Les coachs Nathalie Renard et Isabel Fouchécour viennent de sortir un guide pour accompagner les managers dans l’évolution de leur carrière. Principal enjeu : élargir ses compétences et ses attitudes pour passer de l’expertise  à un vrai leadership. Explications.

D’abord, un constat. Lorsque les jeunes cadres mettent le pied dans l’entreprise et construisent leur début de carrière, c’est souvent en s’appuyant sur leurs compétences techniques, marketing ou commerciales. Pourtant, après cette première étape passée, vient la question de l’évolution professionnelle et du passage à des postes de manager à responsabilité, avec gestion d’équipe ou de business unit à la clé. Or passer du statut d’expert à celui de leader, capable d’orienter, de diriger, de voir plus loin et d’embarquer ses équipes dans la bonne direction, est un tournant décisif dans une carrière.

Passer à l’étape hiérarchique supérieure

Etre manager ne se résume pas à une question de compétences. « Passer à l’étape hiérarchique supérieure nécessite quelques qualités, qui s’acquièrent au fil des années et de l’expérience » expliquent les deux coachs Nathalie Renard et Isabel Fouchécour. Dans leur ouvrage « Moi, leader », elles reconnaissent que : « les leaders sont tous différents : à chacun ses talents et ses compétences. Pour autant, en termes de comportements relationnels, ils ont des points communs qui leur permettent de porter des idées ou des projets, et nous donnent envie de les soutenir et de les accompagner ». Ces points communs sont développés dans leur Baromètre Attitudes Leader®. En premier lieu, il faut avoir l’étoffe du premier de cordée : « Plutôt que de se cantonner dans le rôle rassurant du second, il faut réussir à prendre une place de leader au bon moment, mais sans chercher à briller seul auprès de sa hiérarchie en oubliant le travail d’équipe. L’idéal consiste à laisser de la place aux autres, tout en se faisant confiance. »

Bien placer le curseur

L’important est d’avoir une attitude équilibrée et de faire passer ses idées. « Le leader sait affirmer tranquillement sa différence, manifester ses talents et ses choix. Ce qui l’amène tout naturellement à être force de proposition. Dans certaines situations, il faut ose faire les choses à sa façon et sortir des processus routiniers » explique Nathalie Renard, avant de tempérer : « Il y a deux extrêmes à éviter au moment d’agir, afin de bien placer le curseur: d’un côté, une recherche permanente de validations qui paralyse l’action, et de l’autre une agressivité excessive pour imposer une idée, pourtant pas forcément bonne. »

Développer son réseau interne

Sans être cynique, le manager leader doit être stratège. « Il doit avoir une bonne vision de son marché et de l’organigramme de son entreprise, et donc savoir à qui demander soutien ou information en cas de besoin. Ce qui lui permet de développer son réseau » explique Isabel Fouchécour. De la même manière, en vrai meneur d’hommes, il connaît bien ses collaborateurs et sait trouver pour chacun d’eux des leviers de motivation. Car son objectif final est bien de faire adhérer à sa cause et donner envie de le suivre !

Ne pas avoir l’impression de perdre son temps : Être manager, ce n’est pas faire, mais faire faire. Et ce changement de paradigme peut parfois déstabiliser. Le manager leader doit prévoir des moments de réflexion pour élaborer une démarche stratégique. Or le manager expert est plus habitué à l’action opérationnelle, immédiatement efficace. Cette utilisation différente du temps peut parfois aboutir à un sentiment de malaise, à l’impression de « n’avoir rien fait » ou de perdre son temps, qui ne correspond pourtant pas à la réalité.