Les partenariats entre grandes écoles et universités chinoises se sont multipliés depuis l’ouverture du pays à la fin des années 80. Plus que le nombre, c’est la qualité du partenaire et des collaborations qui prime. Outre les classiques échanges d’étudiants, les écoles nouent des doubles diplômes, font de la recherche partenariale et de la formation sur place.

 

Welcome Day des étudiants internationaux à ESCP Europe

Welcome Day des étudiants internationaux à ESCP Europe

Chine, le nouveau far west
Sciences Po a noué un accord de coopération avec l’institut d’études diplomatiques de Pékin, pépinière de dirigeants chinois, dès 1985. « Ce premier accord a pris fin en 1989 avec les évènements de Tiananmen, explique Francis Vérillaud, directeur des affaires internationales et des échanges. Nous avons renoué avec la Chine au début des années 2000 grâce à un de nos sinologues, Jean-Louis Domenach, qui a ouvert une antenne à Pékin. » Dès 2002, l’institut a recomposé un réseau de partenaires dont Beida, Tsinghua, Fudan. Elle a aujourd’hui des accords avec 10 universités, forme sur place de hauts fonctionnaires, certains de ses professeurs Français y enseignent en chinois. Sciences Po a deux programmes conjoints avec Fudan et un avec Beida. « Les étudiants – recrutés dans le monde entier – passent un an à Sciences Po et un an en Chine et décrochent un double diplôme. » 100 Sciences Po partent chaque année en Chine.

 

Les accords se multiplient depuis la fin des années 80
L’ESSEC a noué son premier accord à Pékin en 1984. Le premier étudiant est parti un an à la Beijing International Studies en 1986. Aujourd’hui, l’école a 7 accords pour des programmes d’échanges avec les MBA d’universités à Pékin, Shanghai et Hongkong. Les échanges concernent une quinzaine d’étudiants de chaque nationalité. L’ESSEC a aussi un accord de double diplôme avec le MBA de Guanghua School of management de l’université de Pékin, obtenu à l’issue d’une année chez le partenaire pour une dizaine d’étudiants Français et Chinois.

 

S’allier dans l’excellence
« La Chine est un pays incontournable, nous y construisons des relations stratégiques et avec des institutions de référence depuis 15 ans », explique François Collin, directeur international d’HEC. Les relations d’HEC en Chine se déclinent sur 3 volets : partenariats avec des universités, recrutement d’étudiants chinois et développement de formations sur place. « Nous allons fêter 30 ans de relations avec la SISU à Shanghai ! Nos autres partenaires sont la business school de Tsinghua et pour les humanités avec Beida à Pékin, deux universités à Hongkong ou encore la CEIBS à Shanghai pour le MBA. » HEC a plusieurs programmes en doubles diplômes avec Tsinghua et offrira cette possibilité à ses élèves du PGE à la rentrée. Ces accords concernent aussi la mobilité des professeurs et la production de travaux avec des professeurs chinois. Enfin, depuis 2006, HEC décline son executive MBA en Chine (comme elle le fait déjà au Qatar) avec l’université Zhejiang.

 

Vivre au coeur de la croissance mondiale
Dès 2005, ESCP Europe ouvrait un double diplôme avec la school of economics de Tongji. En 2014, elle a 9 partenaires chinois. Léon Laulusa, nommé il y a un an directeur académique adjoint en charge de l’international mène une revue des partenariats mondiaux. L’objectif est d’intensifier la coopération avec quelques partenaires choisis, dont Tongji. « Nous considérons le potentiel de complémentarité et l’affinité sur la vision de long terme. Avec Tongji, nous ouvons un double diplôme, un Executive MBA et MUST (Management of Urban Smart Territories), un programme sur les Smart cities avec également notre partenaire brésilien (INSPER BS) . Nos élèves sont près de 200 à demander à partir chaque année et une trentaine apprend le chinois. Ils savent qu’avoir vécu au coeur de la croissance mondiale est une valeur-ajoutée. »

 

Une reconnaissance du modèle « à la française »
Depuis 2006-2007, 215 étudiants ont effectué une mobilité entre Centrale Paris et ses 9 partenaires Beihang, Beijing Jiaotong University, Centrale Pékin, Southwest JTU, Shanghai JTU, Tongji, Tsinghua, Xi’An JTU et Zhejiang. « 12 centraliens ont à ce jour préparé un double diplôme, 27 effectué un semestre académique, des dizaines ont réalisé des stages, et nous avons plus de 100 inscrits en cours de chinois, précise Christopher Cripps, directeur des relations internationales. Nos premières actions structurées ont été montées en 1995 entre le groupe des Ecoles Centrale et 4 partenaires chinois. Ce programme de doubles diplômes concerne désormais 6 universités chinoises et a diplômé 700 personnes. L’étape suivante a signé la reconnaissance du modèle centralien en Chine. Les autorités nous ont proposé de créer en 2005 une Ecole Centrale à Pékin. Elle accueille aujourd’hui 750 étudiants et a diplômé 3 promotions. »
Polytechnique encourage ses élèves à se doter d’une expérience internationale. « L’objectif est qu’ils pensent à la Chine au-delà des destinations traditionnelles, insiste Mathieu Le Traon, directeur adjoint aux relations internationales de l’X. Nous avons organisé pour la première fois un voyage d’études et de découverte en Chine. Les élèves participants sont les ambassadeurs de la destination auprès des autres polytechniciens. » Polytechnique a noué son premier partenariat en 1996 avec Fudan. Aujourd’hui, une trentaine d’élèves par promo apprend le chinois, une vingtaine réalise un stage en Chine et une dizaine a réalisé sa 4e année chez un partenaire. « L’Ecole a une douzaine de partenariats avec notamment Tsinghua, Jiaotong, Tongji, Beijing University, Fudan… Nous menons une partie de nos actions avec ParisTech, et avec 4 écoles du groupe nous avons ouvert en 2012, à la demande des autorités chinoises, l’école d’ingénieurs franco-chinoise SPEIT avec Jiaotong. Cet établissement monte en puissance avec l’envoi de professeurs Français, des relations entreprises, des échanges pour nos élèves à partir de 2017… » Polytechnique participe aussi à l’institut franco-chinois d’ingénierie et de management de Tongji créé en 2004. Le 123e Bal de l’X mettra à l’honneur la Chine dans le cadre du 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays.

 

Témoignages : Pourquoi ils ont choisi d’étudier en Chine
MARIE HENAFF, POLYTECHNICIENNE
« J’ai commencé le chinois à Polytechnique avec l’intention d’aller en Chine en 4e année. Mon intérêt est linguistique et culturel. Je sais aussi que cette expérience sera un atout et mon parcours professionnel m’amènera probablement à revenir en Chine. Etudier sur place est indispensable pour atteindre un bon niveau de langue et de compréhension de la culture. Nous sommes très bien accueillis et Tsinghua est conforme à sa réputation d’université la plus exigeante de Chine. Le professeur de maths m’a confié la traduction d’un cours de 80 pages du chinois vers l’anglais, c’est un beau défi ! Je vais aussi participer à un projet de recherche confié par un industriel au laboratoire de mathématiques et informatique de l’université avec une équipe 100 % chinoise. »
NAËL M’NASRI, ÉLÈVE DE L’ESSEC

« Découvrir la Chine a relevé d’une curiosité intellectuelle, d’un défi personnel au plan culturel et de l’intégration ; et de l’opportunité offerte par l’ESSEC. J’ai commencé le chinois à l’ESSEC et réalisé un voyage d’études à Shanghai en 2010 durant lequel nous avons visité l’Exposition universelle, des entreprises. J’ai eu un coup de coeur ! En 2e année, j’ai souhaité partir en échange à l’école de langues de Pékin. Puis, j’ai décidé de préparer un double diplôme à l’université de Pékin (MBA). J’ai rencontré d’autres étrangers passionnés par la Chine, j’ai participé à des associations sportives et à la radio internationale du campus. Au plan académique, nous avons travaillé sur des cas chinois. J’ai vécu une expérience extrêmement enrichissante qui me sera sans aucun doute utile pour la suite ! »

 

A. D-F