« La période qui s’est ouverte depuis ma prise de fonction le 2 septembre a été tonique ! » indique Thomas Clay, administrateur provisoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en préambule du point presse organisé par l’université le 8 octobre. L’occasion de faire le point sur sa feuille de route et les dernières actualités de l’université.

 

Thomas Clay, docteur en droit et professeur agrégé en droit privé à l’Ecole de droit de la Sorbonne, a en effet pris ses fonctions de d’administrateur provisoire en cette rentrée si particulière. Nommé le 8 juillet dernier, après la fin de mandat de Georges Haddad, par le recteur de la région académique Ile-de-France, il avait alors une feuille de route claire, dont il entend bien dérouler les trois principales missions : « l’expédition des affaires courantes, l’organisation des élections aux conseils centraux et du prochain président de l’université, ainsi que l’identification et la réduction des foyers de blocages récurrents ». Des missions qu’il souhaite réaliser dans une dynamique collective dans une « université qui connait des difficultés structurelles et conjoncturelles (dont le point culminant a été la « crise des notes » du printemps dernier) mais qui reste une université formidable et extrêmement attractive sur toutes ses disciplines » rappelle-t-il.  

Jour de rentrée masquée au Centre Panthéon. Cours Macroéconomie monétaire internationnale de Lisa Chauvet, L3 économie – Crédit Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

« Nos étudiants respectent scrupuleusement les gestes barrière »

Une nomination qui advient dans un contexte sanitaire exceptionnel, « mais anticipé », afin d’assurer une rentrée en présentiel. « Un choix politique et de convictions car cela répond à une demande des étudiants et car nous pensons que c’est le rôle d’une université ». Un choix qui implique un protocole sanitaire extrêmement strict « scrupuleusement respecté sur nos 25 bâtiments », insiste Thomas Clay après avoir effectué lui-même quelques sondages incognito dans les amphis. Ont ainsi été mis à disposition : 113 000 masques lavables en tissu, 1600 litres de gel hydro alcoolique, ou encore 100 000 lingettes désinfectantes. Si le système d’alternance ou « jauge à 50 % », a été généralisé depuis la récente décision gouvernementale, certaines UFR l’avait même déjà mis en place, comme l’UFR de droit et ses 16 000 étudiants. De fait, l’université comptait, le 7 octobre 2020, 57 étudiants isolés (sur une population totale de 43 000 étudiants) et 6 personnels isolés.

Crédit Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

« Nous ferons tout pour maintenir l’université ouverte. Nous n’avons aucune raison de fermer, les clusters ne sont pas ici ! Nos étudiants sont très vigilants : ce n’est pas dans nos murs que se fait la contamination. Plus nos étudiants sont dans nos murs mieux c’est ! »

Thomas Clay, administrateur provisoire de l’université Paris 1 Panthéon – Sorbonne

Un virage numérique et social

Outre ces mesures sanitaires, l’université a aussi déployé de gros efforts financiers pour pouvoir assurer la continuité pédagogique en numérique. « Dès cet été, nos services techniques ont mis en place un système de caméras dans nos 25 amphis pour que quand / s’il faudra basculer en distanciel, nous puissions filmer et retranscrire les cours d’amphi en direct ». Depuis le début du confinement, 20 000 réunions Zoom ont ainsi été organisées et 520 accès VPN ont été configurés et ouverts.

Et les décrocheurs ?

Des solutions techniques performantes mais qui n’occultent pas le risque, réel, de décrochage. « C’est ma préoccupation majeure et c’est pour cela que je suis favorable au plus de présentiel possible. Outre la rotation organisée entre les étudiants sur le principe « Semaine A – Semaine B », j’ai nommé un chargé de mission à la pédagogie numérique pour aider les professeurs à adapter leurs cours aux conditions du distanciel. Car un cours filmé ne doit pas se résumer à un cours filmé justement ! Il doit être dynamique, proactif, interactif ».

Parallèlement, l’université a mis en place un système d’aides pour ses étudiants en difficultés : aides d’urgence, aides à la connexion (avec une enveloppe prévisionnelle de 500 000 €), aides alimentaires (3 300 bénéficiaires uniques), fourniture des masques… pour un budget avoisinant les 1.18 million €. Et si on englobe les frais de captation des cours, ce sont près d’1.6 million € qui ont été investis par l’université pour faire face à la crise de la Covid.

Qui succèdera à Georges Haddad ?

Le prochain président de Paris 1 sera élu le 17 décembre 2020. Pour la première fois, le vote se déroulera sous forme électronique grâce à une solution développée par Neovote et déjà expérimentée lors des élections de Paris Saclay. Des points de vote numériques seront accessibles dans les locaux de l’université et une application de vote sur mobile est aussi prévue, pour un investissement global estimé à 35 000 €. « L’enjeu technique est évident mais je souhaite que cela permette une plus grande participation qui donnera une légitimité encore plus grande à celui ou celle qui sera élu » appelle de ses vœux Thomas Clay, tout en annonçant qu’il ne sera pas candidat à l’élection.