Ecoles Centrale en 2026
© CentraleSupélec

Les Ecoles Centrale ont les grandes transitions dans la peau

La vision holistique qui caractérise la formation centralienne s’illustre comme un vrai levier pour appréhender les grandes ruptures que traversent la société et l’industrie aujourd’hui. La force de ce modèle réside évidemment dans la marque Centrale, mais aussi à travers sa pédagogie fortement orientée vers le monde socioéconomique. Rappelons en effet que Centrale Paris est une des toutes premières écoles d’ingénieurs à avoir été créée pour former des cadres de l’industrie et non des fonctionnaires au service de l’Etat. Les recruteurs plébiscitent d’ailleurs la capacité des Centraliens à maîtriser des systèmes complexes, appréhender les problèmes concrets dans leur globalité grâce à une capacité à mobiliser des compétences variées, à travailler en équipe, et leur tropisme fort sur l’entrepreneuriat. Des skills qui contribuent sans aucun doute à la 19ème place mondiale de CentraleSupélec en termes d’employabilité au classement du Times Higher Education. Mais dans un contexte aussi mouvant que celui que nous rencontrons aujourd’hui, le modèle de l’ingénieur généraliste des Écoles Centrale est-il encore adapté à un monde désormais hyper-spécialisé ? Réponses ici.

SOMMAIRE

L’interview croisée de Gilles Fleury et Jean-Baptiste Avrillier
Le modèle centralien s’exporte à l’international !
What’SUP dans les Ecoles Centrale ?
Si je rejoins une Ecole Centrale en 2026, je suis sûr de…

Les Ecoles Centrale forment des ingénieurs pour diriger et pour faire ! – L’interview croisée de Gilles Fleury et Jean-Baptiste Avrillier

A l’occasion de ce dossier, Gilles Fleury, Délégué général du Groupe des Ecoles Centrale et Jean-Baptiste Lavrillier, directeur de Centrale Nantes, portent la parole du Groupe et nous expliquent comment les écoles du Groupe forment les ingénieurs des grandes transitions.

Quels sont pour vous les trois principaux atouts du modèle centralien ?

Ecoles Centrale en 2026
Jean-Baptiste Avrillier © Vincent Jacques / Centrale Nantes

Jean-Baptiste Avrillier. La formation centralienne forme des ingénieurs à comprendre, piloter et concevoir des systèmes complexes dans un environnement incertain. Formation généraliste fondée sur une approche systémique des problèmes complexes, elle est aussi adossée à une recherche de haut niveau et en liens très étroits avec le monde des entreprises. Par ailleurs, les Ecoles Centrale partagent un référentiel de compétences, dans lequel les enjeux RSE sont pleinement intégrés, ce qui nous permet d’outiller nos ingénieurs et diplômés pour conduire les différentes transitions. Je citerais enfin la forte capacité de nos écoles à personnaliser les parcours et à hybrider les compétences, ce qui permet à chaque élève de construire un projet répondant à ses attentes propres au sein de ce socle commun qui fait la force de la formation centralienne.

Mais peut-on encore parler d’ingénieur généraliste quand les Ecoles centrale multiplient les diplômes d’ingénieur de spécialité ?

JBA. Oui bien sûr, car nous concevons ces formations sous l’angle de la complémentarité. Si nos écoles ont été fondées sur le modèle de l’ingénieur généraliste, elles maintiennent ou développent aujourd’hui, en parallèle, des diplômes d’ingénieurs de spécialité. Certains existent même depuis plus de 30 ans (à Nantes notamment). Ces formations ne sont pas nouvelles et ne remettent pas en cause notre socle d’ingénieur généraliste. Elles sont mises en place pour répondre à des besoins sectoriels ou territoriaux spécifiques.

De fait, les Ecoles Centrale forment-elles des ingénieurs pour diriger ou pour faire ?

Ecoles Centrale en 2026
Gilles Fleury

Gilles Fleury. Les deux ! Le rôle de nos ingénieurs en entreprise est clair : concevoir, expérimenter, réaliser, piloter, manager des projets et des équipes. De fait, on les retrouve dans toutes les fonctions, de la R&D à l’entrepreneuriat, en passant par l’innovation et la recherche académique. Mais toujours avec la même spécificité : cette capacité à articuler vision d’ensemble et action concrète, à intégrer des compétences spécialisées pour trouver des solutions directement opérationnelles, à savoir faire et savoir faire faire. Les Centraliens sont des ingénieurs chefs d’orchestre… et donc les mieux placés pour conduire les grandes transitions.

L’ancrage régional est un marqueur des Ecoles centrale. Qu’en est-il du projet toulousain ?

JBA. Nous le voyons comme une transformation structurante répondant à des attentes fortes du tissu socioéconomique régional dans un territoire où il n’y a pas encore d’Ecole Centrale. Mais nous nous y positionnons en accompagnement, pas en maitre d’œuvre.

Chine, Inde, Maroc et bientôt Urugay : où en est votre développement à l’international ?

GF. Nous y travaillons ensemble pour construire des objets collectifs à forte valeur ajoutée, nous permettant de porter la marque Centrale et l’ADN du modèle centralien hors de nos frontières. Un enjeu d’autant plus important que la notion même d’ingénieur généraliste n’existe pas partout dans le monde. Et c’est essentiel, car pour trouver des solutions aux questions posées par des transitions – par essence globales – nous devons former des ingénieurs capables d’apporter des réponses et de coopérer au niveau international, dans des contextes scientifiques et culturels variés.

Le modèle centralien s’exporte à l’international !

Avec Centrale Pékin, Centrale School of Engineering Mahindra University et Centrale Casablanca, le Groupe des Ecoles Centrale met donc l’ingénieur généraliste à la française à l’heure internationale.

Centrale Pékin fête ses 20 ans. A Pékin, l’école accueille une centaine d’élèves-ingénieurs chinois par promotion depuis septembre 2005. Si elle a tout juste 20 ans, l’école dispose pourtant du plus ancien Institut Franco-Chinois en ingénierie et compte aujourd’hui plus de 1 000 diplômés, dont la majorité ne travaillent pas en Chine. Le recrutement d’élèves internationaux (non-chinois) connait d’ailleurs une augmentation sensible, relevant l’appétence croissante des élèves pour l’Asie, et en particulier pour la Chine. « Ils ont saisi que les développements technologiques et scientifiques se feront pour beaucoup avec la Chine ces prochaines décennies » note d’ailleurs le Groupe.  La création d’un laboratoire de recherche sur la neutralité carbone sur le nouveau site de HangZhou ne leur donne pas tort !

Une plus grande proximité avec les entreprises en Inde. Fondée en août 2014, Centrale School of Engineering, Mahindra University est le fruit de la collaboration entre l’entreprise indienne Mahindra, le Groupe Centrale et l’université JNTU Hyderabad. Une illustration de la proximité entre école d’ingénieurs et entreprise (rappelons qu’en Inde, 80 % des formations d’ingénieurs sont financées par des entreprises privées). Illustrations de cette collaboration : les échanges d’enseignants-chercheurs en séjours de recherche se multiplient de part et d’autre, avec réponses à des appels à projet franco-indiens. De même, les étudiants indiens de Mahindra University sont fortement impliqués dans les CDLab en France et dans des semestres académiques et les étudiants du Groupe se rendent régulièrement en stage dans les laboratoires de recherche de l’université indienne. Des programmes joints se mettent également en place (Dual Master Program en IA et Master 1+1 Aerospace, nanoscale, sustainable manufacturing and advanced technology à la rentrée 2027).

La première école d’ingénieurs généralistes du Maroc. A Casablanca, l’Ecole Centrale est la première école d’ingénieurs généraliste du Maroc et du continent africain. Sa pédagogie et ses programmes tournés vers les grands enjeux du continent visent à former des ingénieurs de haut niveau scientifique, pluridisciplinaire et titulaires d’un diplôme d’ingénieur d’État marocain et français. Elle a d’ailleurs d’ores et déjà atteint l’objectif de 30 % de recrutement d’étudiants hors Maroc (béninois, ivoiriens, burkinabais, tunisiens, guinéens, sénégalais, maliens, et mauritaniens) qu’elle s’était fixé. La création d’une chaire de recherche en lien avec le monde ferroviaire marocain, et de cinq chaires de recherche avec l’UM6P supportées par l’OCP, ainsi que le lancement de la première promotion de l’African Bachelor of Engineering à Casablanca et Ouagadougou avec 2IE (Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement), devraient encore œuvrer à l’assoir comme un hub pour l’Afrique de l’Ouest.

Direction l’Uruguay ? Pour mailler encore plus la planète, le GEC a lancé en 2025 une étude de faisabilité en Uruguay, convaincue que créer une Ecole Centrale sur le continent sud-américain fait sens. Ce projet s’inscrit dans la complémentarité des formations d’ingénieurs locales et dans notre volonté de porter plus loin la marque Centrale en Amérique latine, où nous avons déjà de nombreux doubles diplômes. Nous discutons actuellement avec des partenaires locaux dans ce pays culturellement assez francophile, pour coconstruire un projet académique et pédagogique représentatif de l’ADN centralien » expliquent Jean-Baptiste Avrillier et Gilles Fleury.

Ecoles Centrale en 2026

What’SUP dans les Ecoles Centrale ?

Environnementale, énergétique, numérique, sociale, sociétale : les Ecoles Centrale imaginent des solutions pour répondre à toutes les transitions ! Coup de projecteurs sur quelques réponses récentes particulièrement innovantes.

CentraleSupélec met plus que jamais le cap sur la diversité. A l’international d’abord, avec le lancement d’un programme conjoint de Bachelor of Engineering avec City University of Hong Kong et, tout récemment, la signature d’un Memorandum of Understanding de deux ans avec Safran Electronics & Defense India pour le bachelor Computer Science et IA, ouvert depuis septembre 2025 avec BITS (Birla Institute of Technology & Science) Pilani. En France, l’école conjugue diversité et égalité des chances. Convaincue que « la diversité et l’inclusion contribuent à l’excellence au même titre que la sélectivité et l’exigence académique » elle mettra en place deux nouveaux dispositifs destinés à favoriser l’ouverture sociale à compter de la rentrée 2026-2027. Le montant des droits d’inscription en cycle ingénieur sera modulé en fonctions des ressources financières des familles et un fléchage de 15 % des droits d’inscription collectés sur les bachelors et MSc financera des bourses à l’attention d’élèves de ces formations.

Hausse du nombre d’étudiants, engagement renforcé en faveur de la diversité sociale et nouvelles formations ont marqué la rentrée 2026 de Centrale Lyon. L’école enrichit en effet son portefeuille avec des programmes professionnalisants répondant aux attentes du marché. A titre d’exemples, le bachelor Génie civil et Environnement (développé avec le Collège d’ingénierie Lyon Saint-Étienne), forme des assistants ingénieurs avec une forte dimension apprentissage. Le Diplôme d’établissement Grandes transitions réunit quant à lui dix étudiants issus de plusieurs grandes écoles lyonnaises pour réfléchir collectivement aux enjeux climatiques, énergétiques et sociétaux. Par ailleurs, Centrale Lyon a annoncé faire de l’IA générative un axe fort de formation et d’expérimentation. De fait, tous les élèves ingénieurs suivent une formation commune en IA, et trois masters Core IA et plusieurs parcours IA+X intègrent cette compétence dans les cursus (électronique, data science, génie industriel, etc.).

Dans la lignée de son plan stratégique 2023-2030, Centrale Méditerranée a publié son Schéma directeur DD&RS pour stimuler sa mise en action fin 2025. Son objectif : « devenir un territoire source de l’ingénierie responsable. Former des ingénieurs impliqués dans la Cité, capables d’agir pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux » indiquait Carole Deumié, directrice de Centrale Méditerranée, à cette occasion. Une démarche qui se décline bien sûr au niveau de la formation avec le renforcement, dans tous ses cursus, du socle scientifique consacré aux transitions écologiques et au développement soutenable. Mais aussi avec la création de nouvelles formations et spécialisations, comme le projet MECENE Méditerranée qui devrait permettre « d’aligner l’offre de formation avec les besoins du territoire dans la filière de l’éolien en mer flottant, en créant ou renforçant des parcours du bac+3 au bac+5. »

Après avoir défini les quatre grandes orientations de son plan stratégique IMPACT 2035, Centrale Lille Institut a statué sur des actions concrètes à horizon 10 ans pour affirmer son ADN de grande école d’ingénieur publique engagée pour accompagner la transformation soutenable des industries. Parmi ses priorités : renouveler ses relations entreprises, décloisonner et adosser ses formations et sa recherche à ses compétences-cœur au sein des quatre thématiques phares (santé, énergie, environnement et digital), accroître son attractivité, adapter son organisation et son modèle économique. De nouveaux doubles diplômes et partenariats seront ainsi lancés avec des établissements aux compétences-cœur complémentaires (EDHEC, SKEMA BS Science Po Lille, CHU et Université de Lille, U Mons et Politecnico di Milano etc.) et des masters spécialisés valorisant ces compétences-cœur seront également ouverts d’ici trois ans. Pour asseoir sa dimension nord-européenne, Centrale Lille Institut envisage également d’intensifier ses collaborations avec plusieurs universités internationales et de créer des diplômes conjoints.

Kivo. La nouvelle identité de l’incubateur commun de Centrale Nantes, Audencia et Nantes Université a été dévoilée en novembre dernier. Une nouvelle bannière qui scelle l’alliance de ces trois établissements autour d’une vision commune : renforcer l’entrepreneuriat deeptech, en s’appuyant sur la richesse de leurs écosystèmes académiques et scientifiques. De quoi renforcer le modèle de cet incubateur fondé sur la complémentarité des expertises en sciences, ingénierie et management et qui entretient des liens étroits avec les laboratoires de recherche et les plateformes expérimentales des établissements. En mai dernier, Nantes Université a rejoint la gouvernance de cet incubateur porté depuis 2013 par Centrale Nantes et Audencia.  Ce dernier a déjà permis l’accompagnement de plus de 170 projets, aboutissant à la création de plus de 100 entreprises innovantes et plus de 1 300 emplois dans la région Pays de la Loire. Un projet porté par Centrale Nantes figure dans la promo de cette année : Auralys Audio, une expérience audio immersive.

Si je rejoins une Ecole Centrale en 2026, je suis sûr de…

Axel Compain

« J’ai découvert le monde des écoles d’ingénieurs en prépa. J’ai eu beaucoup de retour d’étudiants sur les Ecoles Centrale et leur côté généraliste me plaisait beaucoup car je ne savais pas encore ce que je voulais faire et surtout, je ne voulais me fermer aucune porte pour plus tard. Arrivé à CentraleSupélec, j’ai été frappé par la diversité des parcours proposés. En plus du tronc commun, j’avais vraiment l’impression de pouvoir choisir ma formation à la carte, y compris dans des disciplines qui semblent éloignées de l’ingénierie (comme la philosophie par exemple) : c’était juste incroyable. Bien sûr, la taille des promos peut faire peur au début, notamment quand, comme moi, on vient d’une petite prépa de province. Et pourtant, j’ai très vite trouvé ma place, notamment grâce à la vie associative, qui m’a permis de rencontrer très vite des gens qui partageaient mes centres d’intérêt, d’autant plus que le campus de Saclay permet d’ouvrir son cercle au-delà des étudiants de CentraleSupélec. Alors à toutes celles et ceux qui hésiteraient à rejoindre une Ecole Centrale, je dirais de foncer ! Peu importe ce que vous voulez faire, à Centrale, vous pourrez le faire ! Les cursus, la marque Centrale et la puissance du réseau sont de vrais atouts pour entrer dans le monde de l’entreprise et faire ce qui vous fait vibrer. » – Axel Compain, étudiant en 3ème année du cycle ingénieur sur le campus de Gif en Mention SCOM/Filière M2AD.