Comment l’EDHEC Business School a relevé le défi de l’enseignement 100 % en ligne dans tous ses programmes et sur tous ses campus ? Anne Zuccarelli, Directrice Expérience Étudiante et Opérations, met fin au suspense.

 

Quelle a été la 1ère étape de cette bascule vers le distanciel ?

Après l’annonce du Président le 16 mars, nous avons tout de suite fermé nos campus, en France puis à l’étranger. Tout le personnel est passé en télétravail. Nous avons aussi décidé de laisser le temps aux étudiants français et internationaux de s’organiser et de rentrer chez eux s’ils le souhaitaient, afin qu’ils soient plus sereins et nous aussi. Les cours à l’EDHEC n’ont donc repris que le 25 mars… en 100 % online ! Dès le premier jour, ce sont près de 4 000 étudiants qui se sont connectés dans 50 pays différents. L’EDHEC reste une grande école internationale, même dans sa capacité à assurer la continuité pédagogique avec succès.

Anne Zuccarelli – Directrice Expérience Étudiante et Opérations

Etiez-vous prêts ?

Grâce à notre laboratoire d’innovation pédagogique, nous avions même une longueur d’avance : nous sommes en partenariat avec Blackboard depuis plus de 20 ans, nous avions déjà une infrastructure Cloud et nous avions fait les tests nécessaires pour éprouver ces technologies. L’EDHEC avait d’ailleurs déployé près de 150 sessions de formation accélérée sur ces nouveaux outils digitaux pour les enseignants sur les deux derniers mois. Nous avions également commencé à travailler en mode cellule de crise dès le mois de janvier, quand le Covid-19 est arrivé en Europe.

Le secret de cette réussite ?

Quatre task forces ont été mises en place avec des directeurs de programme, des professeurs, le laboratoire d’innovation pédagogique et des services support comme la DSI. En mettant nos forces en commun, nous avons été réactifs. Les équipes se sont remarquablement mobilisées et engagées pour la réussite collective de notre établissement.

Quels sont les retours des étudiants et des professeurs ?

Les étudiants ont été très bienveillants et nous ont beaucoup remerciés d’avoir fait aussi vite. Chaque vendredi, ils nous disent ce qu’ils apprécient dans ces cours en ligne, ce qui reste à améliorer, comment ils s’adaptent… Même chose avec les professeurs afin qu’ils puissent s’exprimer et surtout partager leurs bonnes pratiques entre collègues. Des deux côtés, tout le monde est plutôt satisfait. Le mot qui est souvent ressorti est « interactivité ». En effet, ces classes virtuelles favorisent les échanges avec le professeur, mais aussi entre camarades de promo. Le lien humain ne se perd finalement pas à travers un écran.

Et maintenant ?

Nous travaillons sur la partie « examens ». L’année se terminera en ligne, donc les examens aussi. Afin de faire au mieux, nous avons créé un guide d’examens digital dans lequel sont consignées nos recommandations pour les professeurs. Ceux-ci posteront en ligne les sujets, mais sans besoin de se connecter à une classe virtuelle, dans un souci d’équité numérique. Tout un travail sera également mené pour que les sujets d’examen ne laissent place à aucune triche.

Vous avez même organisé un Business Game à distance avec 800 étudiants !

Oui, dès la deuxième semaine de confinement, un Business Game en ligne a été lancé auprès des étudiants du programme bachelor sur deux de nos campus. Chaque coach animait à distance son groupe de travail. C’est important pour nous de continuer d’animer la vie étudiante.

Comment pensez-vous l’après ? Et notamment la rentrée de septembre ?

La rentrée est prévue début septembre. Forcément, on fera différemment. Il y aura plus de distanciel et nous devrons adopter certaines conditions sanitaires sur les campus : distanciation sociale, port du masque, nombre d’élèves par classe… Nous commençons déjà à prévoir plusieurs scenarii.

Une leçon à retenir de cette période de confinement ?

Je retiens des choses très positives : d’abord une fabuleuse opportunité de voir l’ensemble de l’EDHEC travailler ensemble pour le bien des étudiants. Cette crise sanitaire nous aura aussi permis d’accélérer notre appréhension du digital quand certains avaient quelques inquiétudes. C’est une nouvelle ère pour l’usage du numérique. Finalement, cette agilité répond à des attentes, celles des étudiants qui ne sont pas contre l’idée d’alterner présentiel et distanciel dans le futur. D’une crise, on peut en faire une opportunité. On a tous appris quelque chose.

Le dispositif online de l’EDHEC, c’est chaque jour :

  • 350 classes virtuelles ouvertes en moyenne
  • Entre 3 500 et 4 000 étudiants connectés
  • 15 000 heures d’activité proposées
  • Entre 90 et 100 intervenants en moyenne
  • 200 000 pages vues