsque le groupe rayonne aujourd’hui dans plus de trente pays.

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crédits Groupe Roger Descours

Investir, transmettre, rester humain

À 75 ans, Roger Descours n’a rien d’un dirigeant en retrait. Il continue d’investir, de structurer, de préparer l’avenir. « C’est dans les moments difficiles qu’il faut investir. Quand la crise passe, il faut être prêt. » Son moteur reste intact : construire dans le temps long. Très attaché à la dimension humaine de l’entreprise, il insiste sur le rôle central des équipes. « Ceux qui produisent, ce sont eux qui donnent la valeur à l’entreprise. On l’oublie trop souvent. » Le groupe mise ainsi sur la formation interne, l’accompagnement des jeunes diplômés et les parcours internationaux. « J’aime les jeunes. On les forme, on les entoure. Et quand ils prennent confiance, ce sont des moteurs incroyables. » Derrière la performance industrielle, Roger Descours revendique une vision simple du leadership. « Il faut aimer les gens. On ne fait pas de business sans ça. » Une phrase qui résume une vie d’entrepreneur bâtie sur le travail, la relation et la fidélité aux engagements. De l’Ardèche aux marchés mondiaux, Roger Descours incarne un entrepreneuriat patient, ancré et résolument tourné vers l’avenir. Une aventure construite fruit après fruit, portée par une conviction simple : sans l’humain, aucune croissance ne dure.

Les dirigeants d’entreprise peuvent-ils encore prendre de vraies décisions humaines, ou sont-ils condamnés à suivre des choix dictés par les algorithmes et la pression de l’opinion ?

« Écouter l’opinion et les données est indispensable, surtout dans l’agroalimentaire. Mais elles ne remplacent pas le jugement. Un dirigeant doit décider en s’appuyant sur son expérience, sa connaissance du produit et du terrain. Les chiffres éclairent, l’humain tranche. »

Chiffres-clés : 350 collaborateurs / Présence dans 33 pays / 150 millions d’€ de CA

Contact : info@descours.fr