Interview Hatim Senhaji Maghreb Steel

Maghreb Steel, champion de l’acier durable – L’interview d’Hatim Senhaji

Rejoindre un fleuron de l’acier décarboné pour contribuer à l’industrialisation du Maroc, c’est ce que vous propose Hatim Senhaji (CentraleSupélec 02), CEO de Maghreb Steel. Rencontre.

Maghreb Steel joue un rôle moteur dans l’industrialisation du Maroc tout en agissant en acteur responsable de son écosystème : vous nous en dites plus ?

Interview Hatim Senhaji Maghreb Steel

Depuis cinquante ans, en tant qu’unique producteur d’acier plat au Maroc, nous fournissons de nombreux secteurs : automobile, électroménager, bâtiments et équipements industriels, mobilier de bureau, grands projets d’infrastructure (ponts, aéroports, stades…). Nous encourageons les entreprises locales à se lancer dans la transformation de l’acier et à le faire de façon responsable, en se fixant des objectifs de qualité. Plus le Maroc sera industrialisé et plus notre écosystème sera porteur, c’est une démarche gagnant-gagnant.

Quelle place tient l’innovation dans votre stratégie de développement durable ? Des exemples de projets sur lesquels pourront travailler les jeunes dip’ à vos côtés ?

Notre aciérie est électrique, alimentée essentiellement par l’énergie éolienne. Le principal intrant étant la ferraille, cela nous permet de recycler de nombreux déchets et d’émettre dix fois moins de CO2 qu’un haut fourneau. On le sait peu, mais Maghreb Steel est l’un des producteurs d’acier plat ayant l’empreinte carbone la plus faible du Monde ! Un classement dont nous sommes fiers, car le secteur de la sidérurgie est responsable de 8 à 9 % des émissions mondiales de CO2. Les jeunes diplômés qui nous rejoignent pourront travailler à nos côtés pour améliorer encore notre politique de décarbonation, mais également pour nous aider à digitaliser notre logistique et à trouver des cas d’usage de l’IA : optimisation des process, détection de défauts qualité le plus tôt possible, réussite des nouveaux projets R&D…

Vous avez rejoint OCP au Maroc, puis Maghreb Steel, dont vous êtes devenu CEO en 2019. En tant qu’ingénieur, quelle forme de management vous caractérise ?

Lors de mes études, j’étais attiré par la modélisation et les mathématiques financières, puis j’ai découvert la stratégie en intégrant OCP au Maroc. La sidérurgie et le leadership ne faisaient pas partie de mes objectifs, mais j’ai relevé le défi de monter une fonction business steering puis de contribuer au redressement de Maghreb Steel, qui est aujourd’hui en pleine croissance. Avoir contribué au sauvetage de ce fleuron national est l’une de mes plus grandes fiertés. Mon management est axé sur la performance et sur le capital humain, c’est pourquoi je cherche à faire grandir le potentiel de mes équipes. J’évite de prendre des décisions opérationnelles seul et j’ai recours à des comités de direction courts mais fréquents. Je veille à donner du sens à notre action et à toujours expliquer aux équipes pourquoi on travaille et ce que Maghreb Steel apporte à notre pays et au Monde.

Pourquoi recherchez-vous des jeunes talents pour vous accompagner ? Un métier particulièrement en tension chez vous ?

Nous recherchons toujours des talents pour accompagner la croissance de notre activité (550M€ de CA en 2024). Sur nos 1 800 collaborateurs, il y a environ 200 cadres, dont de nombreux ingénieurs. Nos besoins industriels se situent principalement en process, qualité excellence opérationnelle, efficience énergétique et IA. Mais nous recherchons aussi des financiers pour l’analyse des process d’investissement et les partenariats, ainsi que des talents commerciaux pour la partie business development. L’avantage d’être dans une entreprise de taille intermédiaire pour un jeune dip’ est de pouvoir travailler sur des projets intéressants, tout en voyant concrètement l’apport de chacun au projet global, ce qui n’est pas toujours évident dans un grand groupe.

Quel rôle a joué votre formation à CentraleSupélec dans votre parcours?

Elle correspond à la période de ma vie où je suis sorti des mathématiques pour m’ouvrir à l’international et à d’autres disciplines comme l’économie, la gestion, le droit… Cela reste une étape marquante pour moi.

Son conseil

Soyez curieux, voyagez et continuez à apprendre car le monde est en mouvement permanent !

La meilleure arme de l’ingénieur CentraleSupélec de 2025 ? Avoir une tête bien faite, pour pouvoir l’utiliser au service d’une passion qui ait de l’impact pour la société.

Contact : hatim.senhaji@maghrebsteel.ma