Depuis quelques semaines, les étudiants et personnels de l’ESIEA ont pris place au sein de leur nouveau campus : un bâtiment de 16 000 m² considéré comme le bâtiment le plus écologique de France. Ce lieu, qui se veut également être un bac à sable pédagogique, affirme pleinement l’ambition de l’école : former des ingénieurs capables de développer et d’utiliser les technologies numériques de manière pertinente, éthique et responsable.
Un green campus considéré comme le bâtiment le plus écologique de France
Pensé comme un véritable démonstrateur d’innovation responsable, ce campus écologique a été pensé pour durer et limiter son impact environnemental sur le long terme avec le déploiement d’innovations uniques. Pour s’intégrer pleinement à la future agrocité d’Ivry-sur-Seine, en cours de construction, l’établissement a investi 40 millions d’euros dans un nouveau bâtiment d’enseignement, à la fois innovant et exemplaire sur le plan environnemental.
Construit à partir de matériaux biosourcés, les bâtiments composant le campus valorisent notamment les vestiges de l’ancien site, broyés et réutilisés sous forme de granulats, ainsi que du béton bas carbone, des revêtements en caoutchouc naturel et une isolation en fibre de bois. Dans l’objectif d’avoir un édifice autonome en énergie, le bâtiment s’appuie sur 280 m² de panneaux solaires et des programmes numériques, développés par l’école, capables d’ajuster en temps réel l’éclairage et le chauffage en fonction de la météo et des saisons. « Pour les périodes où le campus produit plus qu’il consomme, un système de pompe hydraulique est présent, permettant de jouer le rôle de batterie sans utiliser de matériaux rares » détaille Loïc Roussel, le directeur général de l’ESIEA. L’innovation se prolonge dans son système thermique : le site est en partie chauffé par le data center de l’école et par une serre de 400 m², tout en étant raccordé au réseau de chaleur de la Ville de Paris.
Au-delà du bâti, le campus intègre des équipements dédiés à la gestion responsable des ressources et à la recherche appliquée. « Une salle du fablab de l’école est consacrée au recyclage des déchets plastiques et aluminium, tandis qu’un réservoir de 260 m³ d’eau, une serre et des bassins d’aquaponie de 100 m² permettent de développer des projets mêlant technologies numériques et agriculture urbaine » présente le directeur de l’école d’ingénieurs. Dans cette dynamique, une miellerie équipée de ruches connectées complètera prochainement cet écosystème.
Un outil pédagogique pour former des ingénieurs capables de maitriser les IA
D’après le dernier rapport de Anthropic sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail, publié en mars 2026, de nombreux métiers apparaissent fortement exposés à l’automatisation. « Les effets restent encore limités aujourd’hui, mais l’IA est loin d’avoir atteint son plein potentiel », observe Loïc Roussel. « Dans les années à venir, elle sera capable d’exécuter des tâches automatisées plus rapidement et plus efficacement que l’humain, notamment dans le domaine de l’informatique », poursuit-il.
Pour une école spécialisée dans le numérique comme l’ESIEA, ces conclusions n’ont rien de surprenant. Selon Loïc Roussel, l’IA ne détruit pas la valeur, elle la redéfinit : la valeur ajoutée des ingénieurs réside désormais dans leur créativité, leur curiosité et leur capacité à innover.
Encore faut-il bien comprendre les différentes formes d’intelligence artificielle. L’IA principalement utilisée aujourd’hui (LLM, ChatGPT…), fondée sur le machine learning, s’appuie sur des données et des compétences acquises, sans réelle capacité de création. À l’inverse, il existe une autre forme d’IA, plus avancée, qui peut mobiliser des connaissances en sciences fondamentales pour générer des idées et des solutions inédites, parfois jamais envisagées auparavant.
C’est précisément sur ce second levier que l’ESIEA construit sa pédagogie. L’école mise sur un socle solide en sciences fondamentales (Pass ESIEA, cours de mathématiques…), couplé à des projets concrets, afin de former des ingénieurs capables de penser autrement et d’innover durablement. « C’est cette capacité à sortir du cadre qui fera la différence sur le marché du travail de demain », insiste le directeur général de l’ESIEA. L’école entend également accompagner ses élèves-ingénieurs pour élargir de leur vision et cultiver leur esprit critique, en renforçant leurs soft skills — des valeurs historiques de l’ESIEA — et en multipliant les partenariats, à l’international comme en France. À l’image de sa collaboration avec SKEMA Business School, avec laquelle l’ESIEA a développé des MSc et des projets communs.
Chaque année, l’école fait évoluer ses formations pour rester en phase avec ces enjeux. Les étudiants sont ainsi plongés dans des défis innovants et créatifs, notamment autour de l’esieabot, des projets scientifiques et techniques (PST) ainsi que des projets à impact sociétal et environnemental (PAIRSE). « Aujourd’hui, avec ce nouveau campus, nous pouvons aller encore plus loin avec un cadre d’études conçu pour favoriser l’apprentissage actif, la collaboration et l’innovation », souligne Loïc Roussel. Plus de 2 000 m² d’Openlab – le plus grand fablab de France – donnent aux étudiants un accès direct à des outils de prototypage et d’expérimentation, favorisant l’innovation dès les premières années, qu’il s’agisse de projets pédagogiques, associatifs ou entrepreneuriaux. Autre exemple, le nouveau campus comprend un data center pédagogique unique qui permet aux élèves-ingénieurs de monter et démonter intégralement des systèmes sans impacter le réseau de l’école. « Un environnement technique rare dans l’enseignement supérieur, qui constitue un véritable facteur de différenciation », conclut Loïc Roussel.
