Rachel Msika, 21 ans, étudiante Master 1 à l’EDHEC Business School, suit le programme GETT à Sungkyunkwan University (SKK) en Corée du Sud. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée dans l’obligation de rester confinée à Séoul. Témoignage.

 

Vous étudiez actuellement à Séoul. Avez-vous hésité à rentrer en France lorsque la crise s’est déclenchée en Asie ?

J’ai suivi les consignes du Ministère et les recommandations de la Direction de notre programme. Je voulais vivre cette expérience à l’étranger, il était hors de question pour moi de rentrer en France. Au départ, je n’imaginais pas une propagation aussi importante et je n’ai absolument pas eu peur du coronavirus lorsqu’il est arrivé en Corée. Mon inquiétude a grandi depuis qu’il a touché massivement l’Italie puis la France, où sont la majorité de ma famille et mes amis.

« Si une chose positive devait ressortir de tout cela, c’est que cette crise fasse réagir la société ! » Rachel Msika

Quelle est votre organisation au quotidien ?

Les premières semaines, nous suivions un mix de cours en ligne et en présentiel, avant de basculer complètement online mi-février. Cela n’a pas été facile au début. Etudier dans nos 10m² était impensable, alors on allait dans des cafés mais c’est devenu trop bruyant pour se concentrer. J’ai progressivement trouvé mon organisation : je fais des plannings pour prévoir des temps pour les cours, des moments pour faire du sport, préparer à manger, faire mes recherches de stages… Des chambres se sont libérées dans la résidence étudiante – un goshiwon en Corée – et le responsable nous a autorisés à les utiliser pour travailler. Je ne suis pas seule ici, nous sommes 5 étudiants du programme à vivre dans la résidence !

Comment êtes-vous accompagnée par les professeurs ?

Ils ont mis en œuvre beaucoup d’efforts pour que les cours online se déroulent au mieux. Nous utilisons la plateforme Zoom, qui permet aux élèves de suivre les cours en direct, de participer et de poser facilement des questions. Les professeurs se montrent très disponibles et répondent pendant le cours ou au début du cours suivant. Ils encouragent l’interaction en créant des sondages en ligne pour que chacun puisse exprimer son point de vue. Côté EDHEC, nous sommes en lien régulièrement avec l’équipe en charge du programme GETT. La semaine dernière, nous avons notamment participé à une réunion en visio avec Ludovic Cailluet, enseignant-chercheur, et Richard Perrin, Directeur des relations internationales.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants français qui viennent de basculer online ?

Ne pas suivre les cours depuis son lit ! L’objectif est de créer un environnement de travail favorable. Par exemple, ne pas garder son téléphone à proximité, c’est une grosse tentation. Je souhaite un bon courage à tous en France, j’espère que le confinement se finira bientôt !

Avez-vous le sentiment que cette crise entrainera des changements profonds ? Aura-t-elle un impact sur votre vision de la société ou vos aspirations de carrière ?

Oui, j’espère qu’il y aura des changements. Si une chose positive devait ressortir de tout cela, c’est que cette crise fasse réagir la société ! Je pense en particulier au secteur de la santé, en France et plus globalement en Europe et aux États-Unis. Cette période de confinement va faire évoluer les mentalités. Le fait d’être privé de liberté aura forcément un impact. De mon côté, la période actuelle ne fait que conforter mon projet professionnel. Avant mon expérience en Corée, j’étais particulièrement intéressée par les problématiques de transition vers une alimentation plus saine, plus respectueuse de l’environnement, notamment en ce qui concerne le packaging… En faisant mes courses à Séoul, il m’est arrivé de voir du plastique utilisé pour emballer une banane à l’unité ! Je souhaiterais faire mon prochain stage en venture capital, orienté Foodtech ou alors Cleantech. J’aimerais que mon travail ait un impact positif sur la santé et l’environnement. Encore plus maintenant.

Programme GETT de l’EDHEC

Global Economic Transformation & Technology est un parcours international du PGE construit sur un programme d’échange en Corée du Sud et en Californie en partenariat avec deux institutions prestigieuses : Sungkyunkwan University SKK Graduate School of Business et Berkeley’Hass School of Business.