L’entreprise au coeur de la stratégie des IEP

 

Parce qu’aujourd’hui une carrière ne se conçoit plus que dans la diversité, l’enseignement supérieur doit former des jeunes diplômés capables de s’adapter à un monde en perpétuelle évolution. Les IEP s’illustrent d’ailleurs comme des précurseurs en matière d’innovation pédagogique. Autrefois antichambres de la fonction publique, ils placent désormais l’entreprise au coeur de leur stratégie. Focus sur ce parti-pris novateur.

A la rencontre de l’entreprise
Pour permettre à leurs étudiants de s’insérer rapidement et efficacement dans l’emploi, les IEP leur offrent de nombreux points de rencontre avec l’entreprise. Forums Métier ou Journées d’Insertion Professionnelle, autant d’occasions de mieux connaitre les activités des entreprises, de comprendre leurs besoins et attentes en matière de recrutement en France et à l’international, de se forger un réseau, et de décrocher un stage ou un premier emploi. Pour aider ses étudiants à se démarquer, l’IEP de Lyon, met d’ailleurs en place des ateliers de formalisation de projet professionnel et des modules de simulation d’entretien. A Strasbourg, les étudiants ont à leur disposition « Place aux Jeunes » une plateforme emploi dédiée sur le site de l’Institut, leur permettant de profiter d’offres de stages ciblées et réservées en temps réel. Leurs réseaux et leurs connaissances de l’entreprise, les étudiants des IEP les étoffent également via des cours dispensés par des enseignants issus du monde professionnel et qui en orientent le contenu en fonction des besoins réels des recruteurs. Les Masters Finance et Stratégie, Gestion des RH et Marketing & Etudes de Sciences Po Paris, en sont d’ailleurs de bons exemples. La quasi totalité de leurs intervenants sont des professionnels en exercice (actuaires, DRH, publicitaires, chefs d’entreprise, consultants en cabinet de conseil,…) qui font travailler les étudiants sur des cas concrets et récents. Pour renforcer ce processus de rapprochement avec l’entreprise, l’IEP de Strasbourg propose un système de parrainage permettant à un étudiant volontaire de 4e ou de 5e année de bénéficier de l’aide et des conseils d’un salarié, ancien de l’école, pour finaliser son projet professionnel. Pour mettre en oeuvre ces initiatives, les IEP développent des interconnexions avec l’entreprise, aux niveaux local, national et international. C’est d’ailleurs le cas de l’IEP d’Aix-en-Provence. Tout en intégrant des PDG d’entreprises nationales à son Conseil d’Administration, il entretient des liens étroits avec le tissu économique régional, grandes, petites, voir même très petites entreprises.

 

Des formations professionnalisantes
Au-delà de ces rapprochements, les IEP misent aussi sur l’immersion en proposant à leurs diplômés, alors même qu’ils sont encore en formation, de se confronter à la réalité de l’entreprise. Ils se voient d’abord proposer de suivre la voie traditionnelle des stages longue durée et années de césure. Cette année optionnelle est par exemple choisie par 60 % des étudiants du Master Finance et Stratégie de Sciences Po Paris. L’IEP de Lille impose quant à lui un stage de 6 à 8 mois en 5e année avec pour objectif de lancer sur le marché du travail des jeunes capables de s’adapter aux mutations sociales et internationales. L’apprentissage voies de choix pour acquérir rapidement des compétences opérationnelles. Des initiatives moins conventionnelles sont aussi développées par les IEP en province. Les élèves en Master à l’IEP de Rennes ont par exemple la possibilité de réaliser en équipe, un projet de fin d’étude à leur initiative (ou proposé par l’IEP ou ses entreprises partenaires) et qui implique travail collectif, recherche de financements, développement de partenariats, communication, organisation,… L’IEP de Toulouse impose enfin aux étudiants de 4e année de s’investir durant 3 mois dans des ateliers pédagogiques encadrés par des enseignants et dans lesquels des entreprises leur confient la réalisation d’une étude de cas, d’une enquête… Si ces initiatives permettent aux étudiants des IEP de se frotter concrètement au monde de l’entreprise, les plus téméraires peuvent même se muer en véritables entrepreneurs en herbe.

 

Les étudiants, des entrepreneurs comme les autres
80 % des jeunes diplômés des IEP se dirigent en effet vers le secteur privé. Parmi eux, des talents dotés d’une véritable fibre entrepreneuriale à l’image de certains de leurs prédécesseurs, Aliza Jabès, Fondatrice de Nuxe, ou François Dufour des Incollables, en tête. Ils peuvent d’abord s’épanouir au sein de Junior Entreprises, comme dans les IEP de Bordeaux, Grenoble ou Lille. Ces associations d’étudiants fonctionnant sur le modèle des cabinets de conseil et d’audits, réalisent des études pour des professionnels (entreprises, ONG, organismes publics). Abritant la Junior Entreprise Ausone Conseil, l’IEP de Bordeaux propose par exemple une activité de conseil autour de 3 pôles (conseil en affaires publiques, développement à l’international et en entreprise). Sans but lucratif, elles sont pourtant soumises aux mêmes obligations qu’une entreprise (TVA, impôt sur les sociétés,…). Animées par des étudiants inscrits dans une optique 100 % professionnelle, elles proposent des services de qualité et sont dotées d’un intérêt pédagogique et économique réel. Certains IEP proposent même à leurs jeunes entrepreneurs d’intégrer un incubateur. L’IEP de Bordeaux organise des séminaires de sensibilisation et permet aux meilleurs de porter leurs projets grâce à une formation complémentaire et le parrainage de professionnels. A Paris, on permet également chaque année à 10 entrepreneurs sélectionnés parmi 30 business plans d’aller au bout de leurs projets. Ils y bénéficient de locaux gratuits, de partenariats avec des entreprises de renom (Microsoft, Contract Live,…) et profitent d’un véritable esprit d’émulation. Cet incubateur a déjà permis de créer plus de 150 emplois depuis sa création en 2008. Toutes ces initiatives poursuivent donc le même but : multiplier les vocations, former et sélectionner les porteurs de projets et accompagner les meilleurs vers le développement d’une start-up. Sensibilisés, connectés ou immergés, les étudiants des IEP sont donc aujourd’hui plus que jamais ancrés dans la logique de l’entreprise. Qu’ils en profitent, les recruteurs sont unanimes : on ne prend aucun risque à entreprendre, si ce n’est celui de réussir !

 

Les IEP, un moteur pour l’entreprise de demain
Egalité des chances, mixité, parité, handicap, autant de problématiques qui impactent la politique RH des entreprises aujourd’hui. Mais le réseau des IEP n’a pas attendu que la responsabilité sociale fasse les gros titres pour s’illustrer comme un de ses défenseurs les plus fervents. Précurseur en la matière, il en fait depuis structurante de son identité. Richard Descoings, alors Directeur de Sciences Po Paris, avait d’ailleurs fait sienne la mission de favoriser cette diversité d’origines et de parcours dont l’entreprise a besoin. Si l’entreprise inspire les IEP, ceux-ci souffleraient donc aussi à l’entreprise des solutions d’avenir.

 

CW.